Suite de l’affaire du Beach...DE LA MANIPULATION A LA MASCARADE...

Nous avons appris par la presse la tenue d’un procès sur le dossier "Des disparus du Beach" à Brazzaville, le 19 juillet 2005. Nos informateurs nous ont procuré un document titré "Ordonnance aux fins de non lieu partiel et de transmissions de pièces." Dans ce document signé du doyen des juges d’instruction : Benjamin Stéphane NGOMBE ; nous relevons beaucoup de manquements graves de rédaction, en vue d désinformer l’opinion nationale et internationale...

DE LA MANIPULATION A LA MASCARADE

Nous avons appris par la presse la tenue d’un procès sur le dossier “Des Disparus du Beach” à
Brazzaville le 19 juillet 2005.
Nos informateurs nous ont procuré un document titré “Ordonnance aux fins de non lieu partiel et de
transmission de pièces”. Dans ce document signé du doyen des juges d’instruction : Benjamin
Stéphane NGOMBE ; nous relevons beaucoup des manquements graves de rédaction, en vue de
désinformer l’opinion nationale et internationale.

Alors que le juge d’instruction doit instruire à charge et à décharge ; celui-ci au lieu de rassembler
des preuves selon des faits établis et des témoignages, affirme d’une manière péremptoire des
accusations non établies sur ces faits. Il batit son argumentation uniquement sur les déclarations
faites par les parties civiles....voir page 12, “ Selon les déclarations faites par de nombreuses
parties civiles , après les formalités de police, les réfugiés étaient scindés en deux groupes, les
femmes d’une part, les hommes de l’autre ;” et page 14 etc...du doc.
Les 16 officiers et hommes de troupe ci-nommés : Ms DABIRA Norbert ; ADOUA Blaise ;
GARCIA Guy Pierre ; NDENGUE Jean François ; ALLAKOUA Jean Aïve ; NTSOUROU Marcel ;
AVOUKOU Emmanuel ; ONDONDA Gabriel ; MOBET Rigobert ; BAKANA Vincent Vital ;
MBOUASSA Samuel ; ESSOUEBE Jean Pierre ; SITA BANTSIRI Dieudonné Ivon ; DINGI OBA
Edouard ; MOUGANY Jean Edgard ; TATY Guy Edouard sont tous inculpés des chefs de :

  • Génocide ;
  • Crime contre l’Humanité ;
  • Crimes de guerre ;
  • Assassinats ;
  • Arrestation, détention et séquestration arbritraires etc....
    Page 14 : Sur le crime de génocide. Le paragraphe : “ L’ampleur des bavures et des disparitions
    annoncées par les parties civiles et les médias notament peuvent aussi laisser penser à ce que les
    hommes en armes opéraient au Beach de Brazzaville agissaient en exécution hasard, mais d’un
    plan concerté visant à comettre des meurtres et des atteintes graves à l’intégrité publique ou
    mentale parmi les réfugiés dont la plupart étaient des ressortissants du Département du Pool et
    considérés comme des rebelles ninjas ou appartenaient à la rébellion du Pasteur Ntoumi.”
    Comment le juge peut-il parler de bavures au moment de l’instruction, alors qu’il comptabilise plus
    de 70 disparus au beach et 14 en dehors du beach. , voir de page 4 jusqu’à 10.
    Et de par les patronymes tous les disparus sont de sexe mâle et tous du même groupe ethnique.
    Page 16 : Sur les crimes de guerre. Le paragraphe : “ Le retour des réfugiés s’effectuait dans une
    ambiance de guerre autour du Beach de Brazzaville mettant au prise d’un côté les miliciens Ninjas
    habillés en civil de manière non conventionnelle, par rapport aux conventions de Genève et des
    FAC constitués d’effectifs levés à la hâte sans formation et susceptibles de se comporter de
    manière anormale par rapport aux valeurs et à l’éthique d’une armée.” déclaration de l’inculpé
    Ntsourou Marcel.
    Il ne peut y avoir l’ombre d’un doute que parmi les réfugiés qui rentrent de RDC il y ait eu des
    Ninjas rebelles contre le pouvoir. Il n’y avait plus de Ninjas au Congo depuis le 17 octobre 1997.
    En réalité les seuls miliciens présents au Congo sont les Cobras recrutés dans les F.A.C.
    Et Sassou s’engage à garantir lors d’un meeting la sécurité de tous les réfugiés en retour par
    Kinshasa : “ ..il ne leur arrivera rien...je m’y engage...” en parlant des réfugiés.
    Et tous ces réfugiés relevaient également d’un accord tripartite RDC-HCR-CONGO Brazzaville.
    Leur sécurité était concomitamment assurée par les conventions internationales de protection des
    réfugiés.
    Page 11 A la faveur du retour de la paix, un accord tripartite est intervenu entre le CHR, et le
    gouvernement de la République Démocratique du Congo et celui de la République du Congo en vue
    du rapratiement volontaire de ces réfugiés dans leur pays d’origine ;
    En exécution de cet accord, les candidats au rapratiement qui ont dûment rempli des déclarations
    de bonne foi auprès du HCR ont été acheminés par ses soin des différents camps des réfugiés au
    Beach Ngobila de Kinshasa et ce, sous la supervision conjointe des autorités politiques des deux
    pays ; “
    Le gouvernement congolais était lié par cet accord donc devait assurer la sécurité des réfugiés.
    Pour un procès équitable : les témoignages majeurs et clés du HCR et des la RDC dvraient figurer
    dans le dossier.
    Page 17 : Sur les crimes contre l’humanité. “Le colonel Ntsourou a affirmé dans son procès-Verbal
    de 2° comparution que dans le cadre de la planification des opérations à venir visant à rejeter loin
    de Brazzaville les rebelles, la Direction Centrale des renseignements militaires (DCRM) avait le
    devoir d’intensifier la recherche des renseignements afin d’établir le dispositif des rebelles dans le
    Pool, point par point ; “
    Il ajoute que “la science militaire en matière de renseignement militaire enseigne que parmi les
    nombreuses sources pour obtenir ce genre de renseignement, il y a les prisonniers ennemis, les
    déserteurs ennemis, les blessés de genre ennemis, les populations civiles fuyant les zones de
    combat” ;
    Cette recherche du renseignement sur l’ennemi a conduit à des bavures, à des enlèvements, à des
    disparitions et, en juger par les déclarations non suivies de procès parties civiles d’exécution
    sommaire ;”
    Comment subjectivement le Colonel Ntsourou peut-il affirmer que les populations réfugiées en
    RDC dans les sites du HCR ( Louozi, Mbanza Ngoungou, Ngombé Matadi etc...), et de retour à
    Brazzaville pouvaient elles être dans les soi-disant zones de combat ou pouvaient être rebelles ?

Enfin juridiquement et judiciairement beaucoup d’omissions et de manquements volontaires pour
désinformer.

  • Les délais de la procédure pénale ne sont par respectés et le juge d’instruction par une
    ordonnance ne peut fixer une date de procès, alors que les diférents recours ne sont pas épuisés.
  • Des entraves au code de procédure : les droits des parties civiles et des avocats sont bafoués car
    ils ne peuvent faire copies du dossier ni consulter l’intégralité de celui-ci.
  • N’apparaissent pas dans le dossier : les auditions de tous les témoins ; les différents manifestes ni
    les commissions rogatoires auprès du HCR en Suisse, auprès de la RDC ; et des plaignants
    domiciliés auprès d’avocats des barreaux parisiens.
  • Enfin les transports sur les lieux de détention et de décès ont systématiquement été refusé par le
    juge d’instruction.
    Par contre des avocats parisiens ont été sollicité pour défendre les officiers à coup de millions de
    Fcfa. Ceux-ci se vantant sur la place pour se payer de belles vacances sur la médiocrité congolaise.

Le Président de la République qui est le premier magistrat de l’état par ses déclarations publiques
avait déjà rendu le verdict de non existence des disparus au beach donc l’acquittement des ses
officiers puisqu’entre temps ceux-ci ont été promus. L’observateur n°257 du 27 mai au 2/06 2004 :
“Nous allons démontrer ici à Brazzavile, au cours d’un procès, qu’il n’y a pas eu de massacres au
Beach ; que les disparus sont pour certains d’entre eux vivants ; on a retrouvé des disparus, qui sont
sur vos listes vivants ; y en a d’autres qui ont trouvé la mort certainement dans la traversée, lorsque
quelques Ninjas les pourchassaient à travers les forêts, dans la longue marche vers le Bas-Zaïre ;
d’autres sont sortis du Congo ; ils sont à l’étranger. Et aujourd’hui j’ai déjà nommé un doyen des
juges d’instruction. L’instruction est ouverte. Les dossiers sont au parquet. Et bien ! Ce procès là
oui, il aura lieu. Le juge de Meaux parait-il qu’il est furieux parce que j’ai dit à Paris que bon, le
petit juge gauchiste de Meaux, et oui je le redis encore , le “petit juge gauchiste de Meaux” verra
qu’un procès sera organisé ici à Brazzaville. Et qu’il démontrera que la manipulation aura sa fin. “

Le même pouvoir avait déjà le 20 décembre 1999 pris une loi d’amnistie des faits de guerre
découlant des guerres civiles de 1993-1994, 1997 et 1998-1999. Loi n° 21-99 délibérée et adoptée
par le Conseil National de Transition et promulguée par le Président de la République.
Cette loi stipule dans les articles suivants :
“ Article 2 : Sont amnistiés tous les faits de guerre commis antérieurement à la date de
promulgation de la présente loi au cours des guerres civiles de 1997 et 1998-1999. Sont également
amnistiés, dans les mêmes conditions tous les faits de guerre commis pendant la guerre civile de
1993-1994.
Article 3 : Ne bénéficient de la présente amnistie que les auteurs des faits de guerres qui se sont
démobilisés de leurs milices et qui ont déposé les armes avant le 15 janvier 2000
Article 4 : Ne peuvent bénéficier de l’amnistie les auteurs des faits de guerres qui par abus de
pouvoir découlant de l’exercice des hautes fonctions politiques de l’état ou de chef de parti ou par
abus d’autorité ou par tout autre moyen, ont procuré des armes, des sommes d’argent ayant servi
au déclenchement des guerres civiles du 3 novembre 1993, 5 juin 1997 et 18 décembre 1998 ou à la
poursuite de celle-ci. Signé de Denis SASSOU NGUESSO et de Jean Martin MBEMBA Garde des
sceaux.”

Alors quel est la signification juridique d’un tel procès si ce n’est une bétise habillée en mascarade ?

Ce document est un vrai chef d’oeuvre d’approximation digne des procès staliniens de triste
mémoire. Il affirme sans hésitation des mensonges pour dédouaner les donneurs d’ordre et couler
quelques lampistes et agents de missions tels :
Bakana Vincent Vital, le Colonel Bonga Banzoli, Korombo et d’autres qui apparaitront...
Il n’hésite pas à tordre le cou au Droit, préférant l’idiotie et la médiocrité. Cette parodie ne peut
honorer la magistrature congolaise.

EN REALITE DE QUOI S’AGIT-IL ?

Le 17 octobre 1997, la guerre de succession était finie, les dirigeants de l’ancien régime Lissouba
avaient tous fui avec leurs milices Ninjas, Zoulous et Cocoyes. Les pourparlers de Libreville avaient
échoué. Sassou met en place un gouvernement de guerre.
Et dès décembre 1997 Sassou autoproclamé président, signe des accords militaires avec les trois
pays limitrophes RDC, Angola, Gabon. Et sur toute l’étendue du territoire des troupes mixtes sont
déployées. Le pays est vérouillé.
Dès le mois de novembre 1997, un climat d’insécurité est entretenu et organisé dans le Pool. Il est
annoncé par le ministre de la comunication Ibovi. Dès octobre des attaques de train, des assassinats
de civils et des autorités locales sont perpétrés à Kibossi et à Goma Tsé Tsé
Le Commissaire régional de police le commandant Koubemba Kamar entretient un réseau de trafic
de drogue avec les jeunes désoeuvrés ex-Ninjas du Pool : de Brazzaville à Paris. Cf Témognage de
Muyeke Thuzard...
La propagande officielle feignant de se plaindre des attentats des bandits armés, sollicite une
médiation menée par des religieux. Ceux-ci seront massacrés à Mindouli le 14 novembre 1998 par
des bandes armées d’après le ministre de la communication. Cette information sera démentie par la
confession de Vital à Linzolo, autre milicien à la solde de Sassou ( Semaine Africaine du 31/08 au
1/09/03)...
En décembre 1998, un officier le Colonel Obosso est massacré avec sa colonne au lieu dit Ntari.
Cette information est présentée par la propagande du pouvoir comme étant le début du massacre des
Nordistes par les Kongos qui sont présentés comme des Ninjas. Alors des populations fanatisées
pro-Sassou du Nord crient vengeance. Et le président Sassou s’en va assister à une conférence de
l’OUA à Ouagadougou. Les médias d’état annoncent l’imminence d’un coup d’état qui serait
perpétré par les Ninjas lors du retour de Sassou...
Alors que le pays était totalement vérouillé, le 18 décembre 1998 un groupe de soi-disant Ninjas
rentre à Brazzaville par le sud. C’est en ce moment qu’on parle de Ta Ntumi.
En effet il apparaîtra lors de l’exode du 19 décembre 1998 sur l’axe Linzolo Mbanza Ndounga dans
le Pool. Avec le recul peut-on encore parler des Ninjas de Bernard Kolelas ?
Avec les exactions des cobras et les bombardements ; certaines populations vont trouver réfuge dans
les forêts et en RDC.
N’en déplaise à Ntsourou Marcel, ce sont ces populations civiles qui vont rentrer par le Beach, qu’il
va baptiser Ninjas dès le 7 mai 1999.

Au vue des faits les vrais responsables et coupables sont dans les couloirs du pouvoir.

En réalité Sassou Nguesso et son système sont les seuls à présenter devant les tribunaux pour :

  • Génocide,
  • Crimes de guerre,
  • Crimes contre l’humanité ,
  • Assassinats,
  • Arrestation, détention et séquestration arbritaires.
    Tel Milosevic, il a été celui qui a planifié, commandité, entretenu et couvert toutes : les exactions
    les vols, les viols, les destructions des domiciles privés, des édifices publics et des pays, des
    violations des droits fondamentaux de l’Homme.
    Nous FCD, nous portons en faux devant ce simulacre de procès le 19 juillet 2005.
    Le seul procès valable devant l’histoire pour la mémoire du peuple congolais et la concorde entre
    les hommes se fera devant un tribunal indépendant.

Fait à Vaujours le 12 juillet 2005
Pour la Fédération des Congolais de la Diaspora

Le Délégué Général

Benjamin MOUTSILA.

Posté le 13 juillet 2005