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Economie

Aide Publique au développement

La société civile partenaire du développement... Jean Merckaert du CCFD propose ce texte qui fustige l’évasion fiscale via les paradis fiscaux et judiciaires. Dès le 2 février 2006 un pool d’associations mettaient en place une plateforme de lutte contre ces paradis fiscaux et judiciaires pour traquer les fonds subtilisés par les dictateurs kleptocrates et leurs complices dans les pays du Nord...

Financer le développement

"En 2004, l’Aide publique au développement (APD) déclarée par les pays riches représentait € 65 milliards. Cette même année, € 295 milliards ont quitté les pays du Sud pour enrichir une minorité au Nord. Comment et pourquoi est-ce possible ? " Jean Merckaert, chargé du programme Financement du développement du CCFD propose sur www.ccfd.asso.fr des questions et des réponses (1) sur le financement du développement. Comment se fait-il que les pays du Sud enrichissent ceux du Nord ? Le CCFD y voit le résultat d’une conjonction de facteurs : le remboursement de la dette et l’évasion fiscale vidant les budgets de nombreux gouvernements du Sud, le déficit commercial de certains pays touchés par la dégradation des termes de l’échange (la dépréciation de leurs produits d’exportation), ou encore la fuite colossale des capitaux due à la grande corruption, au rapatriement des bénéfices des investisseurs et des placements des élites du Sud dans les banques occidentales ou les paradis fiscaux. Pire, devenus de plus en plus dépendants de financements extérieurs, des exigences et des intérêts de leurs bailleurs, des attentes de potentiels investisseurs et de leur réputation financière, la plupart des pays du Sud n’ont guère eu le loisir de choisir leur destin. Or le développement, pour le CCFD, est synonyme de dignité pour tout être humain, ce qui implique à la fois la satisfaction des droits fondamentaux, mais aussi la liberté, individuelle et collective, sans compromettre celle des générations futures. Cette exigence d’un développement librement choisi amène le CCFD à accorder la priorité à la part des ressources que génèrent les personnes (revenus du travail) et les pays (recettes fiscales) eux-mêmes, sur lesquelles ils disposent plus directement d’un pouvoir de décision. Est-ce à dire que l’aide internationale est à bannir ? Certainement pas : elle peut apporter des ressources vitales pour la satisfaction des besoins essentiels. Elle peut représenter plus de la moitié du budget de certains pays africains. Tout l’enjeu est qu’elle soit utilisée au service des politiques définies par les pays eux-mêmes, de façon démocratique. C’est là le souci constant du CCFD, à la fois dans son soutien aux acteurs du Sud et de l’Est et dans sa vision politique du financement du développement. Mais avant de chercher à aider, il s’agit d’abord de ne pas nuire. D’où l’engagement résolu du CCFD pour que la France et les pays riches agissent sur les prix agricoles, afin que la moitié de l’humanité qui en dépend puisse vivre décemment de son travail, pour qu’ils cessent d’imposer aux pays du Sud leurs politiques économiques et de soutenir des régimes dictatoriaux, pour qu’ils annulent les dettes insupportables ou illégitimes et qu’ils éliminent les paradis fiscaux et judiciaires. Jean Merckaert Chargé de programme "Financement du développement" 4, rue Jean Lantier - 75001 Paris - Tél. 01 44 82 80 00 -

Les questions-réponses proposées sur www.ccfd.asso.fr Actuellement, comment se finance le développement ? Pour financer le développement, peut-on compter sur les investissements internationaux privés ? Pourquoi les pays riches se sont-ils enfin préoccupés de l’Afrique en 2005 ? Pourquoi faut-il réformer l’Organisation mondiale du commerce ? Quel rôle pour le FMI et la Banque mondiale ? Faut-il annuler la dette des pays du Sud ? Pourquoi, les pays riches n’arrivent-ils pas à consacrer 0,7 % de leur PIB au développement ? Peut-on se passer des capitaux extérieurs pour financer le développement ? Faut-il taxer les mouvements de capitaux ? Et les billets d’avion ? Faut-il éliminer les paradis fiscaux et judiciaires ? Comment nous, simples citoyens, pouvons-nous agir pour le financement du développement ? Quel est le rôle des ONG dans le financement du développement ? Pourquoi les soutenir ?

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