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Mabanckou à l’Honneur

Il est difficile de convaincre quelqu’un de lire. La lecture est une attitude, une habitude, une passion, une culture. J’ai été a l’école avec des amis qui ne lisaient que des livres de Droit, et quand je trouvais un qui aimait sortir de cette spécialité, j’étais heureux.

Mais nous devons plus que jamais demander une politique culturelle du livre au Congo. Ce pays est semble-t-il le pays des grands écrivains (Sony, Dongala, U Tam’si), mais il n’y a aucun grand événement littéraire d’envergure qui y est organisé ! Pas de foire du livre, pas de salon du livre, le néant ! Alors comment voulez-vous qu’on inculque à nos petits frères le goût de la lecture ? Même au Gabon, pays qui n’est pas connu d’abriter des écrivains, il y a des rendez-vous de littérature ! Alain Mabanckou Interview Mwinda du 12/10/06

PARIS (AFP) - 06/11/2006 15h08 - Le Prix Renaudot 2006 a été attribué à l’écrivain franco-congolais Alain Mabanckou, pour "Mémoires de porc-épic" (Seuil), récompensant un auteur à l’imaginaire débordant et un ardent porte-parole de la francophonie.

Alain Mabanckou a été choisi au 10e tour par six voix contre cinq pour Michel Schneider ("Marilyn, dernières séances" chez Grasset), la voix du président du jury comptant double.

Etabli depuis 2002 aux Etats-Unis, Mabanckou a d’abord enseigné la littérature francophone à l’université du Michigan, avant de rejoindre en octobre dernier l’Université de Californie-Los Angeles (UCLA).

A mi-chemin entre la fable philosophique et le conte africain, "Mémoires de porc-épic" (Seuil) est son cinquième roman.

Né le 1966 à Pointe-Noire (Congo), où son père est réceptionniste dans un hôtel, Alain Mabanckou est Congolais de naissance, francophone de nature et Américain d’adoption. Il découvre la littérature au lycée en lisant les poètes romantiques - mais aussi les San-Antonio ou Gérard de Villiers que son père ramène à la maison -, puis les écrivains, comme Joyce ou Céline, "qui élaboraient une sorte de recherche sur la langue".

Après des études de droit en France, il entre comme juriste à la Lyonnaise des eaux, où il restera dix ans.

Grand gaillard chaleureux au sourire éclatant, toujours élégamment vêtu, Mabanckou s’impose dès ses premiers romans comme une voix nouvelle et originale de la galaxie francophone. "Bleu Blanc Rouge" (1998), est "une histoire de dandys congolais", et "African psycho", en 2001, son premier succès, met en scène un serial killer africain.

En 2002, il devient professeur de littératures francophone et afro-américaine à l’université de Michigan-Ann Arbor, où il enseigne en français et en anglais.

S’il possède la double nationalité française et congolaise, Alain Mabanckou affirme avoir été considéré pour la première fois en Amérique comme "un écrivain français" et refuse de se laisser cataloguer : "J’écris de la littérature française, pas de la littérature noire francophone", dit-il.

En 2005, son roman "Verre cassé", l’histoire d’un pilier de bar africain, figure déjà dans la dernière sélection du Renaudot et obtient plusieurs récompenses, dont le Prix RFO du roman et le Prix des cinq continents de la francophonie.

Dans "Mémoires de porc-épic", il raconte les aventures jubilatoires de l’animal narrateur, prénommé Ngoumba, devenu le "double nuisible" d’un certain Kibandi, tourmenteur des villages africains. Un roman sans point ni majuscule, dans lequel Mabanckou livre une vision de l’Afrique et du monde pleine d’humanité. " C’est un écrivain et surtout une voix, une langue assez rare dans la littérature française d’aujourd’hui ", résume l’écrivain Pierre Assouline.

Alain Mabanckou a dédié son livre à sa mère, analphabète, de qui il tient, dit-il, cette histoire " à quelques mensonges près ". Il a été fortement soutenu lors des délibération du jury Renaudot par l’écrivain J.M.G. Le Clézio.

© AFP.

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