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Politique

Un Grand Africain s’en est allé...

Historien ou homme politique ? Né en 1922, originaire de Toma dans la province du Nayala (centre-ouest du Burkina). Premier agrégé africain d’histoire, Ki-Zerbo a en effet consacré plus de 50 ans de sa vie à la politique.

A côté de l’homme politique Ki-Zerbo, il y a le grand intellectuel bien connu en Afrique et dans le monde. Ki-Zerbo est en effet le premier Africain agrégé d’Histoire à la Sorbonne à Paris. Ancien patron du Conseil africain et malgache pour l’enseignement supérieur (CAMES), il a enseigné dans plusieurs universités africaines et françaises. Auteur de nombreux livres sur le développement endogène, il a été le directeur scientifique des deux volumes de l’Histoire générale de l’Afrique, publié par l’Unesco. Depuis leur publication, ces derniers ouvrages sont devenus « la bible » des étudiants africains en Histoire.

Ki-Zerbo se lance très tôt dans la politique. En 1958, il crée avec d’autres camarades africains comme le Sénégalais Cheick Amidou Kane ou le Béninois Albert Tévoédjré sa première formation politique, le Mouvement de libération nationale (MLN). Au référendum sur la création d’une communauté française organisé la même année dans les colonies africaines de la France par le général de Gaulle, le MLN est l’un des rares partis à battre campagne pour le non, c’est-à-dire pour l’indépendance immédiate.

« Quand on se couche, on est mort » En 1983, Joseph Ki-Zerbo est contraint à l’exil par le pouvoir révolutionnaire du capitaine Thomas Sankara. Il vit à Dakar où il est titulaire de la chaire d’Histoire de l’université Cheick Anta Diop. Pendant ce temps à Ouagadougou, sa bibliothèque constituée de plus de 11 000 ouvrages est incendiée. Grand orateur, aimant les formules et proverbes africains, le vieux professeur savait galvaniser les foules. Sa formule en dioula « nan lara, an sara, [quand on se couche, on est mort] » prononcée au cours des meetings de protestation dans l’affaire Norbert Zongo est devenu aujourd’hui un slogan de mobilisation pour les syndicats burkinabè. Le dernier acte politique de Joseph Ki-Zerbo fut sa démission de l’Assemblée nationale en août dernier. Il avait quitté la direction de son parti en février 2005 pour cause de maladie. La même maladie qui l’a emporté lundi matin.

Depuis l’annonce de son décès, des parents, amis, alliés et même ses anciens adversaires politiques défilent à son domicile pour saluer la mémoire du grand disparu dont la sa dépouille mortelle sera transportée jeudi dans le village où il est né le 21 juin 1922, Toma, dans la province du Nayala, à l’ouest du Burkina, pour y être inhumée.

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