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Politique

Revue de Presse Le retour de Brazza

Autant les Universitaires congolais et gabonais ont désaprouvé et dénoncé, autant la presse est critique et sarcastique..... Voici quelques extraits...

Le retour posthume de Brazza à Brazzaville LE MONDE | 03.10.06 | 14h56 • Mis à jour le 03.10.06 | 14h56 Jean-Philippe Rémy extraits En Afrique, des voix se sont levées pour protester contre cette "apologie du colonialisme". Dans un pays où les dividendes de l’exploitation pétrolière ont tendance à disparaître mystérieusement et n’ont pas permis au président Denis Sassou Nguesso de faire revenir la prospérité après la guerre civile de 1997, quels bienfaits les trois millions d’habitants peuvent-ils attendre de cette opération au terme de laquelle les restes de l’explorateur, de sa femme et de leurs quatre enfants doivent être inhumés dans la crypte d’un mausolée en marbre de Carrare, construit à grands frais (10 milliards de francs CFA, 15 millions d’euros, selon des sources concordantes), alors même que le pays vit dans une crise permanente, que les prix de certaines denrées ont augmenté récemment de 20 %.

Retour au Congo de la dépouille de l’explorateur Brazza AFP3/10/06 Cette colonisation consentie est à l’origine de l’image d’un de Brazza pacifiste. "C’est une action utile pour l’Afrique parce que de Brazza est un humaniste", s’est réjouit à la veille de la cérémonie le secrétaire de la Fondation Pierre Savorgnan de Brazza, Jean-Marie Kamba. Au cours d’un très sérieux colloque à Franceville, pourtant organisé par cette fondation, des universitaires gabonais et congolais ont néanmoins refusé samedi de se joindre à cet éloge sans nuances. "Les participants n’ont pas reconnu la pertinence du vocable +humaniste+ en ce qui concerne l’entreprise coloniale de l’explorateur Pierre Savorgnan de Brazza, le seul acte de coloniser ne pouvant en soi valoir au colonisateur une telle qualification", écrivent-ils dans leur rapport final. "En voulant s’approprier le Congo, Pierre Savorgnan de Brazza lance la conquête impérialiste", a noté au cours des débats Scholastique Dianzinga, de l’université Marien Ngouabi de Brazzaville. "De Brazza n’était rien d’autre qu’un agent de l’impérialisme colonial, mais il n’était pas aussi brutal que les autres", a lancé pour sa part l’historien gabonais Anges Ratanga Atoz. "C’est ce qui explique que des colonisés puissent faire l’apologie du colonisateur". Feutrée dans la réunion universitaire de Franceville, cette controverse a fait rage au Congo. L’initiative du transfert est "désastreuse et lamentable", a dénoncé Lécas Atondi Monmondjo, enseignant de journalisme à l’université Marien Ngouabi, qui vient de publier un ouvrage dans lequel Savorgnan de Brazza est présenté comme l’homme qui "a inauguré le travail forcé". Sous le titre "Anachronisme, monstruosité ou reféodalisation du pays ?", l’hebdomadaire satirique "La Rue Meurt" a surtout vu en l’explorateur "un colon" qui a fait du mal au Congo. Autre pomme de discorde, le coût du mausolée et du buste à l’effigie du comte de Brazza qui le jouxte : près de 10 milliards de francs CFA (plus de 15 millions d’euros) financés par le gouvernement congolais "alors que Brazzaville (...) manque de musée et de bibliothèque", a regretté M. Monmondjo.

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