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Politique

LA DEMOCRATURE CONTINUE...

Elections Législatives ou Le Bal des Guignols

On le sait maintenant, les guerres du Congo sont le fruit d’une manipulation orchestrée et financée par les multinationales occidentales via leur valet local Sassou Nguesso, les partis politiques toutes opinions confondues, participant allègrement à cette folie meurtrière. Résultat, des milliers et des milliers de morts, des sans abris en nombre équivalent, la misère sur toute l’étendue de la république.

Avec aplomb, les mêmes fauteurs de guerres, nous parlent aujourd’hui et sans complexe, d’élections. Ils ont donc décidé de nous resservir le même spectacle avec comme metteur en scène, Sassou Nguesso dont le parti vient de re-convoler en justes noces avec le MCDDI de B. Kolelas, l’UPADS déchirée en multiples tendances orphelines d’un P. Lissouba malade, le RDPS de Tchystère Tchicaya absent du territoire national pour cause de maladie enfin, l’UDR Mwinda d’André Milongo, pour les partis les plus "représentatifs". De l’autre côté de l’échiquier, frétillent les petits partis dit d’opposition, qui réclament à cors et à cris la mise sur pied d’une commission électorale indépendante "gage d’une élection réussie" selon eux. Une pièce de théâtre déjà visitée par le public congolais qui ne doute pas un seul instant du dénouement final : la "victoire éclatante" du camp présidentiel. Dès lors, qu’est ce qui justifie cet engouement irraisonné de la classe politique pour ces élections ? L’accès à la mangeoire dont les clés sont détenues par le satrape congolais.

Ces gens ont faim. Ils ont hâte de se servir. Aussi, se contentent ils régulièrement, en l’absence de programme, de dénoncer la "mauvaise gestion" des richesses nationales et d’exalter la "bonne gouvernance" à la sauce néo libérale pour complaire aux volontés les institutions de Bretton wood. La question de la nature de l’Etat, du système politique et économique, l’illégitimité avérée de Sassou, son bilan après 10 ans de règne sans partage, sont passés sous silence. "Il est là, il faut faire avec", nous répondent ils en choeur. Les victimes innocentes du régime ne sont plus que de mauvais souvenirs rangés au rayon des dommages collatéraux "hélas" inévitables. Il y a en effet, plus urgent. Participer sans plus tarder aux agapes nationales et vite ! C’est ce qu’ils entendent par réconciliation nationale. En d’autres termes, permettre enfin à tous (il s’agit bien entendu de la classe politique) de manger.

Au bout du compte, une population cocufiée, crevant la misère, contrainte de mendier auprès des futurs "élus" qui à l’occasion de ces élections font preuve de largesses insoupçonnées (distribution d’argent, de vêtements et objets en tout genre). Le bilan que la classe politique se refuse obstinément d’évoquer est pourtant fort simple. Il tient en deux mots : régression généralisée. Aucun secteur de l’activité économique, politique et sociale n’échappe à ce constat dramatique. La responsabilité de cette classe politique dans ce désastre est éclatante et sans appel. De l’échec de la démocratisation du pays après la conférence nationale, aux guerres qu’elle a suscitée pour conserver ou conquérir le pouvoir, elle est comptable de tout. Ces monstres osent aujourd’hui quémander le suffrage de la population afin de se hisser à la mangeoire, crachant allègrement sur les morts d’Owando, des quartiers nord et sud de Brazzaville, du Pool et des pays du Niari. Des dégâts tout juste collatéraux...

Ils sont à l’image du potentat de Brazzaville, cyniques, sans scrupules, cupides, et sans conviction autre que prendre leur place et toute leur place au banquet de la république. Voilà leur programme caché. Avec une telle classe politique, ce régime parasitaire a encore de beaux jours devant lui. Avec elle, il convient de s’en convaincre, rien n’est possible et ne pourrait l’être. Il faut s’en débarrasser et leur grand chef en tête. Il y a urgence pour les congolais d’une prise de conscience qu’ils resteront toujours un enjeu tant qu’ils n’entreront pas eux-mêmes de plain-pied dans le jeu politique, pour casser les logiques d’un ordre social, politique, défini et établi par des dirigeants cupides, pathologiquement corrompus, incompétents, irresponsables, sans réelle volonté d’améliorer les conditions de vie de leurs compatriotes et plutôt attentifs à ne pas gêner l’exploitation des ressources naturelles du pays par les entreprises occidentales et maintenant chinoises dont ils tirent l’essentiel de leurs revenus. Urgente et indispensable est donc l’intervention de chacun pour prendre en main son propre destin, casser le fatalisme, et porter une exigence de citoyenneté, de justice, d’humanité, de fraternité et d’égalité qui mettront en échec la politique menée par ces quelques familles, ces petits clans qui se sont accaparés du Congo, dressent les habitants les uns contre les autres, assassinent impunément et pillent les richesses du pays (A cet égard, la plainte déposée en mars dernier par les associations Survie, FCD, et Sherpa pour recel de détournement de biens publics contre Bongo, Sassou et sa famille, Dos Santos et sa famille, a été jugée recevable par le TGI de Paris. Le parquet de Paris a ouvert une enquête préliminaire confiée au pôle financier).

Ailleurs en Afrique des peuples ont déjà chassé les oppresseurs. La dictature et la mauvaise gestion ne sont pas une fatalité. Il faut refuser toute collaboration avec ce régime, dénoncer cette fausse "démocratie. Evitons les hommes de l’ancien régime tous mêlés dans des crimes de sang ou économiques, incapables de faire vivre la démocratie et combattons inlassablement l’impunité dont ils bénéficient. C’est la condition pour qu’enfin, on puisse espérer des élections véritablement démocratiques au Congo et choisissons pour une fois, les plus justes d’entre nous.

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