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Affaire des disparus du Beach : l’opposition interne contre un procès à B/ville

Disparus de Brazzaville : l’opposition dénonce une "parodie de justice" au Congo

BRAZZAVILLE, 20 juil (AFP) - Quelque 13 partis et associations de l’opposition congolaise ont dénoncé mardi une "parodie de justice" organisée au Congo sur l’affaire des réfugiés disparus en 1999 et estimé que seule la procédure ouverte en France permettrait un procès "équitable".

Disparus de Brazzaville : l’opposition dénonce une "parodie de justice" au Congo

BRAZZAVILLE, 20 juil (AFP) - Quelque 13 partis et associations de l’opposition congolaise ont dénoncé mardi une "parodie de justice" organisée au Congo sur l’affaire des réfugiés disparus en 1999 et estimé que seule la procédure ouverte en France permettrait un procès "équitable".

"La parodie de justice organisée à Brazzaville ne servira qu’à protéger les présumés criminels, à sauvegarder les intérêts du pouvoir et à mettre un black out sur l’affaire", affirment ces partis et associations dans une déclaration remise mardi à l’AFP.

"L’affaire des disparus ne trouvera un dénouement équitable que dans une procédure devant les tribunaux indépendants tel que celui de Meaux (banlieue parisienne)", estiment-ils.

"L’opposition congolaise interpelle la France, pays des droits de l’homme pour qu’elle place les intérêts supérieurs du peuple congolais au-dessus de la simple amitié qu’elle entretient de manière sélective avec certaines autorités congolaises", poursuit cette déclaration, publiée au moment où le président congolais Denis Sassou Nguesso est en visite à Paris où il a été reçu par Jacques Chirac.

En mai et juin 1999, des centaines de réfugiés congolais qui rentraient d’exil en République démocratique du Congo (RDC) où ils avaient trouvé refuge après avoir fui la guerre civile dans leur pays, ont été arrêtés à leur arrivée au beach (port fluvial) de Brazzaville par les forces de sécurité, selon leurs familles, et sont portés disparus.

Trois rescapés congolais et des familles des disparus ont porté plainte en 2001 au tribunal de Meaux pour crimes contre l’humanité, contre quatre dirigeants congolais, dont le président Denis Sassou Nguesso.

La justice congolaise a ouvert une instruction pour faire la lumière sur cette affaire.

Le président Sassou Nguesso a promis qu’un procès libre et équitable serait organisé au Congo, tout en soulignant que l’affaire des disparus faisait l’objet d’une manipulation politique.

"L’opposition congolaise relève avec dépit et indignation la logique des injures faites à la mémoire des victimes, à l’endroit de leurs familles et partant du peuple congolais. Elle constate la légèreté des propos du président de la république du Congo et ses collaborateurs, chaque fois qu’il s’agit de certains dossiers sensibles notamment ceux des exilés, de justice et des questions socio-économiques", ajoute la déclaration.

L’opposition se dit "surprise de l’empressement avec lequel le chef de l’Etat français" a assuré son homologue congolais "quant à l’accès du Congo à l’initiative des pays pauvres très endettés", alors qu’il "reste sourd et muet" à ses "demandes sans cesse répétées" sur la tenue d’"un dialogue véritablement sans exclusive au Congo".

Ce soutien est apporté alors que, d’après l’opposition, "le Congo est cité parmi les pays à gestion opaque et calamiteuse".

"Soucieuse de la préservation de l’amitié entre le Congo et la France, l’opposition congolaise demande instamment à cette dernière de se résoudre à s’impliquer une fois pour toutes dans la crise congolaise à l’instar de celle de la Côte d’Ivoire, du Burundi, du Soudan et de la République démocratique du Congo", indique encore la déclaration.

L’opposition demande le retour des anciens dirigeants en exil, y compris ceux qui ont été condamnés par contumace par la justice congolaise pour qu’ils "purgent leur peine au Congo".

L’ancien président déchu Pascal Lissouba, ses ex-premiers ministres Bernard Kolélas et Joachim Yhombi Opango ont été condamnés par la justice pour des crimes économiques ou des assassinats.

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