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Guillotine sur les associations au Congo

La loi du 1er juillet 1901 sur les associations, autorise la création, et surtout, postule la liberté desdites associations. Les conditions de son arrivée au pouvoir en 1997, n’ont pas permis au dictateur congolais de l’abroger comme il le fera pour la constitution de 1992. Dans le contexte dictatorial du Congo, ces associations constituent naturellement des contre pouvoirs nécessaires. Porte paroles des sans voix, notamment dans le domaine de défense des droits de l’homme, leur action permet de mettre en lumière la face cachée et hideuse du régime congolais tout en fragilisant l’édifice de silence mis en place à coups de meurtres et de menaces. A peine tolérées par le régime Nguesso habitué à l’aplatissement généralisé des partis politiques traditionnels adeptes de la politique de la mangeoire, il va sans dire que leur existence relève de l’équilibrisme permanent. La dictature vient récemment d’en apporter la preuve. Ainsi :

- le conseil de la « liberté » de la communication (inféodée au pouvoir et sans prétention réelle), en violation de ses attributions et de l’article 166 du titre XII de la constitution qui lui confie la mission de veiller au bon exercice de la liberté de l’information et de la communication, n’a-t-il pas hésité à suspendre le journal « Talassa » qui, dans un article du 23 novembre 2007, avait osé soumettre à un examen critique les promesses de M Sassou Nguesso en miroir aux réalisations quasi nulles du gouvernement ;

- de même, suite à une communication du 8 janvier 2008 de l’OCDH sur les élections locales à venir, communication appelant notamment, à reporter ces élections faute de liste électorale fiable, et, à mettre en place une Commission électorale véritablement indépendante, le Président de cette organisation s’est vu illico convoqué à la direction de la police nationale dirigé par le sinistre général Ndenguet, en présence d’officiers supérieurs non moins inquiétants, Allakoua, Tsoumou Mounkala, tous quatre, tristement célèbres pour leur propension à la répression de masse, et dont la responsabilité est mise en cause (pour certains) dans le drame des disparus du beach. Motif : immixtion dans le domaine politique. S’exprimer sur la tenue régulière et démocratique des élections serait donc assimilé à un crime, ou plutôt et selon les termes de leurs auteurs, une « collusion avec l’opposition et avec des puissances étrangères » ! Il s’agit là d’une accusation grave et inquiétante quand on sait le pedigree des auteurs de ces menaces.

Ces méthodes d’un autre temps, qui n’ont pour seul but que bâillonner les organisations civiles non inféodées au régime, ne peuvent être tolérées. Monsieur Sassou rêve d’une société de godillots, qui courbe l’échine et applaudit ses méfaits. Un régime de serfs et d’esclaves. Il se trompe d’époque.

La FCD appelle tous les démocrates à la vigilance face à un homme qui n’a pas hésité à mettre son pays à feu et à sang pour s’emparer du pouvoir et manifeste une allergie avérée à toute expression démocratique. Notre silence ne pourrait être qu’un encouragement aux velléités répressives du tyran et ferait courir un risque non négligeable aux forces libres de la société civile. Sassou Nguesso, ne l’oublions pas, n’en est plus à un crime prêt.

Fait à Vaujours le 16 janvier 2008

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