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ELEMENTS DE REFLEXION SUR LES BMA

CONSTITUTION ??? POUR QUI ?

CE QUE VAUT LA PAROLE DU DICTATEUR SASSOU…

Il n’est pas pire aveugle que celui qui ne veut pas voir. Des noces de cana de 32 ans et certains s’interrogeaient encore sur la volonté de SASSOU NGUESSO de poursuivre la fête, persuadés qu’à l’écoute de son corps, il se ressentirait naturellement de la débauche d’énergie accumulée.

La réponse est tombée comme un couperet. Il rebelote pour au minimum 15 ans. Et pour cause ! Depuis le 31 juillet 1968, il n’a plus jamais vécu comme un homme ordinaire. Il ne quitte plus les palais présidentiels officiels et privés, les hélicoptères, les jets, le confort des voitures officielles et vitres fumées, les arènes du pouvoir, les tapis rouges. Il fait ce qu’il veut et pour qui il veut, se montre généreux avec lui-même, sa famille, son clan, ses protégés. Sa volonté fait loi, ses moindres désirs sont des ordres à exécuter avec célérité. Il n’a de comptes à rendre à personne. Et l’on voudrait qu’il revînt à la préhistoire ?

Dès lors, s’imaginer que les seuls discours d’OBAMA, de François HOLLANDE, la révocation de Blaise COMPAORE, l’appel hésitant des évêques du Congo au respect de la constitution seraient de nature à inciter notre grand homme à plus d’humilité est d’une naïveté consternante. C’est plus qu’une erreur, une faute. SASSOU NGUESSO ne s’imagine nulle part ailleurs qu’à ce poste. Il n’a jamais imaginé sa destinée présidentielle lui échapper et sa fossilisation au pouvoir remise en cause. La légende du paradis perdu n’est pas inscrite dans son logiciel. On a vu d’ailleurs ce qu’il en a coûté aux congolais de son bref passage au purgatoire (1992-1997). Marien NGOUABI, YHOMBI OPANGO, Pierre ANGA, Pascal LISSOUBA, les 353 disparus du Beach, Marcel NTSOUROU, ont payé le prix de cette naïveté. D’autant qu’au-delà de sa soif inépuisable de pouvoir auto alimentée par son interminable règne qui agit comme une addiction, s’ajoute la crainte de lendemains incertains. Son parcours jalonné de tant de cadavres ne peut lui survivre. Plus que tout autre, il le sait. Le projet de nouvelle constitution qu’il « soumet au peuple », en témoigne. Le satrape s’absout pour le présent et l’avenir, de tous les crimes et délits passés et à venir qui pourraient lui être reprochés, exclut toute possibilité d’extradition devant une juridiction étrangère en rapport avec ces crimes et délits, et pousse le culot jusqu’à menacer de haute trahison et de forfaiture ceux qui s’y risqueraient (Art 10 et 96).

Dans ces conditions, la meilleure garantie pour lui, demeure le pouvoir à vie. Il a compris que le contexte international n’est plus aux bottes ensanglantées posées sur les constitutions. Ca fait mauvais genre. D’où la stratégie du référendum pour aboutir au même résultat. Chacun sait que « dans une élection, ce ne sont pas les votes qui comptent, mais ceux qui comptent les votes » (J. Staline). Personne n’est dupe, sinon les observateurs étrangers complaisants ou peu regardants que la magie du mot référendum donc la consultation du peuple, exercice éminemment démocratique (même organisé par le « grand démocrate » SASSOU) pourrait naturellement séduire. Le régime joue clairement la naïveté de l’opinion internationale contre la vérité du terrain. Les lobbyistes patentés du régime (déjà à l’œuvre) du genre Jeune Afrique, EURO RSCG, les Dépêches de Brazzaville et autres, devant assurer l’intendance médiatique, c’est-à-dire, vendre l’idée d’une démarche démocratique, d’un choix assumé pour le changement de la constitution et d’un attachement à la stabilité politique librement consentis par les électeurs reconnaissants. Point de bottes ensanglantées posées sur la constitution mais intimidations, menaces, arrestations préventives d’opposants, restriction des mouvements des membres de l’opposition, interdictions de tenir des réunions, kidnapping d’individus réputés meneurs potentiels de contestations, instauration d’un climat de peur, de suspicion généralisée, noyautage des organisations de la société civile ainsi que des partis politiques, bref, des pratiques de basse police, des mœurs d’inquisition et de tyrannie, pour éviter cet extrême qui pourrait survenir à la suite de manifestations à la Burkinabe et obligeraient ses sicaires à faire usage de violence massive. Vaut-mieux prévenir que guérir.

Dans un tel contexte, il serait mal venu de critiquer ceux qui sur le terrain, pied à pied, avec des moyens contraints, s’opposent farouchement, souvent sans écho, à cette dictature des plus implacables du continent. Il ne leur est fait aucune concession. Toute la panoplie de la parfaite dictature est déployée. A ce compte, le pouvoir uni autour de SASSOU NGUESSO est persuadé d’être sur le bon chemin en apparaissant comme un Etat stable, fortement encouragé par l’exemple NKURUNZIZA au Burundi et le « plébiscite populaire » de Paul KAGAME. Il reste que l’opposition doit prendre le leadership de l’agenda politique, multiplier les initiatives citoyennes, les actions collectives qui marquent sa détermination, mobilisent et motivent une population en réalité prête à en découdre avec le pouvoir autocratique. Un grand peuple qui se rassemble pour faire face ne saurait le faire sans risques. Un grand peuple se rassemble sur ses élites c’est-à-dire sur ceux qui sont disposés à prendre des risques. Car, les actions non pensées aboutissent souvent à des impasses. S’épuiser à demander que des réformes concernant la transparence électorale soient entreprises ou le retrait de son projet de constitution est vain. Il n’existe pratiquement aucune chance pour que SASSOU NGUESSO enfermé dans sa tour d’arrogance aveuglante soit amené volontairement à donner une suite favorable à de telles demandes. Il ne faut attendre du pouvoir autocratique aux commandes de l’État la moindre concession à cet égard.

Sa raison est celle du plus fort. « L’opposition, c’est combien de bataillons ? ». La réponse est dans la question. C’est la seule langue qu’il comprenne. Des chefs d’Etat qui se sont succédés au Congo, SASSOU est le seul en mesure de considérer que la violence paie. Ses 32 années de pouvoir en témoignent. L’enjeu est par conséquent l’unité de l’opposition et de toutes les forces engagées pour détrôner le gouvernement autocratique. La détermination de l’opposition doit être totale. Elle doit être capable de dépasser ses contradictions et prendre appui sur la souffrance du peuple, son mécontentement, et proposer un projet de rupture radical avec l’ordre ancien qui doit s’enraciner dans l’instauration d’un État de droit. Le peuple attend de cette opposition courage, qu’elle ne se laisse point flouer dans ce jeu de poker menteur, qu’elle tienne tête au pouvoir autocratique et non qu’elle quémande son départ de surcroit, en garantissant un statut à l’autocrate, à sa famille, au clan, ce qu’il ne peut manquer d’interpréter comme un aveu de faiblesse. Le sort personnel de SASSOU NGUESSO ne peut et ne doit pas être la boussole qui oriente les préoccupations de ses éventuels successeurs. La rigueur des textes commande qu’il ne soit plus dans ses fonctions après le 14 août 2016.

C’est à cela qu’il faut veiller et s’en tenir. Il redevient au delà de cette date un justiciable ordinaire. Pas de privilèges particuliers à accorder à un individu qui jamais n’a été élu par la population et dont la politique reflète cette vérité à travers son aversion avérée de l’intérêt général. L’indécent projet de constitution illustre clairement le peu de considération qu’il porte à ses compatriotes. Son maintien au pouvoir n’a pas de prix. Il serait donc bien temps que cet homme, après 32 ans de pouvoir sans partage, rende des comptes sur ses crimes et sa gestion calamiteuse. Il faut aussi arrêter d’espérer de la communauté internationale qu’elle infléchisse le pouvoir actuel et aller quémander en France, à l’ambassade de France ou à l’ambassade des Etats-Unis sinon de l’UE, des arbitrages politiques d’un autre temps. Les démarches qui sont faites auprès de la France ou les démarches souterraines faites auprès de cet usurpateur ne sont que des aveux de faiblesse, la preuve de notre immaturité politique, la voie ouverte aux gouvernements « d’union nationale » ou « d’ouverture » qui accordent du répit à nos chers autocrates, leur permet de se retourner, et, in fine, de s’imposer.

Faire profil bas vis-à-vis d’un tel individu serait un triomphe pour l’intéressé, du primat de la force, la victoire de la peur, une défaite pour la morale, l’éthique, le courage, la consécration de l’impunité, une conspiration contre l’avenir. La force de SASSOU NGUESSO qu’on se le dise, relève moins dans ses qualités de fin stratège politique que dans la faiblesse du camp adverse. Le spectacle accablant qu’il nous est donné à voir depuis peu, celui du dynamitage de partis membres de la majorité présidentielle dont les leaders s’opposent au changement de la constitution est un livre ouvert du cynisme, de la brutalité et de la fourberie de cet homme, le parfait contre exemple de la finesse politique. De fait, le Congo, n’a pas vocation à voir se perpétuer la dictature qui doit impérativement disparaître du paysage politique. Le chantage permanent à la paix qui est fait aux congolais, signe caractéristique des dictatures les plus sournoises et repris en boucle par les thuriféraires du régime comme si la paix était un don du divin chef SASSOU et que toute manifestation publique, qui devrait être une évidence partout ailleurs, avait vocation à se terminer en guerre civile relève du cynisme le plus absolu. Nous ne dirons jamais assez que c’est un crime que d’accuser de vouloir troubler le Congo ceux qui le veulent respectueux des règles établies et lorsque l’on ourdit soi-même l’impudent complot de violer sa propre constitution devant le monde entier. D’autant que pas plus que la constitution de janvier 2002, il ne respectera celle qu’il tient à nous imposer aujourd’hui. En tous les cas, toute tentative de sauver la paix au détriment de la vérité et de la justice conduira nécessairement à l’échec des deux.

Retenons le : Tant que les congolais ne seront pas à même de choisir librement leurs dirigeants et donc de congédier ceux d’entre eux dont ils ne veulent plus, il n’y aura pas de démocratie au Congo. Le renouvellement des élites, de la culture et des pratiques du pouvoir, implique nécessairement que le nombre de mandats à la tête de l’État soit limité et que l’alternance au pouvoir devienne une réalité. Debout, sur l’échafaud, le bourreau SASSOU a dressé la potence et nous invite à nous passer la corde autour du cou. L’exécution est prévue le 25 octobre.

La FCD invite les congolais à ne pas céder au chantage odieux de ce triste personnage. Si le dictateur considère que son maintien au pouvoir n’a pas de prix, les congolais estiment qu’ils n’ont que trop donné.

Contact Benjamin MOUTSILA 0683121292

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