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Politique

L’Opposition Congolaise Extérieure répond à Sassou

La Fédération des Congolais de la Diaspora a accueilli avec beaucoup de satisfaction la déclaration faite par un regroupement d’organisations de l’opposition congolaise en France. Elle est d’autant plus satisfaite que ce communiqué rejoint pour l’essentiel les thèses et préoccupations de la société citoyenne à savoir : la lutte contre l’impunité , doit être l’axe central de la préoccupation démocratique au Congo, avec son corollaire, une justice juste au service des citoyens.

La F.C.D ose penser que, par ce genre de déclaration et activités, une partie de la classe politique congolaise entamera son autocritique et déclamera sa part de responsabilité eu égard à la gestion parfois contestable des crises sociales et politiques anterieures. Cette éventuelle remise en question a toujours été réclamée par le mouvement citoyen congolais à cors et à cris. C’est une condition si né qua non pour renouveler le contrat social avec les citoyens.

La mise en adéquation des préoccupations des citoyens , un discours politique nouveau et une pratique correspondante sont les seuls garants de l’émergence de forces politiques nouvelles.

La Fédération des Congolais de la Diaspora encouragera et sera toujours du côté de toutes les initiatives politiques pourvu quelles aillent dans le bon sens c’est à dire dans l’intérêt des populations actuellement dans la tourmente.


L’Opposition Congolaise Extérieure répond à Sassou

L’opposition congolaise s’est retrouvée à Savigny le Temple pour examiner la situation socio-politique du pays à la lumière de l’interview du président Sassou dans l’hebdomadaire Jeune Afrique l’Intelligent et à Radio France Internationale, au cours de l’émission « le débat africain ».

Ont été passés en revue :

La situation économique avec la gestion du pétrole

Le dossier des disparus du beach

Le dossier des diamants de la guerre.

Les représentants de :

- La ligue de la démocratie,

- Le FURC,

- La coordination de l’opposition,

- Le C.E.R.D.E.C.

- Le R.L.B.C

- Le M.C.D.D.I

réagissent en diffusant le texte joint.

L’interview du Président Denis Sassou Nguesso, publié dans l’hebdomadaire Jeune Afrique L’intelligent N° 2272, du 25 au 31 juillet 2004, interpelle l’opinion publique congolaise et appelle de l’opposition, la réaction que voici :

Le Président Denis Sassou Nguesso voit partout des gens qui "s’acharnent à discréditer le Congo".

Question : Le Congo est-il discrédité quand il est demandé pourquoi M. Sassou veut que le FMI considère le Congo comme un Pays Pauvre Très Endetté (PPTE) alors qu’il ne donne aucune réponse claire sur les revenus du pétrole ?

Ce problème n’est pas nouveau : la conférence épiscopale congolaise l’avait déjà évoqué dans sa lettre du 10 juin 2002 adressée à M. Sassou.

Par conséquent, il n’y a pas "d’acharnement injustifié" de la part de la Fédération Internationale des Droits de l’Homme (FIDH).

Pouvons nous rappeler que, selon la constitution du 20 janvier 2002, article 56, alinéa 2, M. Sassou est l’unique responsable de sa politique et donc de cette demande de classification en PPTE ?

Il faut le prouver en montrant ses revenus et en justifiant ses dépenses pour espérer obtenir une aide car c’est de cela qu’il s’agit.

Le FMI se charge de le vérifier. S’il semble que le FMI soit satisfait de ses récentes vérifications, il n’en reste pas moins que rien n’est encore signé, ce qui signifie que tout n’est pas clair.

D’ailleurs, à l’occasion de l’une de ces vérifications, le FMI avait constaté un "manquant" de 57 milliards de FCFA (87 millions d’euros) que le PDG de la Société Nationale des Pétroles du Congo (SNPC), M.Bruno Itoua, avait rectifié à 37 milliards de FCFA (56 millions d’euros).

M. Sassou, qui parle de transparence et de légitimité, n’a jamais expliqué au peuple congolais où étaient passés ces milliards, en dehors de justifications risibles du genre "dépenses hors budget".

Question : Le Congo est-il encore discrédité quand des rescapés du Beach portent plainte pour crime contre l’humanité ?

Puisque, à lire M. Sassou, il n’y aurait pas de "disparus du Beach", puisqu’ils seraient tous vivants (d’où l’Association des vivants), puisqu’il affirme que cette opération était "régulière, préparée et officielle", il n’y a donc rien à cacher !

L’opposition demande que la justice française poursuive son travail indépendamment de toute interférence politique.

Et, pour que cette affaire soit définitivement éclaircie, l’opposition demande également la mise en place d’une Commission d’enquête internationale, impliquant l’Organisation des Nations Unies

( O.N.U) , l’Union Africaine (U.A) et le Haut commissariat au réfugiés( HCR).

Cette commission permettra d’éviter de se demander : "qui a dressé la fameuse liste des 353 disparus du Beach ? Où est cette liste ? Quels noms y figurent ?".

Comme il s’agit de vies humaines, les seules questions valables sont les suivantes :

- oui ou non, en 1999, au Beach de Brazzaville, des congolais ont-ils été exécutés alors qu’ils regagnaient le pays où toutes les garanties sur leur sécurité avaient été données par le gouvernement ?

- si oui, combien étaient-ils ?

- qui les a exécutés ?

- sur l’ordre de qui ?

Nous avons ici un dossier de crime contre l’humanité qui devrait être traité avec toute l’attention nécessaire par la Communauté Internationale. Peut-on juger les auteurs du génocide du Rwanda, envoyer Slobodan Milosevic au Tribunal de la Haye, et ne pas contribuer à faire la lumière dans ce qui s’est passé au Beach de Brazzaville en 1999 ?

Juger un crime contre l’humanité ne saurait être du seul ressort de la justice congolaise, n’en déplaise à M. Sassou et à ceux qui l’aident pour que cela soit ainsi.

Confiner cette atroce affaire à un problème congolo-congolais discréditerait non seulement la Communauté Internationale, mais aussi la dignité humaine....

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