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Politique

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Chasser le naturel, et il revient au galop

La FCD ne s’était pas trompée. Le retour sanglant de Sassou au pouvoir, n’augurait rien de bon pour les congolais en particulier, et l’Afrique en général. Seuls les naïfs ou les intéressés pouvaient croire à la conversion miraculeuse de Sassou à la démocratie. Les voilà forts marris, et les faits nous ont donné raison.

Après l’abrogation de la constitution qu’il prétendait seulement « mal appliquée » par son prédécesseur, massacres et vols ont atteint des records inégalés depuis 11 ans. Le corollaire d’une telle politique était naturellement le bâillonnement ou la mise au pas de toutes les organisations (partis, associations syndicats) susceptibles de contester la dictature en gestation puis la dictature tout court.

Après bien d’autres acteurs, l’association « Marien Ngouabi et Ethique », pourtant créée par des membres du parti dont il est le chef absolu, vient d’en faire les frais. Aux dires de ses dirigeants, deux de ses membres, viennent de faire l’objet d’une tentative d’assassinat visiblement avérée, après avoir illégalement été arrêtés.

Officiellement, on leur reprocherait la création (non autorisée par le fait du prince) de ladite association, en contradiction formelle avec la loi de 1901 pourtant en vigueur au Congo. Un paradoxe apparent quand on sait que Sassou se veut l’héritier de Marien Ngouabi, l’homme sans lequel il n’aurait jamais été qu’un obscur officier dans les bas fonds d’une des nombreuses casernes de Brazzaville.

Rien d’étonnant à cela en réalité. Après avoir éliminé physiquement le père pour prendre sa place, il entend désormais effacer sa mémoire qui le pointe de manière pesante comme son assassin, pour se refaire une virginité politique aux côtés des fripouilles du RMP.

Pour ce faire, il utilise son arme favorite : la force. Il s’y était déjà essayé lorsque pour régler un conflit entre « rénovateurs » et « conservateurs » du PCT, il dut faire appel à l’armée, son armée, pour imposer ses vues, c’est-à-dire, empêcher la tenue du 5ème congrès sous l’égide des membres de l’association « Marien Ngouabi et Ethique », anciennement, « conservateurs ».

Cela nous ramène à une triste réalité. L’homme qui préside (sans leur volonté) aux destinées du Congo, ne se fait aucune illusion sur son illégitimité ainsi que sur celle de son régime. Au plus fort d’une impopularité avérée, il entend épuiser puis soumettre les congolais par la force et la corruption Il veut des sujets et non des citoyens. Dès lors, aucune règle de droit ne doit lui résister, y compris les siennes propres.

La FCD appelle donc tous les démocrates à faire barrage à cet homme qui constitue un véritable obstacle à la création d’un Etat de droit, d’un Congo fraternel autour de congolais enfin réconciliés. Baisser les bras, c’est accepter le servage que le dictateur impose à la population, un voyage vers le néant. Les congolais ne le méritent pas. Vaujours le 13 juin 2008

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