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ELEMENTS DE REFLEXION SUR LES BMA

TOURNONS LA PAGE Que Cherche Sassou au Congo ?

"Fidèle à la Constitution en vigueur à ce jour, TLP-Congo se réfère à son préambule, qui énonce que le peuple congolais condamne « le coup d’état, l’exercice tyrannique du pouvoir et l’usage de la violence politique sous toutes ses formes, comme moyens d’accession au pouvoir ou de sa conservation ». Sur cette base, TLP-Congo dénonce l’usage systématique de la violence politique dans le langage du Chef de l’état, qui instrumentalise le traumatisme des affrontements meurtriers des années 1990. Alors que les familles congolaises sont encore endeuillées, le Chef de l’état ne peut pas se permettre d’agiter la menace de la guerre à chaque intervention publique, en feignant de promouvoir la paix"

A ce sujet, TLP-Congo réaffirme le message principal contenu dans sa déclaration du 9 septembre : pas de scrutin sans fichier électoral fiable et Commission électorale véritablement indépendante

23 septembre 2015

Congo Brazzaville : « Tournons la page » dénonce le coup d’État constitutionnel et appelle la communauté internationale à réagir avec la plus grande fermeté

Le 22 septembre 2015, Denis Sassou Nguesso a annoncé à la radio-télévision nationale congolaise la décision d’organiser un referendum pour faire approuver un projet de nouvelle Constitution. Le président, à la tête du Congo Brazzaville depuis 30 ans (1979-1991 et depuis 1997), lance ainsi officiellement le processus pour changer la Constitution et se maintenir au pouvoir. L’unique objectif : ôter la limitation à deux mandats présidentiels et la limite d’âge de 70 ans, qui lui interdisent de se représenter à la présidentielle de 2016

Le chef de l’État congolais a pris cette décision au mépris de la Constitution que lui-même a fait adopter en 2002, dont l’article 185 dit expressément que le nombre de mandats du président ne peut pas faire l’objet d’une révision constitutionnelle, en violation de la Charte de la démocratie de l’Union africaine, qui prohibe « toute révision des Constitutions qui porte atteinte aux principes de l’alternance démocratique » (article 23), et en contradiction manifeste avec les principes proclamés par l’Organisation internationale de la francophonie.

En voulant priver son peuple de toute possibilité d’alternance, Denis Sassou Nguesso commet un coup d’État. Le coup d’État contre la Constitution a la violence d’un coup d’État militaire : il confisque non seulement le pouvoir, mais aussi les institutions censées le limiter. Il doit être condamné et traité avec la même fermeté.

Le recours au référendum relève du subterfuge : D. Sassou Nguesso s’appuie sur des années de répression des libertés (de la presse, de manifestation…), de déstabilisation de ses adversaires politiques et sur un historique de processus électoraux bâclés, opaques, très éloignés des normes internationales. En indiquant hier « L’aventure et le désordre ne relèvent pas de la démocratie. Ils n’ont aucune place dans la République et ne sauraient être tolérés », il menace ouvertement les démocrates congolais et tous ceux – dont l’Église catholique et plus généralement la société civile- qui ont exprimé leur opposition à cette réforme de la Constitution.

Après le Burkina Faso et le Burundi, où une décision semblable a provoqué la révolte du peuple, au prix du sang et d’une instabilité durable, Denis Sassou Nguesso – dont on connaît la férocité dans la répression - prend l’entière responsabilité des tensions et des violences qui pourraient menacer désormais le Congo.

Les recommandations de « Tournons la page » à l’Union africaine, à l’Union européenne et à leurs États membres (cf. notre rapport « En Afrique comme ailleurs, pas de démocratie sans alternance ») :

 Condamner les tentatives de « coups d’Etat constitutionnels ». Adopter des positions fortes en commun et aux Nations Unies.

 Sanctionner les responsables du gouvernement congolais, les membres du parti au pouvoir et leurs alliés en établissant des listes nominatives des responsables impliqués dans ces manipulations, et en définissant un régime de sanctions contre eux et leurs proches : gel et surveillance de leurs avoirs à l’étranger ; interdiction de visa ; annulation des titres de séjour...

 Pour l’Union européenne, suspendre ou restreindre l’aide sans pénaliser les populations.

 Protéger les acteurs politiques réclamant la démocratie, les acteurs de la société civile et les défenseurs des droits humains

Contacts presse : Benjamin MOUTSILA 0683121292

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