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Politique

Lutte contre l’Impunité : les Miliciens à la Haye

Le Congo-Kinshasa extrade un troisième criminel de guerre présumé vers la Cour pénale internationale AP | 07.02.2008 | 17:22 Le Congo-Kinshasa a arrêté et extradé vers la Cour pénale internationale (CPI, basée aux Pays-Bas) un colonel de son armée accusé d’avoir commandé une attaque meurtrière en 2003 sur un village de l’est du pays où il était devenu le chef d’une milice rebelle, a annoncé la CPI, jeudi.

Mathieu Ngudjolo Chui, ancien membre du Front des nationalistes intégrationnistes (FNI) qui avait récemment rejoint les rangs de l’armée régulière comme d’autres chefs miliciens, a été remis aux autorités à Kinshasa mercredi et devrait arriver au centre de détention de la CPI plus tard dans la journée. Il s’agit du troisième suspect congolais déféré devant l’instance onusienne à La Haye, après Thomas Lubanga et Germain Katanga.

Ngudjolo est accusé d’avoir commandé les forces du FNI -avec notamment des enfants soldats- qui avaient attaqué le village de Bogoro dans la région de l’Ituri dans l’est du pays en 2003.

Selon les autorités congolaises, "il lui est reproché entre autres d’avoir joué un rôle essentiel dans la conception et la mise en oeuvre du massacre du village Bogoro, de l’attaque des civiles ressortissants de l’ethnie hema avec la participation active d’enfants de moins de 15 ans". Le suspect est aussi poursuivi pour le meurtre d’environ 200 civils, et des arrestations arbitraires.

Il est sous le coup de trois inculpations pour crimes contre l’humanité pour meurtre, esclavage sexuel et actes inhumains. Il est également accusé de six autres crimes de guerres dont l’utilisation d’enfants soldats.

Le 18 octobre dernier, le chef présumé d’une milice congolaise accusé de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité et d’avoir orchestré le massacre de 200 villageois avait été déféré à la CPI.

Germain Katanga, surnommé "Simba", était le chef présumé de la Force de résistance patriotique dans l’Ituri et se serait rendu coupable de six crimes de guerre et trois crimes contre l’humanité dans la province volatile.

Katanga était le deuxième suspect déféré après Thomas Lubanga, un seigneur de guerre opérant dans la même région du nord-est de la République démocratique du Congo (RDC, Congo-Kinshasa).

Le 29 janvier 2007, Thomas Lubanga avait renvoyé devant la justice pour avoir enrôlé des enfants soldats. La Cour pénale internationale (CPI) avait confirmé l’acte d’accusation de l’ancien chef de guerre congolais, qui sera la première personne à être jugée par cette instance à La Haye.

Détenu aux Pays-Bas, l’ancien chef de l’Union des patriotes congolais (UPC) est sous le coup de trois chefs d’inculpation pour l’enrôlement et la conscription d’enfants de moins de quinze ans et pour les avoir fait participer au conflit sanglant dans l’Ituri, en 2002 et 2003. Il risque la prison à perpétuité. AP

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