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Politique

Les Disparus du Beach suite...

Affaire des disparus du Beach : La françafrique entre Droit et justice

Premier acte : Avril 1999, à l’appel de Denis Sassou Nguesso leur garantissant une totale intégrité corporelle, des citoyens congolais ayant trouvé refuge en RDC, suite au coup d’Etat du premier de 1997 et de la guerre menée par celui-ci contre les populations du Pool notamment en 1998, décident de rentrer dans leur pays. Partant de la rive gauche du fleuve Congo via le Beach Ngobila, ils sont accueillis par un comité d’accueil "spécial" à leur arrivée au Beach de Brazzaville. Près de 353 d’entre eux disparaissent sans laisser de traces entre les mains des nervis du dictateur de Brazzaville. Ainsi débute l’affaire des "disparus du Beach".

Deuxième acte : Une plainte est déposée par les familles des disparus devant les autorités congolaises en pure perte. Des rescapés et des associations de défense de droits de l’Homme, des familles des disparus portent alors plainte devant les juridictions françaises (Tribunal de Meaux). Avec arrogance, le pouvoir de Brazzaville commence par nier la réalité des faits considérés comme de la "pure affabulation d’opposants aigris afin de nuire à l’image du régime".

Troisième acte : Sur la base de la plainte pour tortures déposée devant le TGI de Meaux fondée sur la convention de New York de 1984, le général Dabira (Inspecteur des armées), M. Gérard Bitsindou (actuel président de la cour suprême), le colonel Ndenguet (directeur général de la police) sont entendus par des juges français, le dernier cité étant même mis en examen, incarcéré à la prison de la Santé puis libéré nuitamment est exfiltré dans des conditions rocambolesques. La françafrique avait donc choisi d’épargner ce proche du général dictateur des tourments d’une Grâce. Aux pressions de la société civile internationale et nationale ( FIDH, LDH, SURVIE, FCD, AMNISTY INTERNATIONAL, HUMAN RIGHT, OCDH, ASSOCIATION DES PARENTS DE VICTIMES. ) le dictateur de Brazzaville doit réviser sa leçon et avance désormais des versions plus que fantaisistes de cette affaire criminelle (Bavures des forces de l’ordre, règlements de comptes entre Ninjas, disparus en réalité bien vivants et réfugiés dans des pays Africains voire limitrophes : la RDC, le Gabon, Européens : la France, l’Angleterre, la Suède, et ailleurs le Canada et l’Australie.

Quatrième acte : Les pressions incessantes et soutenues, obligent le dictateur à modifier sa stratégie. Ainsi, sur les conseils prévenants de ses avocats, il entreprend d’allumer un contre feu en forme d’organisation d’un procès dans la "démocratie" qu’est le Congo afin de faire jouer plus tard, le principe juridique de l’autorité de la chose jugée qui fait obstacle à ce que la même affaire soit à nouveau portée devant un juge. Aussitôt, voilà le potentat de Brazzaville annonçant "urbi et orbi" la tenue d’un procès au Congo pour statuer sur cette....non affaire. Le résultat, est conforme à la volonté du dictateur congolais. Le procès organisé en juillet 2005 dans les conditions que l’on sait, par une Cour Criminelle aux ordres, pour génocide, crimes de guerre, crimes contre l’humanité, contre une brochette d’officiers tous affidés du dictateur, abouti naturellement à dégager la responsabilité des principaux accusés reportée sur l’Etat et à l’octroi d’une réparation aux familles d’un montant de 10 millions de FCFA par disparu (15 000 euros). Le prix de leur silence.

Cinquième acte : 22 novembre 2004, la Chambre de l’instruction de la Cour d’appel de Paris annule l’intégralité de la procédure des « Disparus du Beach » faisant droit à la demande des autorités de Brazzaville.

Sixième acte : 10 janvier 2007, la Cour de Cassation française casse la décision annulant la procédure du « Beach de Brazzaville » devant les juridictions françaises. Elle confirme ainsi que la justice française est compétente pour poursuivre et réprimer les auteurs de crimes de tortures qui ont conduit au massacre de plus de 350 personnes au Beach de Brazzaville à partir d’avril 1999. Elle renvoie ce dossier devant la juridiction de Versailles. En prévision de la décision du tribunal de Versailles qui doit se prononcer le 20 juin 2007 prochain. Courant mai, la cour Suprême de Brazzaville s’est empressée dans un arrêt pittoresque, de réévaluer la réparation antérieurement accordée aux parents des victimes de 10 millions de Fcfa à 26 millions (37 500 euros). Une manière de montrer aux juges français que le dédommagement des familles a été conséquent et que l’Etat a bien pris cette affaire au sérieux et ses responsabilités. Comme on le voit, les manœuvres dilatoires du gouvernement congolais ont accompagné de bout en bout ce dossier. De la négation de la disparition de malheureux citoyens naïvement convaincus de rentrer au pays par le tyran, à la prétendue thèse de vrais faux disparus, pour culminer avec l’organisation d’une mascarade de procès aux fins de disculper les responsables de ces crimes et mettre fin aux poursuites engagées en France. Le "démocrate" Sassou aura tout essayé. Reste à attendre la décision du tribunal de Versailles. Les espoirs de tous les démocrates et des parents des victimes congolaises notamment, sont donc suspendus à la décision du tribunal de Versailles qui reste leur seul espoir de découvrir la vérité, de retrouver les traces des disparus afin d’en faire le deuil et qu’il leur soit accordé une sépulture digne, enfin, d’empêcher que les auteurs de ces crimes demeurent impunis et pour que jamais plus de tels actes ne puissent se reproduire. Une telle décision permettra également de restaurer l’image et la dignité de la justice française, écornée par les interventions de la françafrique (Affaire Jean François Ndenguet) ou malmenée par la raison d’Etat (affaire Omar Guellet).

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