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Les Congolais parlent aux Congolais

Asie Dominique de Marseille ou l’irrésistible ascension d’un cancre

Asie Dominique de Marseille ou l’irrésistible ascension d’un cancre

D’après « Le Choc », équivalent congolais de « Kangura », journal des génocidaires Hutus, sous la dictée de Paul Biya et moyennant 975 millions CFA (rien moins que ça), la FCD aurait rédigé un livre anti Sassou . Jaloux de l’immense prestige international dont jouirait ce dernier, Paul Biya n’aurait pas trouvé mieux que le discréditer par livre interposé. Et voilà la FCD lestée d’une mallette au contenu fantasmagorique. Sa remise est un véritable roman feuilleton puisé dans les tréfonds d’un esprit torturé.

Démentir ce propos de caniveau serait se rabaisser à hauteur de ce larbin heureux et assumé qu’est Asie Dominique de Marseille, un interahmwe dans l’âme, égaré dans le journalisme ou ce qu’il croit en être. Inutile également de s’attarder sur le prétendu conflit de leadership en Afrique centrale entre Biya et Sassou.

Reste que le grossier mensonge de notre interahmwe refoulé met en réalité en lumière les méthodes policières de son maître à penser et à manger Sassou, surdoué de l’intrigue et expert ès montages policiers.

C’est ainsi que Massamba Débat fut exécuté après qu’il eût été faussement accusé d’avoir commandité l’assassinat de Marien Ngouabi en 1977. Pour faire bonne mesure, le cardinal Emile Biayenda, témoin gênant ou victime expiatoire, sera froidement assassiné et une trentaine d’autres innocents passés par les armes. Chassé du pouvoir en 1992 pour incompétence notoire, vol, gabegie financière, assassinats, le gaillard prétextera l’attaque de son domicile par des soldats de son tombeur Pascal Lissouba pour déclencher la guerre la plus sanglante que le Congo ait jamais connue (juin-octobre 1997). Au bout, son retour au pouvoir au prix de dizaines de milliers de morts. La tragédie des disparus du Beach trouve sa source dans l’appel au retour lancé par Sassou aux Congolais réfugiés en RDC. Près de 353 d’entre eux disparaîtront littéralement à leur arrivée au port fluvial de Brazzaville, le « Beach ». Pour court-circuiter la justice française saisie par des rescapés, la FCD et autres ONG, Sassou va organiser à Brazzaville un simulacre de procès où les chefs massacreurs du Beach seront purement et simplement blanchis, la responsabilité de ces massacres étant imputée à l’Etat, c’est-à-dire à personne. En matière de construction de scénario, Sassou ne manque pas de ressource et sait donner de sa personne. Les Congolais se surprendront à le voir pleurer à chaudes larmes devant la dépouille mortelle de l’homme dont il venait pourtant d’ordonner l’exécution, Marien Ngouabi, aussitôt élevé au rang de héros national, mausolée en prime. Le comble du cynisme. Un dictionnaire entier ne suffirait pas à lister les forfaits à son actif au point d’épuiser les conférenciers lors de la Conférence Nationale Souveraine.

Asie Dominique de Marseille est donc à bonne école. Epanoui auprès de son « horizon indépassable », il a trouvé son graal et s’est découvert une mission sacrée : pourfendre tout ce que la planète terre compte d’anti Sassou militants ou pas.

Soupçonné de faire de l’ombre à Dieu, le président Biya va en prendre pour son grade. Il l’accuse pêle-mêle de népotisme, clanisme, tribalisme, le traite de sanguinaire, de corrompu et dénonce la folie des grandeurs qui le consume pour avoir pris ses quartiers d’été 2009 dans deux palaces de luxe de la Baule (L’Hermitage et le Royal) mobilisant près de 43 chambres pour lui et sa suite pendant trois semaines. Coût du séjour, près d’1 million d’euros.

On ne résiste pas au plaisir de rappeler à ce crétin abouti (Asie Dominique de Marseille) qu’à la même période, Sassou se la coulait douce à Marbella, en Espagne, dans un palace du cru, aux frais du contribuable congolais. Deux ans plus tôt, déjà, le journal britannique The Sunday Times du 7 janvier 2007 titrait sur les frais d’hôtel pharaoniques de Sassou lors de deux visites à New York en 2006. En avril de cette année là, lui et sa délégation (plus de 50 personnes) avaient dépensé la modique somme de 201 millions FCFA pour un séjour de moins d’une semaine. En septembre, il remettait le couvert et 126,5 millions FCFA supplémentaires étaient déboursés en cinq nuits pour les 44 chambres occupées par les membres du clan. Le guide logé au Waldorf Astoria n’avait oublié ni son cuisinier, ni son photographe ni la coiffeuse de sa femme tous réfugiés au Crown Plaza Hôtel. Mars 2007, début de ce qu’il est convenu aujourd’hui d’appeler « l’affaire des biens mal acquis ». La FCD et des associations amies portent plainte à Paris contre des chefs d’Etat Africains pour « recel de détournement de biens publics et complicité » visant les biens immobiliers de luxe dont ces dirigeants et leurs familles sont propriétaires ou jouissent sur le territoire français. L’enquête confiée à l’Office central pour la répression de la grande délinquance financière (OCRGDF) révèlera que Sassou et sa famille possèdent plus de 18 appartements et hôtels particuliers et près de 112 comptes bancaires à Paris et en région parisienne. C’est le paradis sur terre pour ce grand homme.

Dans un pays où plus de 70% de la population vit en dessous du seuil de pauvreté, dans un pays où les malades redoutent de se rendre à l’hôpital de peur de n’en sortir que les pieds devant, dans un pays où l’on compte en moyenne 80 élèves par classe dans les écoles sans que cela n’émeuve papa national Sassou, plus que d’irresponsabilité, il s’agit là de crimes.

Sassou qui engloutit des millions de pétro-CFA en opérations de communication dans le but de faire oublier son image de satrape indécrottable doit se mordre les doigts d’un supporter aussi maladroit dont les saillies frénétiques et incontrôlées réactualisent cette image honnie. En effet, excepté Asie Dominique de Marseille, tout le monde a reconnu Sassou dans le portrait au vitriol dressé de Biya. Mais nous l’avons dit, au seul prononcé du nom « Sassou », Asie Dominique de Marseille pour paraphraser Freud, entre comme en « érection ». Les flatteries délivrées à son maître le comblent de bonheur, jouissance ultime. Toute critique s’apparente dès lors à un coït interrompu qui le rend hystérique. Imaginez cet homme une machette à la main….

La critique du livre (si tant-est que l’on puisse parler de critique) se résume à une allégation : le livre a été écrit par des odieux sudistes en mal de pouvoir contre les nordistes au pouvoir. Une parfaite illustration de la stratégie dite « diviser pour régner ». L’utilisation perverse de la thématique ethnique à mille lieux des questions posées par la FCD n’est pas pour nous surprendre. C’est ce que ces gens là savent encore faire le mieux. En panne prolongée de légitimité, infoutu de répondre aux aspirations les plus élémentaires de la population (travail, santé, éducation), le pouvoir se claquemure dans une posture de défense en forme de convocation de l’ethnie. Un vrai réflexe Pavlovien. La défense de la « citadelle assiégée » serait l’urgence. Le chômage massif des jeunes, l’impossibilité à joindre les deux bouts pour les travailleurs, le coût de la vie insupportable, le pouvoir d’achat réduit à sa plus simple expression, les difficultés à se faire soigner dans les centres de santé publics, l’enrichissement vertigineux et paradoxal des élites au pouvoir passeraient au second plan. Un jeu d’illusionnisme qui ne convainc plus que les ânes. Mais on en attendait pas moins de ce torchon tout à la gloire de Sassou et dont le lectorat tient dans une cabine téléphonique.

A la vérité, Asie Dominique de Marseille est un symptôme. Celui d’une république bananière qui abrite un régime illégal et impopulaire ne devant sa longévité qu’à la force, le mensonge, la manipulation et les soutiens françafricains. Il est comme dirait René Char « de cette sorte d’homme toujours en avance sur ses excréments » (Feuillets d’Hypnos).

Qu’on nous comprenne bien : La volonté de discréditer la FCD orchestrée par le régime de Brazzaville et mise en musique par le servile Asie Dominique de Marseille est un honneur pour nos militants. Elle est un encouragement à poursuivre le combat contre le régime liberticide, illégitime et oppresseur de Brazzaville. Le déshonneur eût été que « Le Choc » félicitât la FCD.

Contact FCD : 0683121292 ; 0622215044 ; 0611672962

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