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GYNÉCOLOGIE Ménopause : les THS dans la peau

NOUVELOBS.COM | 20.02.2007 | 16:10 Pour éviter le risque de formation de caillots sanguins, les femmes ménopausées qui prennent des traitements hormonaux ont intérêt à utiliser les patchs ou les gels plutôt que les cachets, selon les résultats d’une étude française publiés aujourd’hui.

En France 20% des femmes ménopausées seraient aujourd’hui sous THS, selon les chiffres communiqués par l’Inserm. Les femmes qui souffrent des effets de la ménopause pourraient bénéficier de certains traitements hormonaux substitutifs (THS) sans augmenter leur risque de thrombose veineuse, selon une étude menée en France auprès d’un millier de femmes ménopausées. L’équipe de Pierre-Yves Scarabin (Inserm) montre que les oestrogènes en gel ou en patch n’augmentent pas le risque de formation de caillot sanguin. Les résultats sont publiés dans la revue Circulation.

Au début des années 2000 la prescription des THS a brusquement chuté. De très larges études, WHI aux Etats-Unis et MWS en Grande-Bretagne, ont montré que non seulement les THS n’étaient pas les médicaments anti-vieillissement espérés mais qu’en plus ils augmentaient les risques d’accident coronarien, d’accident vasculaire cérébral et de cancer.

En France, la plus vaste étude menée sur les THS, dirigée par Françoise Clavel-Chapelon (Institut Gustave-Roussy de Villejuif) a confirmé ces résultats tout en les nuançant. En effet, les THS français n’utilisent pas les oestrogènes d’origine équine comme aux Etats-Unis ni la progestérone de synthèse mais des hormones plus proches de celles de l’organisme. L’étude confirme que l’association des deux hormones, oestrogènes et progestérone de synthèse, augmente le risque de cancer du sein de 20%. En revanche l’utilisation de la progestérone micronisée (naturelle) n’augmente pas ce risque.

L’étude ESTHER (EStrogen and ThromboEmbolism Risk Study) dirigée par Pierre-Yves Scarabin, confirme l’influence du type de progestérone utilisé tout en montrant que le mode d’administration des traitements a aussi un effet sur le risque. En l’occurrence, l’étude s’est concentrée sur la thrombose veineuse, la formation d’un caillot qui peut boucher un vaisseau sanguin. Les résultats finaux de cette étude, menée de 1998 à 2006, montrent que les femmes qui ont pris des oestrogènes par voie orale ont un risque accru de thrombose par rapport aux femmes qui n’en prennent pas. En revanche le risque de thrombose n’est pas plus élevé chez celles qui ont pris des oestrogènes transdermiques (patch ou gel).

Les résultats de l’étude ESTHER montrent aussi que la progestérone micronisée et ses dérivés, ainsi que les progestatifs de type pregnane n’augmentent pas le risque de thrombose.

En France, 70% des oestrogènes prescrits sont transdermiques, selon les chercheurs de l’Inserm. En revanche ce mode d’administration est peu fréquent aux Etats-Unis, où le marché des THS est pourtant considérable. Reste à savoir si ces résultats sont valables pour les autres types de maladies cardiovasculaires.

L’étude a été principalement financée par la Fondation pour la recherche médicale (FRM) et la Fondation de France, ainsi que par trois laboratoires pharmaceutiques (Besins International, Sanofi-Aventis et Servier).

Cécile Dumas Sciences et Avenir.com (20/02/07)

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