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Communiqués et Lettres ouvertes

P o l l u t i o n, C o r r u p t i o n ...

Pollution, Corruption et Jeux de Massacres

Que se passe t-il à Pointe Noire ?

De Pointe Noire nous avons reçu de multiples informations de sources diverses. Menaces de marée noire sur le littoral ; le préfet a fait interdire les baignades sur toutes les plages du Kouilou. La SNPC parle tantôt de fuites d’hydrocarbures provenant de la plate forme Emeraude, tantôt d’une fuite de pipeline, ou d’une fuite en provenance du Cabinda. Une petite pollution tout bonnement maîtrisable...

Quelles sont les responsabilités ?

Le permis Eméraude des années 1970 d’ELF Congo avait été retrocédé dans les années 2000 à la Société Nationale des Pétroles Congolais, qui à l’occasion avait crée une autre société CONGO REP qui en est actuellement l’opérateur avec une participation sociale de 49% avec une autre société appelée Groupe PERENCO.. Le Parisien en son temps( Juillet 1999) parlait d’une cagnotte que le Congo voulait récupérer, quelques milliards que lui devait ELF. En réalité cette dette représentait les provisions pour les réhabilitations de ce forage et autres aléas comme les pollutions et les démantèlements du site. Le monde des hydrocarbures utilise souvent ce genre de subterfuges pour diluer ses responsabilités ou les occulter lors des accidents, pour ne pas assumer ses responsabilités. Pour le cas d’espèce, le discours est de désigner d’une façon indirecte le pays voisin qui comme par hasard est lui aussi "pétrolier". Pour les populations, pétrole angolais ou congolais, peu importe c’est une pollution grave avec des conséquences sanitaires et biologiques parfois irréversibles.

Qu’est ce qui doit être prévu pour remédier à cela ? Dans toutes les activités industrielles de surcroît très polluantes comme les industries pétrolières, une batterie de précautions est à prendre en amont : · Réalisation d’études environnementales donnant l’état initial du site appelé Environnemnt Baseline Study EBS tant climatique, biologoque ( biodiversité) que géographique des sites in situ et des pays avoisinants. · Etat épidémiologique et sanitaire des populations avoisinantes car c’est un pays ’’d’hommes’’· Création d’un compte à provisionner au fur et à mesure de l’exploitation pour financer les remises en état des sites exploités à la fin des activités productives · Création des structures de précautions capables d’intervenir dans l’urgence comme dans le continuel en cas de problèmes multiples. Celles-ci devraient être composées des institutions étatiques, de scientifiques de la Faculté des sciences et de l’ORSTOM, des ONG, des Industriels et des Elus locaux. · Existence d’une législation qui mette en place tous les principes de : précaution, de prévention, de contrôle et de suivi. Ces gardes fous servant de référentiels, car comme dit le jeu de mots ’’prévoir c’est gouverner’’

Que se passe t-il aujourd’hui ?

On assiste à une course panique, une non concertation des acteurs économiques et politiques face au désastre en cours. Les autorités concernées se défaussent devant leurs responsabilités, refusant d’assumer et d’informer au plus près les populations concernées. Elles parlent vaguement d’avoir mis des barrage flottants autour de cette nappe d’hydrocarbures.

La Fédération des Congolais de la Diaspora interpelle les autorités congolaises en leur posant les questions suivantes :

- Quel est le devenir de cette nappe d’hydrocarbures en tant que polluant ?
- La pomper, quand et où la stocker pour traitement ?
- Va t-on déplacer cette pollution à terre ?
- Si on la précipite sur place, a-t-on tenu compte du courant du Benguela très fort à cette époque de saison sèche, qui ramènera certaines boulettes sur le littoral ?
- Qu’est ce qui a été prévu en matières médicamenteuses dans les hôpitaux et pharmacies ?

Les évaporations des gaz à effet de serre contenus dans ces hydrocarbures sous l’effet de la température de près de 20°C, pouvant également se rabattre sur les communes du littoral, provoquant des accès de maladies bronchitiques et cutanées de toutes sortes.

Tout cela aura un coût.

- Qui sera le pollueur-payeur la SNPC ? CONGO REP ? ou les deux solidaires Quelle sera la responsabilité du Groupe PERENCO ?
- Enfin qu’a prévu la nouvelle Espérance dans son légendaire savoir faire ?

Fait à Paris le 27 juin 2004

Pour la Fédération des Congolais de la Diaspora

Le Délégué Général

Benjamin MOUTSILA

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