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Culture

L’Abbé François Wambat auprès du Seigneur ...

Il s’en va comme il était : simple, sans richesse personnelle. Dès l’annonce de sa mort, le temps a semblé s’arrêter auprès de la communauté congolaise de Paris et des autres provinces de France. L’Abbé François Wamba était devenu le grand-frère de tous les Congolais, à tel point que sa disparition a été ressentie comme un deuil personnel...

L’adieu des Congolais de France à l’Abbé François Wambat

« Yezu yaka na motema. Possa mingui na ko yoka. Yezu yaka na motema. Alleluia, alleluia ! Nous n’entendrons plus l’abbé François Wamba chanter ce chef d’oeuvre qu’il avait composé. Jeudi 18 mai 2006, il nous a précédé en Galilée, la Galilée céleste, dans sa 59ème année.

L’Abbé François Wambat est né en 1947. Ordonné prêtre le 14 juillet 1974, il a été professeur au séminaire de Makoua, prêtre à Sainte Anne de Brazzaville. Dans les années 1990, il poursuit ses études à Paris sanctionné par un doctorat en Histoire. Rentré à Brazzaville, il devient responsable de l’aumônerie des étudiants, jusqu’au ce jour 18 mai 2006, où Dieu le Père le rappelle.

Dès l’annonce de cette nouvelle, le temps a semblé s’arrêter auprès de la communauté congolaise de Paris et des autres provinces de France. L’Abbé François Wamba était devenu le grand-frère de tous les Congolais (pour ceux qui le connaissaient), à tel point que sa disparition a été ressentie comme un deuil personnel.

Mercredi 24 mai 2006, sa dépouille mortelle depuis la morgue de l’hôpital Saint Louis de Paris, puis à l’église Saint Joseph des Nations pour la messe, a été saluée dans une grande ferveur par de nombreux compatriotes et amis français.

Présidé par l’Abbé Victor Abagna-Mossa, entouré de plus de quarante cinq (45) prêtres congolais des diocèses d’Owando, de Brazzaville, Kinkala, Nkayi et Pointe-Noire, parmi lesquels les abbés Dominique Kimbembo, Jean Missongo, Lin Atipo-Letso, Emmanuel Ndinga, Norbert Otepo, Anselme Badiabo, Alin Gandoulou et bien d’autres, des pères André Loos, Didace Malanda, Corenthin, l’office religieux a réuni 500 personnes composées des parents, d’amis, des compatriotes, d’une délégation des Sœurs de Javouhey de Brazzaville présentes à Paris en vue de leur chapitre, d’une délégation d’officiers congolais des Forces Armées congolaises, de retour de leur pèlerinage annuel à Lourdes, Fatima et Rome, les fraternités Notre Dame Sans Frontière, de Javouhey, la Confrérie Sainte Rita, la Scholas populaires de Paris, les membres des chorales congolaises et de l’Association Cardinal Emile Biayenda -France.

Riche en émotion, la célébration s’est déroulée dans un moment de grand recueillement, et de parfaite communion. La dépouille a été accueillie par le curé de la paroisse en ces termes : « Au service de l’Eglise, l’Abbé François Wamba ne s’est jamais accordé des vacances. Tout son espoir, il l’a placé dans le Seigneur. Les cierges que nous allumons sont le signe de la résurrection... » Puis le célébrant principal, l’Abbé Victor a entonné le psaume : « Ma lumière est mon salut, c’est le Seigneur, alléluia ! »

L’évangile tiré de Saint Matthieu, chapitre 11, versets 25 à 28 résumait en lui-même la vie de simplicité de l’Abbé François Wamba. « En ce temps-là, Jésus prit la parole et dit : « Je te bénis Père, Seigneur du ciel et de la terre, d’avoir caché cela aux sages et aux intelligents et de l’avoir révélé aux tout- petits. Oui, Père, car tel a été mon bon plaisir... »

Quatre textes et des témoignages entrecoupés des chants ont marqué cette cérémonie. Nous les reproduisons in extenso afin de poursuivre notre méditation.

1 - Homélie par l’ Abbé Victor Abagna-Mossa

Adieu à l’abbé François Wambat Moïmoma

« Il y a un moment pour tout et un temps pour toute chose sous le ciel. Il y a un temps pour travailler et un temps pour se reposer ; un temps pour servir et un temps pour être servi. » (Ecclésiaste 3).

Ces paroles s’appliquent donc aujourd’hui pour toi, François. Ainsi l’a voulu Celui que tu as choisi de servir toute ta vie. Cette vie qui pour nous et pour beaucoup est comme arrachée. Combien ont prié pour que tu ne nous quittes pas ! Mais le Seigneur avait ses plans sur toi. Ce ne peut en être autrement puisqu’il dit : « Si deux personnes s’accordent sur la terre et demandent quoi que ce soit, cela leur sera accordé par mon Père qui est dans les cieux » (Matthieu 18,19). N’avons-nous pas bien prié ? Ne savons-nous pas prier ? Nous savons au moins que la prière la meilleure est celle de Jésus ; et elle nous fait dire : Père que ta volonté soit faite. Et nous croyons que cette volonté s’est faite. C’est le temps de te reposer auprès de ton Seigneur. Va en paix, François.

Par toi, le Seigneur a sûrement fait beaucoup de bien, beaucoup de bien. Que son Nom soit béni. Tu n’avais pas de repos. Venu en France pour un premier temps, tu ne pensais qu’à ceux qui t’attendaient et tu t’oubliais complètement. Il a fallu donc arrêter...

Comme Paul a été lapidé, comme les apôtres ont souffert à la suite du Christ, tu allais toi aussi te mettre sur le chemin de ton Maître : « Si quelqu’un veut venir à ma suite, qu’il se renie lui-même, qu’il prenne sa croix, et qu’il me suive. » (Matthieu 16,24). Sans tarder, tu allais commencer ta route du calvaire. Par la volonté de Dieu sûrement et aussi celle des hommes certainement. Comment comprendre toutes ces difficultés à te faire obtenir un visa ? Comment ? Par simple refus humain ? Par jalousie ? Par méchanceté ? Toi seul peux le comprendre maintenant auprès de ton Seigneur. Et ta croix, tu la portes, tu la portes dans la prière. Toutes les fois que tu me parlais au téléphone, tu insistais sur la prière. Et ce jeudi 18 mai 2006, du temps de Pâques, membre du Corps du Christ, tu entres avec la Tête du Corps au lieu du Repos. Le temps du service de tes frères a passé. Tu entres dans la joie de ton Maître.

Cette fois, tu te fais accueillir, tu te fais servir. « Venez les bénis de mon Père et recevez... » !

Oui telle est ma foi, telle est notre foi, celle que tu as prêchée sans repos. Christ est vivant. Le Fils de Marie mort et ressuscité nous donne la vie, après celle si brève de cette terre. En ce temps de l’ascension, tu montes avec ton Seigneur. Marie ta Mère, t’accueille, elle que tu as aimée et priée. Tu l’as priée durant ta vie de service et durant ton calvaire. Cette Mère si tendre et miséricordieuse t’accueille et te conduit à son Fils bien-aimé.

Puis, il y a ceux qui t’ont engendré et ta grande sœur Monique. Il y a ceux qui t’ont précédé, je pense particulièrement à Mgr Singha qui t’a accueilli dans son diocèse et qui a fait de toi prêtre de l’Eglise de Jésus qui est à Owando pour devenir simplement prêtre de l’Eglise du Congo dans le service de tes frères que tu accueillais sans distinction pour ne parler que de la foi en Jésus Christ. Les nombreux chants religieux que tu nous laisses, soutiendront longtemps encore notre marche dans la connaissance de Jésus Christ que nous ne finissons pas de connaître, que nous ne connaissons pas encore. Avec toi, nous disons à Jésus : « Mosaleli wa Monkonzi ngai oyo, ekoma na ngai mpo elingi yo. » Oui, te voilà humble serviteur du Seigneur, que tout se fasse pour toi comme Il l’a voulu.

Au moment où j’écris ces réflexions, je sais qu’un groupe de pèlerins vont partir de Makoua, à pieds, chapelet en mains pour participer à la messe à l’issue de laquelle nous ne te verrons plus avec nos yeux de chair. Je voudrais te demander quelque chose. Rappelle-toi notre vie à Sainte Anne auprès de Mgr Félix Biékabiéka. Là nous entendions les membres de Sainte Thérèse prier leur sainte patronne en lui disant : « Tu as promis de passer ton ciel en faisant le bien sur la terre... » François, mon frère, sur la terre tu as reçu beaucoup d’appels au secours. Pourquoi ne ferais-tu pas comme Sainte Thérèse : continuer à faire du bien sur la terre. Je voudrais te demander de devenir un autre intercesseur pour ton pays que tu as aimé d’un amour profond. Tu aimais dire la vérité, comme elle est. A qui que ce soit. Tu n’avais pas peur de la crier sur les toits ; intercède pour les responsables de notre nation, civils ou religieux afin qu’ils recherchent la vérité, qu’ils luttent pour la vérité et donc pour la justice pour que notre pays vive enfin dans la paix. Tu intercéderas pour le renouvellement des comportements des cœurs d’abord chez les chrétiens qui sont appelés à devenir « lumière et sel de la terre », puis chez tous les Congolais, un renouvellement des comportements qui nous fasse enfin quitter nos petitesses, nos bassesses, notre orgueil, notre chauvinisme, nos tribalismes, nos haines, nos mensonges et nos calomnies. Tu intercéderas pour tes frères prêtres afin que nous comprenions qu’il nous faut nous mettre humblement au service de nos frères et de nos sœurs sans distinction aucune ; pour que nous comprenions que l’Eglise de Jésus Christ ne peut en aucun cas devenir un tremplin pour quelque pouvoir que ce soit - cela à l’exemple de Celui qui est venu chez nous non pas « pour être servi mais pour servir » et qui a « donné sa vie en rançon pour nous ses frères et ses sœurs. »

En attendant de nous revoir un jour !

Abbé Victor Abagna-Mossa et ses frères

2 - Mot d’adieu des Prêtres du diocèse d’Owando en Europe à leur regreté frère, Abbé François Wambat

Ya François,

Nous étions dispersés par le travail, accaparés par les préoccupations et les soucis du quotidien lorsque nous parvint la nouvelle brutale et triste de ton départ vers la maison du Père éternel.

Comme beaucoup, ce deuil qui nous frappe, nous remet en face de l’absurdité de l’existence humaine qui doit ainsi se terminer par un tel échec. Des questions nous assaillent grand frère, questions qui, pour la plupart resteront sans réponse. Pourquoi ? Pourquoi toi et pourquoi maintenant ?

Le ciel s’est assombri sur nos têtes et sur nos vies. Les nuages sont si épais que nous ne savons même plus s’il nous est possible de nous retrouver peu à peu et faire jaillir au fond de nos cœurs la flamme de l’espérance. Notre douleur, nous ne voulons même pas nier Yaya, nos larmes, nous n’avons pas la force de les condamner.

Tu es parti et désormais nous sommes seuls, seuls face à nous-mêmes, seuls à recevoir les coups, seuls à subir les humiliations, seuls à batailler pour un plus d’humanité, pour un plus de solidarité et un peu plus de considération.

Tu es parti et malgré notre douleur, malgré ce vide que tu laisses, nous n’avons pas oublié, nous ne voulons pas oublier ce que tu as été et reste pour nous. Pour cela, ne fût ce que pour cela, nous voulons te dire Merci. Merci avant out au formateur que tu as été pour beaucoup d’entre nous. Ce formateur qui nous a accueillis au séminaire et qui a su rester proche de chacun de nous dans notre croissance.

Merci à l’Homme pour le témoignage de la fidélité dans l’adversité et quelquefois le rejet.

Merci au Prêtre serviteur pour le zèle apostolique, la générosité et le don de sois au service de l’Eglise et du Pays. Comme prêtre, tu as su ouvrir des voies nouvelles, des champs nouveaux et une nouvelle présence apostoliques, essentiels à l’inculturation du message de Jésus en terre congolaise.

Merci pour le refus que tu as toujours manifester de faire de l’Eglise un lieu de clientélisme et d’écrasement de la dignité.

Merci enfin au grand frère qui a toujours montrer le chemin, sachant reprendre ceux parmi nous qui se dispersaient, corriger quand il le faillait, toujours avec une patience fraternelle. Merci pour avoir toujours su être là.

Sur tous ces points, tu resteras un témoin et continueras dans le fond de nos consciences à nous interpeller et à nous guider.

Ya François, merci pour tout ce que nous avons reçu. Mais l’importance et la grandeur de ce que nous avons reçu, nous mettent en face de la pauvreté de ce que nous avons pu donner en retour, surtout depuis le début de l’épreuve de la maladie jusqu’au moment du retour au Père.

Mais nous savons que notre défaillance a été compensée et comblée par la présence et le soutien constant et sans faille de ta famille, de tes amis et de nombreux bénéficiaires de ton engagement apostolique. Pour cela, nous demandons humblement pardon, et à tous, nous disons merci.

Ce que tu as vécu, ne peut pas ne pas nous interroger et nous interpeller sur notre propre vécu, sur notre avenir dans l’Eglise du Congo et dans le diocèse d’Owando. Sommes-nous en tant qu’Eglise, formons-nous véritablement un corps, une famille comme nous l’annonçons si allègrement souvent du haut de nos chaires ? Notre Presbyterium d’Owando est-il encore véritablement un lieu de solidarité, de fraternité, d’amour, de don de soi pour les autres sans recherche effrénée de l’intérêt personnel ?

Notre vie apostolique devra t-elle éternellement être synonyme de précarité et d’insécurité ? Sommes-nous condamnés pour survivre, à la mendicité et à la négation de notre dignité humaine ?

Enfin, comment faire pour que désormais les prêtres du diocèse d’Owando ne meurent plus à la fleur de l’âge ou au moment de la maturation dans l’abandon ?

Nous espérons que ta mort servira au moins à ouvrir à ceux qui refusent encore de voir, à redonner de la force à ceux qui l’ont perdue et le goût du service désintéressé malgré les difficultés et les coups bas. Puisse la parole de Dieu se saisir malgré tout de notre misère humaine et libérer en nous une certaine Espérance.

Ya François repose en paix et que tous les saints anges du ciel, que Mgr Singha, les abbés Mopiako, Okoumou, Ogniè, Dangui, Ibata te fassent une place dans la demeure éternelle. De là haut, regarde tes frères et fais un signe d’encouragement de temps en temps.

Tes frères : Victor, Paul, Abraham, Dieudonné, Narcisse, Narcisse, Norbert, Gervais, José, Mattias, Emmanuel, Lin Clovis, Zéphirin, Edgard, Rodrigue, Désidério...

3 - Mot d’un abbé du diocèse d’Owando à Ya François,

Aujourd’hui, nous réalisons à quel point tu ne vivais pas que pour toi-même. Tu étais pleinement tourné vers les autres et le tout autre. Dans ton champ d’action tu étais plein de fécondité. Cette population ici présente en est un témoignage frappant. Ces fruits de sympathie et d’amitié, tu les as cultivés davantage ces quinze (15) dernières années à Brazzaville à l’aumônerie universitaire où tu as été tourné vers le devoir et l’amour de soulager et d’accompagner les tiens au-delà du monde étudiant.

Vivre cela dans cette ville là, pour les riverains du fleuve Congo que nous sommes, tu t’inscrivais en vrai dans la logique de nos parents : laquelle après la naissance et une partie de notre scolarité dans nos lieux respectifs, nous devrions prendre le bateau pour nous rendre à Brazzaville afin de poursuivre les études supérieures, et y travailler.

Ton lieu de travail était l’aumônerie des étudiants. Là, tu as rencontré certains diocésains de ton diocèse, ceux du diocèse de Brazzaville, une partie de tous les diocèses du pays et même au-delà et essayais de vivre avec eux l’amour que tu reçus depuis ta tendre enfance.

C’est en cela que nous voulons dire merci à maman Pauline, ta mère, et papa Wambat qui nous ont tant donné.

Merci à toi-même parce que comme diocésain d’Owando, tu as su et pu répondre à la mission qui était la tienne à Brazzaville, mission voulue et accordée par la Conférence des Evêques du Congo.

Merci à toi ya François, ne serait-ce que parce que sur le champ de ta mission, tu as montré à l’Eglise du Congo les enjeux et perspectives de l’inculturation en essayant de répandre également aux aspirations profondes de nos frères et sœurs. En choisissant Owando comme lieu de ton inhumation, tu révèles à tous que tu aimais profondément ton diocèse...

4 - Témoignage de l’abbé Mathieu Bakanina à l’occasion de la messe de la levée de corps de monsieur l’abbé François Wambat.

A n’en point douter, la vie de Ya François Wambat alias « ya Fala », « Molangi ya pembe », « Moto pamba », « Mobola wa nzambe » ressemblerait un peu à un « diamant à plusieurs facettes ». Pour ma part, non sans émotions, mais en toute franchise je voudrai vous présenter entre autres un témoignage à partir de trois facettes.

a - Monsieur l’abbé François Wambat : Homme de foi et de prières. (Actes 2, 42-47)

Au CIO (Centre Interdiocésain des Oeuvres) à Brazzaville, nous formions une communauté de résidents : Les prêtres aumôniers des différents services nationaux de la pastorale. Les sœurs oblates affectées à la gestion hôtelière et logistique. A celle-ci se joignait, de temps à autres : Les évêques congolais des différents diocèses de l’intérieur du pays. Des prêtres, religieux, religieuses, laïcs.

Attentif à nos devoirs sacerdotaux de célébration quotidienne de l’eucharistie, de la prière des heures ( bréviaire), des sacrements, des dévotions et autres prières, Ya François n’a pas cessé de nous rappeler tous à l’ordre ( Évêques, prêtres, sœurs oblates). A ses cadets que nous sommes, il nous a continuellement exhorté à veiller sur : l’établissement et l’observance stricte du planning de la célébration eucharistique dans la chapelle. la consigne du silence tant dans la chapelle que dans nos appartement privés. l’exercice sans honte ni complaisance des pratiques de jeûne, de chemin de croix (même hors carême), de rosaire.

b - Ya François et le ministère des malades (Jacques 5, 13-17) :

Outre pour l’aumônerie nationale des étudiants avec des innovations et toute l’organisation des conférences-débats, de publications diverses, d’émissions radiotélévisées..., Ya François s’est également beaucoup dépensé dans l’accueil et le ministère des malades, des « blessés de la vie ».

De jour comme de nuit, sensible à la souffrance des uns et des autres, je suis témoin des nuits blanches pour intercéder en faveur des malades accueillis sur la journée. Prompt à vous intéresser et vous instruire sur le ministère des malades, je suis redevable de Ya François au sujet de mon ministère dans les hôpitaux. Je lui dois beaucoup et l’en remercie vivement et fraternellement.

En effet, à la suite des abbés Jules Kiyindou (aumônier de l’hôpital général de Brazzaville), Martin Atangana au Cameroun, Félix Perel (actuellement en France), Monseigneur Raphael Ndangui de vénérable mémoire, Ya François m’a fraternellement initié et encouragé aux prières d’intercession pour les mourants, « les âmes du purgatoire », les prières et célébrations au sein des morgues municipales de Brazzaville.

Sachant mixer la rationalité et la spiritualité, méthodique, il ne cessait de mettre en garde contre les déviances schismatiques propres aux gourous

c - Ya François : homme au franc parler, direct, délivrant sa parole tant aux « grands de ce monde » qu’aux « laissés pour compte » (Jérémie 1, 6-12)

Mainte fois, je l’ai vu et entendu délivrer sa parole percutante tant aux « laissés pour compte » qu’aux « grands de monde ». Principalement aux « grands de ce monde », les accueillant discrètement pour une entrevue, la messe ou d’autres prières, avec son franc parler, ne craignant nullement pour sa propre vie, il ne s’empêchait point de les exhorter à l’humilité, la conversion sincère...voire la restitution des biens mal acquis.

5 - Mot de la Communauté africaine de Lille à Mgr Ernest Kombo, Evêque d’owando

« Très bien, bon et fidèle serviteur ; tu as été fidèle en peu, je te confierai beaucoup. Viens te réjouir avec ton maître. » (Matthieu 25,21)

Excellence,

C’est avec une forte émotion, mais aussi des cœurs sereins que la communauté africaine de Lille a appris la renaissance de Monsieur l’Abbé François Wambat.

Dans notre communauté, de nombreuses personnes en général, et plusieurs de ses compatriotes en particulier garderont de ce serviteur de Dieu le souvenir des qualités indéniables d’orateur passionné, franc et direct, de musicien talentueux, de rassembleur, d’homme de prières détaché de toute propension au gain et au matériel.

En ces heures d’épreuves diverses voire inattendues, nous ne pouvons douter que la famille de l’illustre disparu, le diocèse d’Owando et toute l’Eglise du Congo gardent confiance dans la foi en Jésus-Christ ; Lui qui, ressuscité d’entre les morts, assis d’auprès du Père, nous envoie le Défenseur : l’Esprit Saint.

Par la présente, en ce mois marial, toute notre communauté vous prie de croire en sa communion fraternelle et spirituelle.

Lille, le 24 mai 2006 La Communauté africaine de Lille

6- De Brazzaville, nous avons reçu de l’Archevêque Mgr Anatole Milandou, le message et suivant.

« Non, je ne mourrai pas, je vivrai pour annoncer les bontés du Seigneur » (Ps 117, 17).

En union avec le Diocèse d’Owando, j’ai la profonde douleur de vous annoncer le décès de Mr l’Abbé François Wambat, survenu le jeudi 18 mai 2006 à l’hôpital Saint-Louis de Paris. L’Abbé Wambat, comme vous le savez, a été Aumônier de l’université Marien Ngouabi.

Ses obsèques auront lieu à Owando et sa dépouille mortelle arrivera à Brazzaville, le vendredi 26 mai 2006. A cet effet, une veillée diocésaine et une messe seront organisées à la Paroisse Sainte Anne du Congo, le même jour, suivant le programme établi par la Commission Diocésaine de Liturgie. La veillée se prolongera toute la nuit jusqu’au samedi 27 mai 2006

Tout l’Archidiocèse présente ses condoléances à Mgr Ernest Kombo, Evêque d’Owando, à son clergé, à la famille du disparu et à tous les fidèles laïcs d’Owando.

Que son âme repose en paix !

Mgr Anatole Milandou Archevêque métropolitain de Brazzaville

7 - Autres témoignages

L’Abbé François Wambat, il chantait tout le temps, il était doté d’une force dans la voix.

Après Mgr Barthélémy Batantu, Mr Emile Oboa, Magloire Yaoué, l’Eglise catholique du Congo perd en la personne de l’Abbé Wambat, un grand musicien hors pair. Il chantait tout le temps, il était doté d’une force exceptionnelle dans la voix, une voix de baryton et de ténor. Telle est la première observation de ya Moïse Baniakina que j’ai interviewé. Cette génération de musiciens, avec à l’époque Moïse Baniakina, l’Abbé Dénis Ngambanou, a favorisé l’éclosion des chorales, suite à Vatican II , fourni à notre Eglise un patrimoine richissime en chants religieux.

Moïse Baniakina rencontre François Wambat au séminaire Saint Jean en 1968. Mais surtout au grand séminaire Liberman, en 1970 qu’ils se sont vraiment appréciés dans leur domaine de prélédiction : la musique sacrée.

François Wambat, poursuit-il, a composé de nombreux chants en lingala et a apporté dans les harmonisations au niveau des deuxièmes voix, une touche personnelle à lui qu’on retrouve dans les chants tels le que le « Nkembo, nkembo, nkembo na Nzambe, Pascalelo, Alleluia Mokonzi asakui... » Faut être un connaisseur pour s’en apercevoir. Lors de la préparation de la messe d’intronisation du Cardinal Emile Biayenda, l’Abbé François Wamba met tout son talent pour la réussite de cet événement. C’est ainsi à la suite du chant « Ntotoansi wa nkaka wa kembela Mfumue », il introduit : « Molongo mobimba... ».

Son amour pour la musique ne s’est pas limité seulement pour les chants religieux. Il a composé des chants patriotiques et chanté dans la chorale du Parti.

L’œuvre musicale de l’Abbé Wambat, autant que celle de Mgr Batantu doit être valorisée par leur exécution quotidienne dans nos chorales, qui pour la plupart se lancent dans une course effrénée des chants nouveaux, délaissant ces merveilles qui font notre trésor.

A Paris, parallèlement à ses études universitaires, il est aumônier de la Chorale congolaise de Paris, crée un groupe de prière charismatique.

Pour moi, dit tata Magory Remy Mouniguissa, l’Abbé Wamba a été un bon prêtre

Visionnaire, l’abbé Wambat a vite vu et compris l’intérêt d’une assistance spirituelle à l’endroit des étudiants, pionniers, travailleurs. D’où l’idée d’une aumônerie universitaire de masse, ouverte à tous. Ainsi, avec peu de moyens, il a effectué un travail fantastique en milieu universitaire, où les « mordus » de l’UJSC, de l’idéologie marxiste tenaient le devant de la scène. Il fallait oser !

Tata Magory se souvient encore de ce pèlerinage pour Liranga, où un groupe de plus de 200 personnes, encadré par les Abbés François Wambat, son petit frère Joseph Wambat, curé de Mossaka et un prêtre de Kinshassa, prit le bateau pour Liranga, du 16 au 29 août 1990. Il lui est très reconnaissance pour ce pèlerinage qui a permis à de nombreuses familles de se rencontrer, de se lier d’amitié qui perdure jusqu’à ce jour. L’un des fruits vivants a été son mariage religieux, un an après ce pèlerinage, mais aussi de nombreux baptêmes.

Il s’en va comme il était : simple, sans richesse personnelle. Si tout vient de Dieu, tout doit lui revenir mais non sans que nous ayons fructifier ces dons : la fierté des servir, le mépris de la gloire, l’amour de tout pays, toute race. Avec l’Abbé François Wambat, il n’ y avait ni barrières claniques, tribalistes. Il était l’homme de tout le monde. Alors, arrêtons de lui attribuer ce qu’il n’a jamais été, c’est-à-dire un tribaliste.

Difficile de fermer cette page sans ajouter une note personnelle à l’adresse de l’Abbé François Wambat. Je citerai tout simplement ce passage biblique : « Celui qui aime, a déjà franchi la mort. Rien ne pourra le séparer de l’amour du Dieu vivant » !

A Paris, le 26 mai 2006

Textes et témoignages recueillis par Gabriel SOUNGA-BOUKONO Président de l’Association Cardinal Emile Biayenda - France (ACEB France) Contact mail : acebfrance@yahoo.fr

Voici le programme prévu pour l’organisation de ses obsèques à Owando (Congo-Brazzaville)

Vendredi 26 mai 2006 : 18h00 : Arrivée de la dépouille mortelle de l’Abbé François Wambat à Maya-Maya 20h00 : Messe et veillée à Sainte Anne. La veillée est animée par les paroisses de Brazzaville. Président de la Cérémonie : Mgr Anatole Milandou. Homélie : Abbé Benjamin Kala Samedi 27 mai 2006 : 8h00 : Messe à Sainte Anne. Président : Mgr Louis Portella Mbuyu 10h00 : Départ pour Owando

Dimanche 28 mai 2006 : 9h00 : Messe et inhumation à Owando

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