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ELEMENTS DE REFLEXION SUR LES BMA

LE POOL : POPULATION ABANDONNEE II

En novembre 2004 sortait un rapport sur un département du Congo le Pool intitulé Population abandonnée. Faut-il un autre rapport pour que la communauté internationale se mobilise pour ces populations du Congo livrées à la barbarie du régime PCT de Sassou ? Pourquoi ce silence complice du monde civilisé, malgré la déclaration du Haut-Commissaire des Nations Unis aux droits de l’Homme ? Les barbares ont-ils leur rond de serviette à la table du concert des nations ?

Charles BOUNTSANA Réfugié politique Avenue G.D.Gaule, 90 591OO Roubaix FRANCE

A Monsieur François HOLLANDE Président de la République Française

Object : Sur le Génocide et le drame sociopolitique DU CONGO BRAZZAVILLE

Excellence, Monsieur le Président,

L’honneur n’échoit d’oser m’adresser à votre haute bienveillante autorité pour vous exprimer, avec déférence, mon indignation et le sentiment de révolte de l’ensemble des congolais mais aussi de tous les peuples africains asphyxiés par des régimes politiques totalitaires qui, par la dictature, martyrisent et tuent, leur peuple, en toute impunité et avec la bénédiction de la France, dans la plupart des pays africains francophones au sud du Sahara.

Excellence, Monsieur le Président, A propos, nous osons penser que le génocide dramatique en cours au Congo ne saurait vous être étranger car il semble, en toute évidence, s’inscrire dans une logique concertée et planifiée d’avance. En effet, les congolais restent convaincus que votre déclaration publique de NIAMEY, autorisant à « DSN- de consulter son peuple » a manifestement sonné le glas de la démocratie au Congo et déclenché la spirale d’une nouveau génocide pour verser le sang et « les larmes des autres » (les africains). A ce jour, malgré des centaines de congolais lâchement assassinés à l’autel de la barbarie sanguinaire de SASSOU, l’exécutif français continue à se murer dans un mutisme complice.

Excellence, Monsieur le Président, Au regard de votre engagement au respect de la charte des droits de l’homme dont la France reste le défendeur acharné ; appréciant, positivement, votre dévouement et votre hyperactivité observés avec admiration pendant, les attentats sanglants de CHARLIE HEBDO et du BATACLAN (que nous déplorons tous et condamnons avec véhémence), votre attitude« de NON ASSISTANCE D’UN PEUPLE EN DANGER DE GÉNOCIDE » est, non seulement cruelle, mais étonnante. Bien que la charte de droits de l’homme prône l’égalité et la fraternité entre les peuples et les hommes, Vous restez hélas muet. L’Élisée fait-elle une discrimination négative des « morts » en fonction de la nationalité (française/congolaise) ou de la couleur de la peau (blanche/noire) qui sauraient justifier votre apathie pour laisser tuer des vies humaines sans aucune réaction ? Autrement, comment comprendre que les attentats du BATACLAN aient été, de facto, suivi d’un arsenal de mesures sécuritaires (traque et jugement des terroristes, omniprésence de la force publique) et d’un balais médiatique audible à travers le monde, tandis que l’assassinat planifié des milliers des noirs fauchés par les balles traitresses d’un président africain, tacitement commandité, par la France et pour les intérêts français, n’a eu droit qu’à l’indifférence totale ?

Excellence, Monsieur le Président, Pour les congolais profondément indignés, il n’existe aucune différence fondamentale significative entre les massacres du BATACLAN et ceux du CONGO (Pool) : excepté que les victimes innocentes du BATACLAN sont morts par des attentats planifiés par des citoyens marginaux-véritables déchets humains » made « in France », et forts radicalisés à cause des politiques sociales inadaptées. Tandis que les victimes du génocide -Congolais-sont, quant à eux, commandités et tuées ouvertement par un Président de la République qui a la charge de les protéger. Pour ceux du BATACLAN on recherche inlassablement les auteurs, pour les seconds on connait bien l’assassin principal mais on le protège tant il est le garant des intérêts français. Cette discrimination alarmante pousse les congolais à se rendre à l’évidence que dans l’esprit européen, les morts ne se ressemblent pas selon la couleur de leur peau et leurs milieux géographiques. Enfin, Monsieur le Président, nous avons la faiblesse de déduire que pour les congolais meurtris et abandonnés à eux-mêmes, il n’existe aucune différence notoire entre les morts des citoyens congolais, massacrés à cause d’une présidence à vie octroyée à un dictateur pour sauvegarder les intérêts français et les juifs assassinés par le régime NAZI d’HITLER pour des motivations idéologiques ou politiques. Fort de cet argument, le peuple congolais souhaite que vous sortiez de l’engrenage d’une France-Afrique qui a toujours réduit les présidents français à une dimension d’homme politique plus à la solde des lobbys pétroliers et de ses intérêts qu’à celle de chef d’État préoccupé pour le bien commun universel et la défense équitable et intrinsèque des droits et libertés individuels à travers le monde.

Excellence, Monsieur le Président, Nous sommes convaincus qu’à force de vouloir toujours sauvegarder les intérêts de la France par des stratégies et des politiques fondées sur la violence allant jusqu’à verser le sang humain des citoyens innocents, comme ceux du BATACLAN, sans comprendre que les épiphénomènes sociaux de : l’immigration sauvage, de la radicalisation et du terrorisme…ne .constituent qu’une dimension cachée de la revendication , d’un monde meilleur, plus juste et plus équitable pour tous,( arabes, blancs ou noirs,) quelles que soient leurs origines,

Excellence, Monsieur le Président, Cette forme de politique de « la France Afrique » qui tue, finira par devenir un piège qui se refermera contre la France entière, même au plus haut sommet de l’exécutif Français car « l’histoire risquerait, un jour, d’exhumer ces divers crimes contre l’humanité, en Afrique francophone au sud du SAHARA et plus précisément au CONGO BRAZZAVILLE, La violence appelant la violence, sans rempart, sans soutien, les peuples africains et la jeunesse congolaise risqueront de céder à la tentation de franchir le rubican pour s’inscrire graduellement à l’école du terrorisme en se marginalisant et en se radicalisant pour mieux défendre leur droit à la vie, à la justice, à la paix, à la prospérité et à la dignité humaine par des actes antisociaux allant jusqu’au sabotage des Intérêts français. au CONGO au CAMEROUN, au TCHAD. Voire, à travers l’Afrique et le monde. Mais, nous osons espérer, Monsieur le Président, que grâce à vos prérogatives de chef de l’État français vous disposez de tous les atouts majeurs pour éviter que la politique avilissante de la FRANCE AFRIQUE NE n’ensevelisse pas que les pauvres citoyens congolais mais aussi la dignité et l’estime dont jouit la France à travers les nations.

En vous remerciant de votre bienveillante intervention, nous souhaitons que votre sensibilité et votre magnanimité soient mis au service des congolais et des populations du POOL, victimes d’épuration ethnique planifiée. Et, nous vous supplions d’interpeller le président SASSOU pour : qu’il reconnaisse sa défaite aux présidentielles du 20 Mars 2O16 et qu’il arrête le génocide contre le POOL car sa dictature qui dérange et commence à dépasser la coupe de l’endurance ne saurait continuer impunément.

Veuillez agréer, Monsieur le Président, l’expression de toute notre grande considération

Paris le 10 Avril 2O16 Charles BOUNTSANA cbountsa@gmail.com

GENEVE (13 avril 2016) – Déclaration du Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme, M. Zeid Ra’ad Al Hussein, sur la situation en République du Congo : « Des rapports très alarmants émanent de la République du Congo sur une opération de sécurité menée, semble-t-il, par le gouvernement dans une zone située dans le sud de Brazzaville et dénommée le Pool. Depuis les élections présidentielles du 20 mars, des rapports font état d’opérations de sécurité menées contre des chefs de l’opposition et leurs partisans, qui auraient attaqué un poste de police et certaines zones dans le sud de la capitale le 4 avril. Le gouvernement a annoncé que 17 personnes avaient péri lors de ces opérations militaires, dont trois membres des forces de sécurité, et que plusieurs autres personnes avaient été blessées.

Des informations font également état d’arrestations massives et de cas de torture en détention, ainsi que du meurtre et du déplacement de personnes originaires du Pool. Ces rapports sont difficiles à vérifier en raison du manque d’accès à cette zone par des acteurs indépendants. J’exhorte le gouvernement à garantir que les acteurs humanitaires puissent avoir accès sans délai au Pool et que les forces de sécurité agissent en parfaite conformité avec les obligations de la République du Congo au regard du droit international des droits de l’homme. Tout incident impliquant l’emploi de la force par les forces de sécurité, en particulier si elle a des conséquences mortelles, doit faire l’objet d’une enquête approfondie, rapide et impartiale. Aucune personne arrêtée et détenue ne devrait subir de mauvais traitement. Par ailleurs, toute personne arrêtée et détenue devrait être soit inculpée et comparaître devant un juge, en accord avec les standards internationaux en matière de procédure régulière, soit être rapidement relâchée.

J’exhorte le gouvernement, les responsables politiques et leurs partisans, à s’efforcer de résoudre tous leurs différents de manière pacifique et dans le cadre de la loi, et à éviter tout recours à la violence dans l’exercice de leurs libertés d’expression, d’association et de rassemblement pacifique. »

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