// Vous lisez...

ELEMENTS DE REFLEXION SUR LES BMA

BMA suite...La raison d’état d’après Sarkozy dessaisie

La raison d’État dessaisie Depuis l’élection de Hollande, les juges disposent de moyens accrus pour enquêter sur l’enrichissement des chefs d’État africains. Après l’homme de main Bruno ITOUA les enfants SASSOU...... LIBÉRATION du 28/02/13 Par THOMAS HOFNUNG, VIOLETTE LAZARD

La raison d’État dessaisie Depuis l’élection de Hollande, les juges disposent de moyens accrus pour enquêter sur l’enrichissement des chefs d’État africains. LIBÉRATION du 28/02/13 Par THOMAS HOFNUNG, VIOLETTE LAZARD Pour l’avocat William Bourdon, fondateur de l’association anti-corruption Sherpa, « l’année 2013 sera celle des familles Sassou et Bongo ». Après avoir ciblé principalement celle du président de Guinée-Équatoriale, Teodoro Obiang Nguema (lire ci-contre), l’enquête dite des biens mal acquis a pris un tour nouveau à la mi-février. Plusieurs perquisitions ont été effectuées en région parisienne et dans le sud de la France, dans des propriétés appartenant aux proches des dirigeants congolais et gabonais, Denis Sassou-Nguesso et feu Omar Bongo Ondimba (mort en 2009). Des comptes bancaires ont également été saisis. Bras de fer. Depuis 2010, ces trois chefs d’État africains et leurs proches font l’objet d’une enquête diligentée par les juges Roger Le Loire et René Grouman pour détournement de fonds présumé et blanchiment. Après le bras de fer judiciaire durant le quinquennat de Nicolas Sarkozy, le parquet s’opposant systématiquement à des poursuites, la section française de Transparency International a fini par obtenir gain de cause en novembre 2010 devant la Cour de cassation. Le droit de l’association à se constituer partie civile a été reconnu, ouvrant la voie à une enquête inédite au niveau mondial sur les biens mobiliers et immobiliers acquis dans des conditions douteuses par des dirigeants étrangers. Aussitôt élu à Élysée, François Hollande avait d’emblée annoncé la couleur au gouvernement : pas question de freiner les investigations, déjà bien engagées, au nom de la raison d’État. Lors d’un déplacement à Dakar, en octobre, le successeur de Nicolas Sarkozy l’a répété, publiquement cette fois. Et s’il a reçu à Élysée son homologue gabonais, Ali Bongo (fils d’Omar), les numéros 1 congolais et équato-guinéen sont « blacklistés » à Paris. François Hollande et Denis Sassou-Nguesso ne se sont vus qu’une fois, à Kinshasa (R.D. Congo), en marge du sommet de la Francophonie cet automne. Depuis peu, les magistrats disposent de moyens accrus pour mener à bien leurs investigations : ils ont ainsi obtenu la nomination d’un second officier de police dédié à plein temps à cette affaire. La perquisition qui a eu lieu dans une villa à Neuilly-sur-Seine appartenant à l’une des filles de Sassou-Nguesso a suscité une très forte inquiétude à Brazzaville : le président congolais a aussitôt dépêché à Paris l’un de ses hommes de confiance, Jean-Dominique Okemba, rapporte la Lettre du continent. Ce dernier, qui avait été décoré de la Légion d’honneur, en février 2011, par Nicolas Sarkozy, aurait été chargé de mesurer l’étendue des dégâts et, peut-être, d’anticiper les prochains coups de boutoir que ne manqueront pas d’asséner des deux juges français. « Prête-noms ». Le 6 février dernier, les magistrats ont demandé un réquisitoire supplétif pour élargir leur enquête aux années 2010 et 2011. Selon un rapport de police, que Libération s’est procuré, « les acquisitions mobilières et immobilières des membres ou proches des familles Nguema Obiang, Sassou-Nguesso et Bongo ont perduré via des prête-noms jusqu’à la fin 2011 ». Et de citer l’exemple de la société de transport Franck Export qui, agissant « comme une véritable banque », a réglé des factures « pour le compte de membres de la famille Sassou-Nguesso ».

Commentaires