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Politique

En attendant la justice

En attendant la justice

Mercredi 17 novembre, 8h30

Après le report hier au 22 novembre prochain de la décision de la chambre de l’instruction de la Cour d’appel de Paris statuant sur la requête en annulation des actes concernant M. Ndengué, le chef de la police congolaise mis en examen en avril à Meaux pour " crime contre l’humanité ", nos lecteurs conjecturent sur le sens dans lequel la justice française pourrait pencher à ce ce sujet. Un exemple.

Point de vue

La vraie justice française, de retour ?

Je souhaite réagir par rapport au report de la décision de la justice française concernant le cas Ndengué dans l’affaire dite des " disparus du Beach " de Brazzaville.

Je ne suis ni un magicien, ni un astrologue mais je lis après cette dérobade de la justice française que le rejet (de la requête visant à annuler le volet Ndengué de l’affaire, ndlr) était désormais certain. L’actualité actuelle en Côte d’Ivoire n’est à mon avis pas étrangère au report de la décision.

L’affaire du beach ne concerne que les Congolais. Les Français et leur justice s’en moquent. Vous avez vous-mêmes vu ces derniers temps des Français rentrant tout malheureux de Côte d’Ivoire par charters et le comité d’accueil qui les attend à Roissy.

Ces pauvres gens ont été pour certains violés par les jeunes patriotes, pour d’autres frappés et terrorisés par les mêmes patriotes. Ils ont été invités à porter plainte contre leurs agresseurs dès leur arrivée à Roissy. Ces plaintes seront bien entendu instruites par la justice française.

Imaginez-vous un seul instant que le colonel Mangou (ou n’importe quel intouchable du régime ivoirien) que le président Gbagbo vient de promouvoir comme chef d’état-major général de l’armée ivoirienne soit impliqué dans ces affaires puisqu’il était le commandant des opérations qui ont conduit à cette escalade. Imaginons que ce dernier vienne à Paris pour une mission, même officielle, et qu’un juge français veuille l’entendre dans toutes ces affaires.

Le juge se verrait brandir par les avocats de ce dernier la jurisprudence Ndengué. Il échapperait alors à la justice française malgré sa compromission dans ces affaires. Ce serait l’impunité généralisée et organisée par la justice française. Et je ne sais pas quelle réaction auraient les plaignants et le président Chirac, grand avocat défenseur de la Françafrique...

Je peux vous assurer que la violation des droits humains en Côte d’Ivoire vient apporter de l’eau au moulin des défenseurs des droits de l’homme au Congo et en France : cette affaire fera réfléchir les juges français dans leur décision qui était sans doute déjà prise sur ordre de l’Elysée et de la chancellerie.

Aussi ont-ils pu estimer prendre une semaine de réflexion en plus avant de créer une jurisprudence qui sera à mon sens lourde de conséquences. Cette décision de report ne viendrait-elle pas d’en haut ? Wait and see.

Mayissa

© www.mwinda.org

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