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Les Congolais parlent aux Congolais

Pétrole en Afrique : Or Noir, Misère Noire

Les revenus de la vente du pétrole ne profitent pas au développement du continent Extrait....... Par René DASSIÉ

Dix-sept pays africains produisent du pétrole dans des proportions différentes (Algérie, Libye, Egypte, Mauritanie, Tunisie, Soudan, Nigeria, Côte d’Ivoire, Ghana, Cameroun, Guinée Equatoriale, Congo Brazzaville, République démocratique du Congo, Angola, Afrique du Sud, Maroc, Gabon).

Biens mal-acquis

La situation est identique, sinon pire, au Gabon voisin, longtemps considéré comme un émirat pétrolier au centre de l’Afrique. Quarante-deux ans de règne sans partage de l’ancien président Omar BONGO ont laissé ce pays d’à peine un million et demi d’habitants économiquement exsangue et adepte des perfusions financières internationales.

Pourtant, même avec des réserves en baisse, le Gabon figure encore au 37e rang mondial des producteurs de pétrole, avec 234 000 barils par jour.

Loin de veiller au bien-être de ses concitoyens, feu Omar BONGO s’est davantage investi à financer les politiques français de gauche comme de droite avant l’argent du pétrole de son pays. Tout en multipliant ses possessions personnelles à l’étranger. De sorte que Libreville, la capitale, subit des coupures régulières d’eau et d’électricité, pendant que l’ancien président a été visé dans la plainte des ONG internationales pour biens mal-acquis.

En Angola, au Congo Brazzaville, et en Guinée équatoriale, les populations ne profitent pas mieux des milliards de l’or noir. Dans un rapport rendu public en mars 2010 et intitulé Time for transparency (l’heure est à la transparence), l’ONG britannique Global Witness a épinglé les pratiques de corruption dans l’univers pétrolier des trois pays. Le Congo Brazzaville traîne le niveau d’endettement par habitant le plus élevé du monde. Le montant total de la dette interne et externe du gouvernement y est de 11,5 millions de dollars (plus de 6,5 milliards de Fcfa). Pendant ce temps, ses dirigeants se repaissent de l’argent du pétrole.

Le procès de 37 anciens cadres supérieurs de la compagnie française Elf (devenue TotalElfFina puis Total) pour "abus de biens sociaux" a permis d’établir que le brut congolais était expressément sous-facturé. Une fraction du prix du baril était ensuite prélevée et, après quelques pérégrinations dans l’opaque système international, finissait sur des comptes off-shore des politiques congolais.

Ce que "le peuple congolais sait de ce que reçoit le pays de l’or noir, c’est le prix du pétrole mesuré, non pas en barils ou en dollars, mais en souffrance, en misère, en guerres successives, en sang, en déplacements de populations, en exil, en chômage, en retard des salaires, en non-paiement des pensions", se plaignaient les chefs des églises congolaises, dans une lettre ouverte adressée au Président SASSOU NGUESSO en 2002.

Comme le Cameroun, la République du Congo bénéficie aujourd’hui de l’initiative Pays pauvres très endettés (PPTE). A Paris, son président est l’objet d’une enquête judiciaire pour biens mal-acquis.

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