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Sassou Nguesso ou l’irréssistible ascension d’un pion de la Françafrique

NOTE DE POSITION Novembre 2011

NOTE DE POSITION « Si l’écho de leur voix faiblit, nous périrons tous » (Paul Eluard)

Kadhafi est mort ! Et quand un dictateur disparaît, c’est un peu de liberté qui pousse. Du moins, on l’espère. Mais qui peut croire que du macabre spectacle de lynchage qui nous a été donné à voir, pourraient sortir la liberté et la démocratie en Libye ? Qui peut croire que les « rebelles » qui ont sommairement exécuté un ancien dirigeant prisonnier et blessé pourraient avoir des états d’âme à exécuter leurs autres prisonniers qui se comptent au jour d’aujourd’hui par milliers ? interroge à juste titre Ronny Braumann. Quels que soient les griefs qui seront retenus par l’histoire contre un régime autoritaire et fantasque, la fin pathétique de son ancien dirigeant est à elle seule un mauvais présage qui annonce des lendemains moins heureux que ce que la propagande des médias occidentaux laisse entendre, finit-il par conclure. A cet égard, le comportement des « rebelles » vis-à-vis de la population noire (libyens ou non) ou des hommes de couleur un peu trop sombre à leur goût, systématiquement assimilés à des mercenaires à la solde de Kadhafi, laisse interrogatif et augure mal d’un futur vivre ensemble débarrassé des stigmates du passé et en particulier d’une fragmentation géo-tribale que les dirigeants du CNT psalmodient sans convictions. Tout porte à croire qu’il n’en sera rien. Liés par la seule volonté de chasser du pouvoir le Syrtois Kadhafi, son clan et sa tribu, et s’étant trouvés des boucs émissaires de circonstance, il est à craindre que l’avenir ne réserve, si on y prend garde, des lendemains qui déchantent à ce pays et au monde. Mais, gardons nous d’insulter l’avenir.

Mais, si l’on peut (et l’on doit) condamner les conditions et les circonstances de la mort de Kadhafi ainsi que le rôle parfaitement discutable de l’OTAN dans la résolution de la crise libyenne, la disparition de ce régime tyrannique inscrit dans le paysage libyen et international depuis près de 42 ans, est un soulagement pour tous les démocrates. Une bouffée d’oxygène supplémentaire après la fuite peu glorieuse du dictateur tunisien Ben Ali, chassé du pouvoir par la pression populaire, et la chute du raïs Egyptien Moubarak, sous les coups de boutoir d’une population exsangue, lasse d’un pouvoir autocratique, corrompu et liberticide.

Le vent qui vient d’emporter trois dictatures au Maghreb, épargne (pour l’instant ?) l’Algérie. L’expérience douloureuse de la période de plomb, de lutte contre les islamistes, explique sans doute en partie, le « calme » apparent qui y règne.

Au sud du Sahara, les dictateurs du champ ne paraissent guère tirer les leçons du « printemps arabe » et du sort de leurs homologues en dictature. « C’est que rien ne sera acquis par procuration, répond l’historien camerounais Achille Mbembe. L’Afrique subsaharienne, poursuit-il, devra inventer ses propres modèles de lutte ».

Comme pour marquer la singularité de la situation de son pays et son refus de concéder la tenue d’une conférence nationale réclamée en son temps par la population, Paul Biya avait martelé de façon définitive : « Le Cameroun, c’est le Cameroun ». Ce qui était vrai hier l’est encore plus aujourd’hui. Aidé par une population exsangue, paupérisée comme jamais auparavant, baignant dans le liquide amniotique de la corruption, prise en otage par un régime sécurocrate soutenu par des complicités extérieures, Paul Biya, le « président lion », après 29 ans de pouvoir sans partage, vient d’être « triomphalement réélu » par les camerounais reconnaissants pour un 6ème mandat de 7 ans. Il a un record à battre, celui de Kadhafi. A 78 ans, il a toute la vie devant lui et tant à donner encore à ses chers bien aimés compatriotes. « Des Camerounais qui ne sont plus que le reflet de l’inertie et de l’apathie d’une société en proie au syndrome de Stockholm » juge Jean Jacques EKINDI.

Au Gabon, auront lieu dans quelques jours, des élections législatives. Tout être doué d’un minimum de bon sens, ne peut imaginer une défaite du successeur autoproclamé de son père. D’autant qu’en l’absence d’introduction de la biométrie dans le processus électoral (gage de transparence pour une opposition échaudée par les précédents scrutins), les principaux partis d’opposition viennent d’annoncer leur refus de participer à ces élections et affichent leur volonté d’en boycotter le déroulement. Nul doute également qu’Ali Bongo, conforté par la présence à ces élections d’opposants de seconde zone, passera en force et que les chiffres de participation officiels seront plus qu’honorables et en faveur de la majorité présidentielle. Résultats qui seront naturellement avalisés par la commission électorale nationale et autonome permanente (CENAP), confirmés par la cour constitutionnelle et repris par les soutiens extérieurs du régime, français en pôle position. Les protestations de l’opposition n’y changeront rien. L’armée contiendra toute manifestation publique de protestation et matera d’éventuelles révoltes.

Plus délicate en revanche, est la position du chef d’Etat tchadien. Si au cours de ses 20 ans de règne, Idriss Deby a trouvé auprès de la France son principal soutien extérieur, la Libye fait figure d’allié n°2 tant au plan financier que politique. La disparition du dirigeant libyen signifie la perte d’un allié essentiel qui, malgré le tumulte de leur relation, a néanmoins facilité la reddition de nombreux opposants. En effet, le paradoxe de la géopolitique régionale est qu’après avoir été une force déstabilisatrice, la Libye a contribué à la pacification relative du Tibesti, région située à la frontière des deux pays. Le nord du Tchad et le sud de la Libye ont en effet en commun un groupe ethnique, les Toubous, longtemps opposés au régime de N’Djamena. Et, lorsqu’elle ne les a pas directement parrainés, Tripoli a été étroitement associé aux différents accords de paix entre le gouvernement tchadien et groupes armés Toubous opérant dans le Tibesti. Or, à la faveur du conflit libyen, les relations entre Ndjamena et Tripoli se sont brusquement tendues, le CNT accusant le Tchad de fournir en mercenaires Kadhafi, ce à quoi celui-ci a répondu en émettant des doutes sur la capacité (ou la volonté) du CNT d’être un véritable rempart contre le terrorisme islamique qui menace le Sahel. C’est donc un régime hostile à N’Djamena qui vient de s’installer à Tripoli et une mauvaise nouvelle pour le gouvernement tchadien.

A l’Est, les contrecoups de la crise libyenne sont perceptibles dans le positionnement des dirigeants Tchadiens et Soudanais. Si le président tchadien s’est empressé de souligner le péril islamiste en cas de chute de Kadhafi, le chef de l’Etat soudanais, Omar El Béchir, islamiste en diable, a pris fait et cause pour le CNT dont l’inclinaison islamique a été affirmée par son principal dirigeant. Voisin imprévisible (Kadhafi) devenu l’allié encombrant mais utile des puissances occidentales, celles-là mêmes à qui il doit un mandat d’arrêt international de la CPI pour crimes de génocide, crimes contre l’humanité et crimes de guerre au Darfour , Omar El Béchir sécurise son environnement avec un tel soutien et parie sur la solidarité d’un voisin dont il croit partager les choix idéologiques et la haine de l’ex guide. En revanche, le soutien d’Idriss Deby à Kadhafi, en contravention avec l’action de la « communauté internationale » et en particulier du parrain français, ne peut être compris qu’à l’aune des garanties de sécurité indiscutables apportées sur son flanc nord par le puissant voisin libyen et de l’existence de rapports économiques de quasi-dépendance liant l’économie du Tchad et de la Libye. Une grande partie du Nord du Tchad dépend en effet économiquement strictement de la Lybie. D’autre part, ce pays a massivement investit chez son voisin dans le domaine immobilier, industriel, agricole, énergétique, des télécommunications et bancaire . Des investissements réalisés intuitu personae et dont la pérennité devient problématique du fait du changement du régime à Tripoli.

Mais, Idriss Déby en a vu d’autres. La crise libyenne, n’est pas la première tempête régionale que doit traverser son régime. Depuis 20 ans, celui-ci a fait preuve d’une remarquable faculté d’adaptation face aux soubresauts de son environnement. De plus, la « communauté internationale » (entendez la France) qui a littéralement installé le CNT dispose « d’arguments » suffisants pour inciter les nouveaux dirigeants libyens à la « mesure » et à éviter toute déstabilisation du régime allié de N’Djamena. Quant au Soudan, les rapports entre Idriss Deby et Kadhafi n’ont pas empêché la conclusion d’accords de sécurité entre N’Djamena et Khartoum, accords ayant permis de contenir sinon de neutraliser la rébellion de l’Est. Il n’en reste pas moins qu’un régime non ami à Tripoli ne peut être que source de préoccupation pour la politique intérieure et la géopolitique régionale du régime tchadien (Le nombre de migrants tchadiens en Libye est estimé à près de 500000 personnes . Et, selon des organisations humanitaires, depuis le déclenchement de la crise libyenne, près de 83244 tchadiens et autres sont rentrés de Libye (OCHA, 31 Octobre 2011).

Au Congo Brazzaville, des associations proches du pouvoir de Brazza se sont élevées contre l’assassinat du « guide » libyen, exigeant une commission d’enquête internationale sur les circonstances de sa mort. Hommage du vice à la vertu. Cette bravade prêterait à sourire si ces « révoltés » n’étaient les soutiens d’un dictateur de la pire espèce, commanditaire de nombreux crimes de sang, auteur entre 1997 et 2002 d’une guerre de conquête du pouvoir puis de représailles contre les civils avec à la clé des dizaines de milliers de morts, poursuivi devant les tribunaux français pour crimes contre l’humanité et tortures dans l’affaire dite des « 353 disparus du Beach », n’échappant aux poursuites qu’à la faveur de son immunité de chef de l’Etat conjuguée aux puissantes protections de la françafrique dont il est l’un des piliers tropicaux. Le parcours sanglant de cet homme, Sassou Nguesso, à la tête du Congo depuis 25 ans , ne l’envie en rien au règne de Kadhafi (réalisations économiques en moins). A ses côtés, Laurent Gbagbo, le nouvel hôte de la prison du CPI, fait figure de nain. « Tout juste » 3000 morts sur le dos. Lui, en comptabilise des dizaines de milliers à l’ombre (ou sous le parapluie) de la « communauté internationale » (entendez, la France). Rien là d’anormal. Laurent Gbagbo a commis le crime impardonnable d’avoir conquis le pouvoir contre le choix du ou des candidats officiels de la françafrique. A ses yeux (et à ceux de bon nombre d’ivoiriens), il est arrivé au pouvoir par effraction. Et, malgré les marques d’attention et de soumission de ce dernier à la françafrique, rien n’y fera. C’est un pestiféré. Sassou, lui, n’a jamais fait mystère de sa position assumée de garant des intérêts français. Ce dévouement, cette docilité méritent récompense et en particulier, que l’on ferme les yeux sur les exactions de son régime. En 1977, il ordonne l’assassinat du président Marien Ngouabi lequel contrariait les intérêts français et en fait porter la responsabilité sur son prédécesseur Massamba Débat exécuté sur le champ. Dans un accès de folie meurtrière, une cinquantaine de personnes sont passées par les armes pour « complicité d’assassinat » dont un illustre homme d’église, le cardinal Emile Biayenda. Suivront 12 années de pouvoir sans partage et de violence. Le boom pétrolier des années 80 se traduit par une fantastique course aux éléphants blancs et au bout, un pays ruiné, le plus endetté au monde par tête d’habitant. Il ne résistera pas à la fièvre des conférences nationales des années 90 et sera sèchement éliminé dès le premier tour des présidentielles de 1992. Une mise à l’écart mal vécue. Avec la bénédiction et le soutien d’Elf, il renverse 5 ans plus tard (octobre 1997) son successeur (Pascal Lissouba) à l’issue de 5 mois de combat meurtriers dans Brazzaville livrée à la furie de ses miliciens épaulés par des génocidaires hutus et des soldats de l’ex maréchal Mobutu réfugiés au Congo. Aux côtés de ces hommes combattent des mercenaires venus d’horizons les plus divers. Près de 22000 civils y laisseront la vie (source CIMADE). Les représailles contre les populations du Sud jugées hostiles à son régime, multiplieront ce chiffre à une échelle inégalée. Des centaines de milliers d’habitants des quartiers Sud de Brazzaville se refugieront dans l’hinterland (Pool) dont les ressortissants seront traqués pendant 4 ans (1998-2002) par la soldatesque de Sassou. Massacres, viols, humiliations seront leur quotidien dans l’indifférence générale des médias occidentaux. Des états de services passés sous silence par la « communauté internationale ». L’homme est un bon client de la françafrique et mérite les égards dus à sa fidélité jamais prise en défaut. La « stabilité » de son régime est par conséquent régulièrement encensée par les autorités françaises dont les entreprises peuvent ainsi conserver leurs positions monopolistiques, truster les marchés juteux souvent conclus de gré à gré, et profiter pleinement des richesses de ce pays dont les habitants sont privés car tenus en joue par le « stabilisateur ». Ces derniers savent ce dont cet homme est capable. Et, il le leur rappelle à chaque échéance électorale pourtant sans surprise. Le chantage à la paix qui leur est fait en permanence, signe caractéristique des dictatures les plus sournoises, semble avoir fini de lobotomiser même les esprits les plus endurcis. Point de manifestation publique ni de contestation du régime au Congo. L’opposition est à peine tolérée, les syndicats sont caporalisés, la société civile peine à se faire entendre, sa voix est par ailleurs couverte par celle des associations proches du régime. Deux précautions en valant mieux qu’une, la milice qui fait office d’armée veille au grain. Son renforcement est vital. C’est pourquoi le régime investit massivement dans les forces armées et de sécurité alors même que le pays est dans une situation de non guerre qui ne justifie pas pareils investissements. Ainsi, à la lecture de la loi de finances 2010, 167 milliards et 385 millions de FCFA ont été consacrés à la défense et à la sécurité publique contre 103 milliards 439 millions pour la santé et 146 milliards 264 millions pour l’enseignement. Faut-il le rappeler ? La France est la principale pourvoyeuse en Matériel militaire du régime de Brazzaville en même temps que son principal partenaire économique. L’on voit bien où sont les priorités du régime et tout l’intérêt de son maintien en place pour Paris. Au besoin, le formidable pouvoir de corruption que lui procure la manne pétrolière ne laisse pas indifférent une certaine classe politique française grassement lubrifiée par les pétro-CFA et manifestement demandeuse. Même le pestiféré Gbagbo y aurait été de son obole . Mais il était écrit qu’il n’avait définitivement pas le profil car, tout ne se résume pas, comme on veut nous le faire croire, à une affaire de vandalisme électoral, de déni de démocratie, de dictature. Sinon, « que dire des successions de père en fils au Congo-Kinshasa, au Togo et au Gabon, ou encore des hold-ups électoraux à répétition au Cameroun, au Congo, et dans presque toutes les satrapies de l’Afrique centrale, en Guinée, au Burkina-Faso et ailleurs ? interroge Achille MBembe. Nul émoi de la « communauté internationale ». Le dévoiement des élections dans le cadre du multipartisme est devenu un sport national en Afrique. L’appui indéfectible de la « communauté internationale » à ces régimes a ainsi fini d’ôter toute crédibilité aux sermons de cette prétendue « communauté internationale ». « La liste est en effet longue des « bonnes dictatures » que les tenants de la bonne conscience mondiale continuent de sponsoriser à travers la planète et dont les dirigeants criminels sont reçus sur tapis rouges et à coups de fanfare dans les capitales occidentales ».

Sassou Nguesso est de ceux là. Après tant d’années au pouvoir, il n’a d’autre ambition et de stratégie que la durée. Tous les autres objectifs d’un pouvoir normal, développement, éducation, santé, sécurité, s’estompent devant celui-ci. Comme ses pairs en dictature, il consacre 90% de son temps à consolider son pouvoir plutôt qu’à construire un Etat de droit incompatible avec l’idée de pouvoir absolu, de libre choix. Pour perpétuer et conserver le pouvoir, ces satrapes (dont il est) ont développé un véritable instinct de reproduction. Enfants, cousins, neveux, frères, parents par alliance, membres du clan, squeezent tous les postes stratégiques et d’influence imaginables. Nous voici au royaume du Congo. Une dynastie se prépare. Les congolais sont les sujets d’un monarque absolu et sont traités comme tels.

On ne peut indéfiniment s’accommoder d’un tel mépris. Il s’agit donc de faire surgir le citoyen et refuser cette position humiliante et dégradante d’être spectateur de sa vie. La tache est rude mais pas impossible. Une fois de plus, rien ne sera acquis par procuration. Un immense travail de sens s’impose impérativement. Il porte sur le rapport aux autres, au sens du politique et de la démocratie, qui ne saurait se limiter à la mystique des élections ni au multipartisme. Il s’agit aussi de briser le mythe incapacitant de la prédominance de la conscience ethnique sur la conscience de classe, puissant levier qui permet de s’objectiver aussi bien en être social, politique et économique. La technique du « diviser pour régner » dont les dictateurs africains sont des experts aurait ainsi plus de mal à s’enraciner. Agir pour que les congolais prennent leur destinée en main, réclament leurs droits, vaste programme pour l’élite et les acteurs politiques soucieux d’un changement véritable. Vaujours le 12 décembre 2011


1Contre les groupes ethniques Fours, Massalits et Zagawas, Idriss Deby étant lui-même Zagawas 2Construction d’un complexe immobilier à N’Djamena, financement d’une usine d’eau minérale, prise de participation dans la Banque Sahélo-Saharienne pour l’investissement et le commerce, travaux d’un complexe commercial libyen lancé en 2010, acquisition pour 90 millions de dollars de la société de communications du Tchad etc (Thierry Vircoulon-Saad Adoum) 3Source OMI-2010 4Entre avril et juin 1999, des Congolais (de Brazzaville) réfugiés du fait de la guerre civile en République démocratique du Congo (RDC), sont revenus vers Brazzaville par le port fluvial, suite à la signature d’un accord tripartite entre la RDC, la République du Congo et le HCR, définissant un couloir humanitaire censé garantir leur sécurité. A leur arrivée à Brazzaville, des centaines de personnes ont été arrêtées par des agents publics pour interrogatoire et ont disparu, sans que l’on sache, encore aujourd’hui, ce qui leur est arrivé. Douze ans après les faits, les familles des plus de trois cents personnes disparues au beach de Brazzaville attendent toujours que les auteurs de ces crimes odieux soient traduits en justice. 5 De 1979 à 1991, puis de 1997 à ce jour. 6Henri Konan Bédié et Alassane Ouattara 7Cf. déclarations de Robert Bougri et Mamadou Coulibaly 8Cela ne fait pas pour autant de lui le dernier des prophètes anti-impérialistes, loin s’en faut !

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