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Qui sommes-nous ?

MANIPULATION ou RECUPERATION ???

Le 7 juillet 2007, les congolais ont appris avec amusement, la création d’un « Conseil représentatif de la diaspora du Congo » qui serait plus tard suivi d’un gouvernement « libre » du Congo. Cela rappelle étrangement les éphémères Parlement Libre du Congo (PLC), le Recours des Congolais de l’Etranger (RCE) et le gouvernement par intérim du Congo avec pour siège Bordeaux, dont les dirigeants se sont par la suite illustrés dans une collaboration sans retenue et continue avec le dictateur Sassou par leur soutien au pseudo « dialogue national sans exclusive » ainsi qu’à la tenue des « élections » de 2002 qui ont permis de légitimer la dictature en place.

Les initiateurs de ce projet de seconde main se sont naturellement autoproclamés dirigeants du « comité de pilotage et de supervision » de cette grande œuvre. Outre le peu de sérieux d’une telle démarche, on ne peut que s’interroger sur les objectifs et les ambitions de leurs auteurs. S’il paraît difficile de remettre en cause les compétences professionnelles de ces derniers par ailleurs lourdement soulignées, en revanche, il ne fait guère de doute que nous avons affaire à de piètres politiciens mais de vrais pieds nickelés.

Leur démarche parle pour eux. Invitations lancées la veille pour le lendemain. Ordre du jour évanescent. Nulle indication quant aux « associations, partis politiques, ONG et membres de la société civile » desquels ils auraient reçu mandat pour mener une telle entreprise. Il s’agit là de méthodes méprisables et indignes lorsque l’on ambitionne de diriger des hommes et de gouverner la cité. Du Sassou tout craché lequel Sassou parle également au nom des Congolais dont il n’a en réalité reçu aucun mandat.

Ces politiciens peu inspirés ont inauguré quelques mois plus tôt, la concertation citoyenne des ressortissants du Pool pour la recherche de la paix, souscrivant naïvement à l’idée pernicieuse véhiculée par Sassou et ses sbires que les populations du Pool seraient responsables de leur martyre du fait de leur caractère et de leur animosité congénitale envers leurs compatriotes qu’ils mépriseraient au point de ne pas supporter que nul autre qu’eux n’exerçât le pouvoir. D’où ces cérémonies ahurissantes de repentance, de mea culpa, d’auto-flagellation publiques et d’absolution du criminel pasteur Ntoumi, devenu Frédéric Ntoumi Bintsamou coauteur avec Sassou des pires crimes contre l’humanité (Rapport Diocèse de Kinkala : Construire la paix juillet-septembre 2000 ; Cf. Rapport Caritas-Congo, Caritas-France et Catholic Relief Services "le Pool : une population abandonnée " novembre 2004, Rapport ONU : Le Pool, une crise humanitaire négligée avril-août 2004). Disons le clairement, le drame du Congo à un nom : Sassou, cet homme qui comme disait le poète David Diop, « compte en cadavres les étapes de son règne ». Oui, du Nord au Sud et d’Est en Ouest, les populations du Congo sont soumises à la même dictature qui ne survit que par sa capacité à inspirer la peur, à dresser les populations les unes contre les autres et à corrompre. N’a-t-il pas déjà été rendu seul responsable d’assassinats lors de la Conférence Nationale Souveraine en 1992.

Sortant soudain d’une collaboration active, nos héros, subitement, s’en souviennent. Ils n’ont pas de mots assez durs envers le tyran kleptocrate. Un retour de mémoire surprenant. L’angle d’attaque choisi par nos amis, la dénonciation du pillage de l’économie nationale par Sassou et son clan (à la faveur de la plainte déposée au mois de mars dernier par trois associations dont la FCD) peut prêter à sourire : Car, Sassou n’a pas changé. Voleur il a été, voleur il est, voleur il restera. Rappelons que déjà en 1992, la CNS l’avait sans qu’on y donne suite, fait obligation à payer une indemnité forfaitaire d’1 milliards de FCFA pour mauvaise gestion des ressources naturelles. Alors, opération de récupération ou prise de conscience tardive d’une réalité centrale dans notre pays ?

La Fédération des Congolais de la diaspora pour sa part renouvelle sa disponibilité inconditionnelle à combattre le régime dictatorial de Sassou mais dit que ce combat doit reposer sur des bases claires, et dans l’intransigeance absolue avec le régime de Brazzaville car il n’est de débat possible avec le dictateur et ses sbires que devant les tribunaux. Comme le dit l’adage, « on ne mange pas avec le diable, même avec une longue cuillère ». L’instauration d’un Etat de droit au Congo passe nécessairement par le combat contre l’impunité dont jouissent tous les criminels contre l’humanité et pilleurs de l’économie nationale qui appauvrissent le Congo, tuent et privent les congolais de leur avenir. Toute réconciliation ne pourrait survenir qu’après leur traduction en justice lors de procès équitables. La FCD rejette catégoriquement la coexistence des bourreaux et des victimes dans un même espace social sous prétexte de réconciliation nationale, une situation schizophrénique potentiellement porteuse de règlements de compte à venir. Les « pardon au peuple » médiatisés, les ralliements au dictateur transformés en acte de « réconciliation nationale » n’engagent que leurs auteurs et non la population martyrisée qui réclame justice. Celle-ci interviendra inévitablement mais sa survenance dépendra de notre capacité à dépasser les clivages politico-ethniques qui handicapent l’unité d’action et de notre détermination conjuguée à combattre sans répit et sans concession la dictature pour lui substituer un Etat où chacun a sa place et toute sa place. Nous le devons à tous nos morts (Ceux d’Owando et du pont de l’Alima dans la Cuvette, ceux de Brazzaville nord et sud, ceux du Pool et des pays du Niari Dolisie) et aux vivants qui ploient sous le poids de la misère imposée par Sassou et son clan.

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