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ELEMENTS DE REFLEXION SUR LES BMA

Congo - B : Sassou Nguesso à Paris le 8 avril 2013

Avec les Congolais de France et d’Europe, la Fédération des Congolais de la Diaspora avec le soutien du Parti de Gauche et Survie. * 4 communiqués en réaction à cette visite scandaleuse de : Parti de Gauche François ASENSI, membre de la commission des Affaires étrangères, au nom des députés Front de gauche à l’Assemblée nationale Europe Ecologie les Verts Fédération des Congolais de la Diaspora Survie

Le tyran Sassou Nguesso reçu par le chef de la Françafrique normale 9 avril, communiqué de la Commission Afrique du Parti de Gauche

Après Bongo, Deby, Biya et Ouattara, c’est maintenant au tour de Sassou Nguesso d’être reçu par Hollande, le chef de la Françafrique normale. Sassou Nguesso s’est imposé par la violence. Il se maintient au pouvoir à coup de simulacres d’élections cautionnées par le gouvernement français. Son règne se caractérise par le crime, la corruption, la violation des droits de l’Homme, les massacres (les « disparus » du beach) mais aussi par le détournement des biens publics au profit du clan présidentiel (lequel refuse d’ailleurs que son patrimoine immobilier en France soit inspecté par la justice française) et le non-développement d’un pays disposant pourtant de ressources importantes en particulier pétrolières.

François Hollande avait promis vouloir rompre avec les pratiques de la Françafrique mais il se contente de peu : quelques conseils en matière de démocratie et de droits humains et le tour est joué, la Françafrique devient « normale » à peu de frais. Et qu’importe si Sassou Nguesso n’a pas réussi son rôle de médiateur dans les récents évènements en Centrafrique : sa participation à la "lutte contre le terrorisme" au Mali en fait de facto un président respectable aux yeux de Hollande. Quant à Fabius, il se fait le chantre de la diplomatie économique : « la question n’est pas de savoir s’il faut ou non rompre avec (les pratiques de) nos prédécesseurs mais de conduire la politique qui est bonne pour la France ». Sassou Nguesso pourra continuer à mener ses affaires et à opprimer son peuple puisqu’il lui suffira de signer quelques contrats avec des entreprises françaises pour que tout soit oublié. Le Parti de Gauche dénonce le cynisme et l’hypocrisie de la politique menée par ce gouvernement à l’égard des peuples africains et appelle ces derniers à s’engager dans une révolution citoyenne afin de renverser les tyrans prédateurs qui les exploitent.

9 avril, Communiqué du député François ASENSI, membre de la commission des Affaires étrangères, au nom des députés Front de gauche à l’Assemblée nationale

Note du webmaster : liste indicative des député-e-s ayant déposés les 3 demandes de commissions d’enquêtes sur l’Afrique en 2012 : FASE : Francois Asensi, Fraysse jacqueline, PG : Dolez Marc, PCF : Alain Bocquet, Jean-Jacques Candelier, Chassaigne Andre, Marie-George Buffet, Carvalho Patrice, Charroux Gaby, Sansu Nicolas, ...

Réception du dictateur Denis Sassou Nguesso en France La rupture avec la Françafrique serait-elle un lointain souvenir ? Aujourd’hui 9 avril, Denis Sassou Nguesso, figure historique de la Françafrique, est reçu par le gotha des dirigeants du CAC 40 avec l’aval des autorités françaises. Cette journée d’affaires, après la réception hier par le Président de la République de ce chef d’Etat corrompu, envoie un signal déplorable.

Bolloré, Total, entre autres multinationales, reçoivent le blanc-seing de la France pour poursuivre l’exploitation de ce pays et une forme de néocolonialisme au détriment du peuple congolais. L’engagement du candidat François Hollande de mettre fin à la Françafrique serait-il un lointain souvenir ? Dirigeant richissime grâce à la spoliation, Denis Sassou Nguesso rentrera ainsi dans son pays fort de la caution française à la poursuite de son régime despotique.

Les députés Front de gauche regrettent avec fermeté la réception de Sassou Nguesso par les pouvoirs publics français. Ils souhaitent que la Justice poursuive en toute indépendance son enquête sur les "biens mal acquis". Ils affirment leur solidarité avec le peuple congolais dans leur volonté d’émancipation et appellent à renvoyer définitivement la Françafrique aux oubliettes de l’Histoire.

http://eelv.fr/2013/04/08/denis-sas... Publié le 8 avril 2013 dans Communiqués EELV

Denis Sassou Nguesso reçu à l’Élysée : quel message de la France vers l’Afrique ?

Europe Écologie Les Verts regrette l’accueil réservé à l’Elysée au président congolais Denis Sassou Nguesso. EELV s’étonne notamment qu’aucune ONG critique du régime ou qu’aucun opposant n’aient été reçus en parallèle et qu’aucun message public sur les droits de l’Homme et les libertés publiques n’ait été émis à l’égard de ce régime congolais d’un autre temps.

Cette réception est d’autant plus embarrassante que M. Denis Sassou Nguesso a déclaré refuser à la justice française le droit d’enquêter sur les « biens mal acquis », à l’issue de son entretien avec François Hollande. EELV appelle le Président de la République et la Ministre de la Justice à réaffirmer l’indépendance de la justice française et leur engagement de laisser la justice faire toute la lumière sur les « biens mal acquis ».

Les crises au Mali ou en République Centrafricaine ne peuvent justifier le renoncement aux promesses de rupture avec la Françafrique. Renforcer les régimes non-démocratiques des pays voisins ne permettra pas d’assurer une paix et une stabilité durables en Afrique, et ne peut de surcroît qu’alimenter le scepticisme quant à l’objectif de soutenir la démocratie sur l’ensemble du continent africain. Elise LOWY, Jean-Philippe MAGNEN, Porte-parole

http://www.fcd-diaspora.org/spip.ph...

Contre la légitimation du régime congolais par le gouvernement socialiste Communiqué de Survie du 5 avril

François Hollande recevra le 8 avril le dictateur congolais Denis Sassou Nguesso. Le temps où l’élection de François Hollande devait être une « mauvaise nouvelle pour les dicateurs » [1] est définitivement révolu, de même que les promesses de fin de la Françafrique dont le soutien aux dictatures des anciennes colonies demeure l’essence. Un an après sa réception par Nicolas Sarkozy, cette nouvelle visite du président congolais montre la proximité de ce régime criminel avec les plus hautes autorités françaises, et ce quelle que soit leur appartenance politique. Denis Sassou Nguesso est revenu au pouvoir en 1997 dans le sang de la population congolaise, avec l’appui avéré de Elf et des autorités françaises de l’époque. Alors que l’on s’apprête à commémorer le 19ème anniversaire du génocide des Tutsi du Rwanda, il convient également de rappeller que cette prise de pouvoir s’est aussi faite avec la participation d’un certain nombre d’ex-FAR (Forces Armées Rwandaises) et d’Interahamwe, qui sont les groupes qui ont commis le génocide. Parmi la série de massacres commis par les milices de Sassou Nguesso au cours de cette guerre civile pour prendre le pouvoir et de la répression qui s’en est suivie, un épisode est toujours en procédure devant la justice française : l’affaire des « disparus du Beach » [2]. Denis Sassou Nguesso est aussi parmi les chefs d’État visés par la procédure judiciaire sur les « Biens Mal Acquis ». Cette affaire met en lumière le patrimoine considérable acquis grâce aux détournements de fonds publics, avec la complicité d’acteurs français.

Le règne de Sassou Nguesso se caractérise par le crime, la corruption, la violation des droits humains, le détournement des ressources du pays au profit du clan présidentiel. Dernièrement, un rapport de l’Observatoire Congolais des Droits de l’Homme (OCDH), suite à une enquête réalisée entre 2010 et 2012 avec l’appui financier de l’Union européenne (UE) dans six des douze départements du Congo, concluait que la torture y est pratiquée de « façon systématique et partout » « (...) dans les lieux de détention officiels (...) » et « (...) plusieurs cas sont suivis de meurtre ». Cela n’empêche pas l’Ambassade de France d’afficher ostensiblement sur son site que « la France entretient depuis toujours des relations privilégiées de coopération avec la République du Congo et se place aujourd’hui au premier rang des bailleurs de fonds bilatéraux présents dans le pays. ». Cela ne semble pas non plus déranger le président français qui viole une nouvelle fois ses promesses de campagne en recevant le despote congolais. Déjà, lors des élections législatives l’été dernier, la France n’avait émis aucune objection au déroulement d’un scrutin législatif pourtant caractérisé par une participation de seulement 15% et la dénonciation de « flagrantes irrégularités » par l’opposition.

Il est probable que M. Hollande ou Fabius promettront encore "de faire avancer la question de la démocratie et des droits humains" lors de cette rencontre, comme par exemple lors de la réception du dictateur Ali Bongo en juillet 2012, ou celle d’Idriss Déby le 5 décembre 2012. En réalité, une telle visite est une victoire pour le dictateur et son entourage qui ne cachent pas leur satisfaction. Il sera probablement question des ennuis judiciaires du clan présidentiel en France, mais aussi de business. Une rencontre est d’ailleurs prévue entre le dictateur et des patrons français. Comme l’a dit cyniquement le ministre des affaires étrangères Laurent Fabius, chantre de la diplomatie économique à la française [3] interrogé sur une éventuelle rupture dans les pratiques franco-africaines, « la question n’est pas de savoir s’il faut ou non rompre avec nos prédécesseurs, mais de conduire la politique qui est bonne pour la France ». La France continue par l’entremise de son Président et de son ministre des affaires étrangères à consolider ses intérêts économiques en Afrique au détriment de ceux des peuples africains.

Nous invitons celles et ceux qui souhaitent s’élever contre la légitimation du régime congolais par le président et le gouvernement français à s’associer à la manifestation le 8 avril à 10 h, métro Saint-Philippe du Roule.

[1] Meeting de campagne du candidat Hollande à Bercy le 29 avril 2012

[2] La FCD, la FIDH et Survie notamment sont parties civiles de cette procédure. On estime que 353 personnes auraient disparu lors de cet événement.

[3] Déclaration de M. Laurent Fabius, ministre des affaires étrangères, sur la diplomatie économique, à Paris le 18 janvier 2013. http://discours.vie-publique.fr/not...

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