// Vous lisez...

Politique

Point de vue....

Point de vue : Brazzaville : le bateau du pouvoir prend de l’eau...

D’aucuns disent que le chef de l’état a été infidèle à son serment d’officier. En tout cas, lorsqu’il s’empare du pouvoir avec le soutien de chars et d’avions des armées angolaises et de soldats étrangers et autres mercenaires, cela s’appelle forfaiture et haute trahison. Le droit militaire prévoit d’ailleurs des peines appropriées à cet égard. Le chef de l’état actuel qui n’a aucune légitimité nous le savons tous, n’est qu’un fantoche sorti tout droit des bagages de la françafrique.

Mais, allons jusqu’au bout de cette logique. Ceux là même, qui se gaussent d’une prétendue infidélité du chef de l’Etat à son serment, se disent prêts, pour preuve de leur honnêteté, à répondre devant les tribunaux de la nation ou des instances internationales sur d’éventuels crimes qu’ils auraient commis dans l’exercice de leurs fonctions. Parfait. La CPI compétente depuis juillet 2000, est prête à être saisie pour des exactions contre les populations civiles commises dans notre pays. Celles-ci étant foison, commençons donc à établir des dossiers sur ces crimes et saisissons la CPI afin de punir les coupables, les responsables et les complices. Ainsi nous démontrerons notre probité politique. .

Car, en réalité, ce travail n’a jamais été fait et n’effleure même pas nos soit disant démocrates qui rêvent de faire notre bien et esquivent les vraies questions. Nous pourrions leur suggérer de faire la lumière sur les crimes de sang commis dans les années 1963 et jamais punis, pour remonter à ceux qui s’échelonnent de cette date, à 2006. Les populations congolaises meurtries et toujours trompées, pourront alors reconnaître les vrais démocrates, et démasquer ceux qui se sont toujours cachés et commettent des crimes au nom de cette même nation. Rappelons à cet égard qu’une loi n° 8/98 du 31 octobre 1998 portant définition et répression du génocide, des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité est en vigueur dans notre code pénal.

Tout ça pour dire que le discours du général Ngouélondélé Mongo, s’il emprunte à cette dialectique, reste en deçà de ce qu’il serait bien capable de faire. N’exaltait il pas en effet dans sa première adresse à son ex patron ce règne exemplaire exempt de violations de droits humains qui avait été le sien de 1979 à 1992 ? Cet homme voudrait en réalité hériter de ce système qui se nourrit du sang de ses compatriotes et des crimes économiques institutionnalisés que nous ne serions pas surpris. S’il voulait un réel changement avec une classe politique non corrompue, il s’y prendrait différemment.

Cet homme qui est loin d’être un imbécile, n’ignore pourtant pas qu’en réclamant la démission de Sassou, il ne fait que demander (selon la constitution 2002) le transfert du pouvoir au président du Sénat, un autre pilier du régime tant décrié. Or, la volonté du souverain premier serait mieux exprimée par un mouvement populaire, la désobéissance civile, qui bouterait hors de l’Etat tous ces parasites qui le gangrènent, à commencer par le premier d’entre eux, Denis Sassou Nguesso. Seul un tel mouvement serait à même d’amener un véritable changement des institutions et promouvrait une classe politique responsable devant les populations. Le problème ne serait il pas que dans ce cas, lui-même ne soit balayé par le vent du changement ?

Autre lubie à mettre cette fois sur le compte de l’opposition : la mise en place d’une commission électorale indépendante. Imaginer que celui qui a mis son pays à feu et à sang, accepterait de gaieté de cœur une telle commission relève de l’infantilisme. Dès 1996 déjà, le coup d’Etat d’octobre 1997, il l’envisageait déjà pour s’emparer du pouvoir. Parvenu au pouvoir, il s’est naturellement toujours opposé lors de conférences organisées pour la consolidation de la démocratie, à toute démarche prohibant l’usage de la force. Il n’est dès lors pas étonnant qu’en octobre 1997 après sa prise du pouvoir, il se soit empressé de suspendre la constitution de 1992, de lui substituer un acte fondamental avec tous les pouvoirs exécutif, judiciaire, législatif dans ses mains autrement dit, il a installé une dictature. S’en est naturellement suivie une mascarade élective pour respecter certaines formes après avoir déclenché des guerres contre les populations jugées hostiles pour créer un électorat captif, des non congolais devenant citoyens électeurs, des individus recensés plus de 10 fois, des populations déplacés afin qu’elles ne soient pas électrices (Cf. rapports FDIH, CEE, Human Right, Amnisty International, Secours Catholique, PNUD, ONU etc). Enfin une commission de magistrat est nommée par le seul chef d’état pour garantir et valider des élections « transparentes ». A la tête de cette Commission, nous retrouvons le célèbre Charles Emile APESSE (Voir la mascarade du procès des disparus du beach )....

Si à priori, on ne peut reprocher à l’opposition de réclamer une commission électorale indépendante, .il est tout autant nécessaire de relever la contradiction qui consiste à demander à un tricheur invétéré de devenir honnête et plus, de se faire hara kiri. Comme à son habitude, l’opposition oublie l’essentiel : le combat pour la justice, la lutte contre l’impunité. La conscientisation de la population plongée volontairement dans l’ignorance est l’une de ses grandes missions pour atteindre les buts précités.

Vaujours le 20 septembre 2006

Commentaires