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Economie

UNIVERSITE D’ETE DU CRID A LILLE du 6-7-8/07/2006

Participation d’un délégation de la FCD à Lille à l’Université d’été du CRID. Faut-il annuler la dette de tous les pays du Sud de façon inconditionnelle ? Ce module a eu trois intervenants : Claude QUEMAR CADTM France. Benjamin MOUTSILA Délégué général F.C.D. Alex WILKS Directeur du réseau européen sur la dette et le développement (EURODAD). Et un débat s’en est suivi qui a été fructifiant et constructif avec la salle.... Ces ateliers sont de véritables échanges entre les société civiles du Nord et du Sud et une synergie mutualiste. Quelles conditions pour la remise de la dette de nos pays surendettés ? Le respect des Droits des populations économiques et socioculturelles particulièrement les Droits humains comme : Education ; Santé ; Alimentation ; Emploi ; Liberté de réunion citoyenne ; Les fluides domestiques ( Eau courante et potable ; Energie ; Téléphonie ) ; existence de commissions de contrôle citoyenne tripartite : Etat - Société Civile - Gvt ; Contrôle par la Représentation Nationale etc... Voila un premier jet des conclusions qui se dégageaient des débats...

Module : Faut-il annuler la dette de façon inconditionelle ? cas du Congo-BZV ( Dettes, Guerres, Paradis Fiscaux et Judiciaires, Corruption.) Benjamin MOUTSILA Délégué Général de la Fédération des Congolais de la Diaspora

Les pays sous développés doivent avoir leur dette annulée car ils chrechent à se développer. Dans le cas du Congo Brazzaville et d’autres pays c’est un leurre, car il y a eu régression et leurs exécutifs n’ont eu que des politiques de jouissance ( cueillette ). Le président Franklin D Roosvelt à propos d’ Anastasio Somoza président du Nicaragua disait : " c’est un salaud ( son of a bitch ) , mais c’est notre salaud " Et pour certains pays c’est la Françafrique : " l’aide au développement consiste à prendre l’argent des pauvrres des pays riches pour le donner aux riches des pays pauvres...il conviendrait d’ajouter ...parce que ces riches des pays pauvres en rendent une bonne part aux riches des pays riches qui organisent l’opération " (page 65). Et page 175, François-Xavier Vershave poursuit : " l’expression a jadis servi dans la bouche des grands amis de la France et de Jacques Foccart, tel Félix Houphouët en 1955 ou Omar Bongo qui écrivait dans son livre Le nègre blanc :" La France sans l’Afrique est un véhicule sans carburant et l’Afrique sans la France est un véhicule sans chauffeur. " Les pays industrialisés ont mené une politique dite de développement jusqu’aux années 1990. Mais cette aide n’était pas tournée vers la lutte contre la pauvreté, mais à maintenir des obligés au pouvoir afin de bénéficier des matières premières à moindre coût voire à vil prix.

L’augmentation des recettes de l’Etat a entrainé un gonflement important des dépenses dites de fonctionnement et un accroissement plus important des investissements. Mais cette augmentation a servi à accroitre le nombre des agents de l’état, ceux du parti et des organisations des masses. Exemple : La masse salariale en francs constant en 1982 était identique à celle de 1980 , alors que dans le même temps le nombre des agents de l’état s’était accru de 18,5%. Le pouvoir d’achat de chacun d’eux avait en moyenne diminué d’autant. Le budget de fonctionnement des services de défence et de sécurité est fixé en toute discrétion ce qui ouvre à toutes dérives et gonfle les dépenses. Le nombres des agents de ces services n’est pas connu. Cela relève du secret de la captation du pouvoir C’est le budget d’investissement qui a le plus profité de la mane pétrolière. Dès l’annonce du gonflement des recettes, les dirigeants congolais ont été sasis d’une véritable frénésie de réalisations de routes et d’aéroports. Dès 1982 et encore aujourd’hui, plus du tiers de la rente pétrolière aura été affectée aux voies de communication. Au défit de toute prudence presque tous les programmes prévus au Plan ou pudiquement appelés grands travaux ont été engagés en même temps dès le début de chaque arrivée au pouvoir. La prédilection du personnel dirigeant pour ce genre d’infrastrctures s’explique aisément. En dehors de leur caractère de réalisations de prestige, c’est sur les opérations de travaux publics qu’il est le plus facile de percevoir des commissions royales. Les pots de vin versés aux différents responsables congolais pour enlever les marchés grêvent en général le prix des routes de près de 20%. Ces milliards sont ensuite répartis en cascade au sein d’une clientèle politique recrutée le plus souvent en fonction de l’appartenance au clan. Ex réalignement CFCO Bilinga Loubomo ; Aéroport de Pointe Noire , Aéroport d’Olombo, La politique de municipalisation avec les fêtes du 15 août tournantes qui ont entrainé une gymnastique de fausses factures pour des travaux de réalisations d’infrastructures dont on attend encore la sortie de terre et l’indemnisation des expropriations tel Impfondo courant l’année 2005. Et cette année c’est Dolisie et déjà les travaux annoncés sont à peine hors d’eau ou n’ont pas encore débuté et il reste un mois et une semaine. Mgr Jean Gardin du diocèse d’Impfondo au Congo dans une interview au journal Pentecôte n° 825 de Janv-Fev 2006 dénonçait cette gabégie : "pour tracer un boulevard de défilé militaire et la construction d’une résidence pour le chef de l’état, 153 paysans ont été exproprié et 20 maisons détruites . Les gens ont eu 2 jours pour partir..."Ces expropriations devaient être dédommagés ...depuis rien. Comme l’africain a le sens des formules ces expropriés s’apellent " les sinstrés de la fêtnat" Et le gouvernement ne cesse de voter des rallonges budgétaires pour cette politique de municipalisation mais hélas les citoyens concernés n’ont jamais vu et ne verront les réalisations de leur mieux-être. Et les soi-disant coup de colère de Sassou lui-même illustrent bien le sadisme de ce dernier car le maitre d’œuvre, l’ordonateur financier, et les entrepréneurs des chantiers sont ses propres neuveux. En matière Pétrole sur toute production un pourcentage (bonus ou palabre )est versée directement au chef de l’état et à sa famille explique M André Tarallo 0,46€/baril (3FF /baril) Le Parisien du 11 juillet 2000, ainsi Edith Sassou épouse Bongo touchait du 1/10/ 89 au 02/95 1,5 millions Fcfa/mois versés sur un compte Paribas à Libreville Le Nouvel observateur. Ces pratiques ne sont pas appliquables dans les pays de l’OCDE surenchérit M Tarallo La commercialisation du pétrole est également un sujet de détournement de cargaison et d’évasion des revenus vers les paradis fiscaux. Cela provient de la répartition de la production du pétrole : partage de production. Les procès contre les sociétés pétrolières de ces états en font foi et surtout les aveux du "premier ministre congolais" Isidore M’VOUBA en réalité porte parole appelle la disimulation aux créanciers vautours. Lors d’un point de presse ce dimanche 22 janvier 2006, à l’olympic palace il a déclaré : "Nous sommes harcelés, des créanciers vautours cherchent partout nos revenus pour que nous remboursions nos dettes. Nous sommes obligés de protéger notre argent par des mécanismes parois peu orthodoxes" Alors que la transparence de la gestion bugtetaire d’un état se fait par des lois au parlement. La part qui reviendrait au Congo suffirait à régler tous les problèmes des populations. D’ailleurs les chiffres de la démographie sont une véritable galéjade, au vue des chiffres des années 60 une projection aux années 2000 ne nous donne pas les mêmes chiffres. Visiblement un gonflement a été opéré en vue de fraudes de tout genre :électoral et statistique. L’industrie du pétrole en Afrique centrale est intimement lié aux commerces des armes et des armées privées donc des guerres inciviles. Les congolais appellent le pétrole la malédiction des populations car seules la mort et la désolation sont leur lot quotidien. Là où il ya pétrole il y a paupérisation des populations mais enrichissement clientéliste des dirigeants.

Le niveau de vie corolaire d’un certain niveau de développement hérités des économies de colonisation a été totalement obéré et il est revenu au dévéloppement des années 1940. Le système sanitaire : un maillage de dispensaires et d’hopitaux sur toute l’étendue du territoire s’est dissous dans le temps car jamais entretenu et détruit par les guerres inciviles. Aujourd’hui même le CHU fonctionne avec des carences. Depuis les 9 ans du retour de Sassou au pouvoir après un coup d’état sanglant et meurtrier, la fourniture en médicaments est totalement déficiente, les équipements sanitaires sont bouchés d’où une abscence totale d’hygiène. Cette structure est appelé CHtue ou mouroir par les populations. Et les malades doivent débourser 1000 Fcfa par étage à dos d’homme pour se déplacer car les ascenceurs sont depuis en panne. Et l’APD par les fonds de coopération ont débloqué des milliards pour la réhabilitation de ses 5 étages. Le système scolaire et les voies de communications ont subi le même sort grâce aux miliciens, mercenaires armés et entretenus par les budgets provenant des compagnies pétrolières comme ELF. ( Procès ELF , Emission de la M6 sur le pétrole, et actuellement les retrocommissions touchés par Marchiani un autre volet de l’affaire ELF,armements achetés pour l’équipe au pouvoir et dans l’opposition Cas de Savimbi et Dos Santos en Angola ; Sassou Lissouba et Kolelas au Congo) A Brazzaville les congolais peuvent contempler depuis 1998 un panneau du lancement de la construction de la route nationale BZV - Kinkala. ( Il faut 7 heures pour parcourir les 77 kms de route carossable )

Le développement d’un pays n’est pas seulement interne mais lié à l’international. Or dans les pays du golfe de Guinée l’endettement est lié à une création d’un enrichissement illicite clientéliste de la nomenklatura et crapuleux lié aux groupes mafieux externes tel la françafrique. Ces indvidus font la course à celui qui s’achétera la plus belle villa ou le plus bel appartement en Europe : Courbevoie, Le Vésinet, Meaux, Maisons Lafitte, Saint Nom La Bretèche, l’avenue Rapp et la rue de Prony à Paris, etc... Pendant ce temps les populations vivent dans des taudis ou autres masures sans confort. Une région entière le Pool vit dans une totale indifférence de l’Etat car sans budget de fonctionnemlent par l’abscence d’exécutifs locaux : les populations y sont totalement abandonnées. C’est une Erreur mettre dans la même optique tous les problémes du tiers monde. Beaucoup de pays tel le Brésil, l’Inde et le Chine voit un début de développement car la lutte contre la pauvreté y donnent quelques résultats. Les exécutifs des pays développés par leurs relations et leurs politiques de coopérations ou d’APD ne luttent pas contre la pauvreté mais plutôt aux maintiens en place des exécutifs des pays dit pauvres très endettés alors que kléptocratres. Même ces concepts prettent à confusion car peut on dire que des pays pétroliers du Golfe de guinée sont des pays pauvres ? Ainsi d’après l’indice de développement humain nous sommes des pays pauvres. Mais au vu des rentrés financières des revenus du pétrole et autres matières premières nous ne le sommes pas. Rappelons qu’au sortir des indépendances 1960, nous avions un taux de scolarité de près 100 % au jourd’hui 2006 nous sommes à 48%. Ce ne sont pas les pays riches qui aident l’Afrique mais c’est celle-ci qui transfère chez ceux-la des fonds dont elle aura tant besoin.

Pour nous annuler ou ne pas annuler la dette n’est pas d’actualité car tant que les exécutifs kleptocrates de ces pays seront en place il n’y aura jamais de développement. Aujourd’hui au Congo les bénévoles et militants des ONG indépendantes sont inquiétés, menacés et pourchassés. Des organisations de la coalition congolaise PCQVP ont mis des mécanismes en place pour revendiquer la transparence dans la gestion des revenus pétroliers. Le président et le gouvernement s’opposent à ce que le parlement mette son nez dans ces mécanismes de la gestion du pétrole car c’est l’opacité totale.. Le gvt refuse de mettre en place des partenariats pour une gestion citoyenne dans le cadre de l’ITIE : Etat-Compagnies pétrolières-Gvt-Société civile. Depuis le 6 avril 2006 deux militants de la coalition PCQVP ont été arrêté, mis en prison pendant plus de trois semaines et libéré de nuit. Depuis le 13 juin 2006, ils sont jugés et les audiences sont systématiquement ajournés pour les mettre sous pression et les empécher de faire leur travail de société civile. Je vous remercie.

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