// Vous lisez...

Dépèches/Nouvelles

FIN de l’impunité : TAYLOR repris et en partance pour La Haye

Comme Taylor présenté prochainement à la Haye, et enfermé à Monrovia sous la garde des forces de l’ONU. A quand le tour de Sassou, Ntoumi et leurs complices ?

Fin de l’impunité : Taylor repris et en partance pour la Haye

Une menace pour la paix

Depuis son inculpation le 3 mars 2004, le procureur de la Cour spéciale prévient : « Charles Taylor constitue une menace pour la paix et la sécurité dans la région ». Selon l’organisation américaine Coalition pour la justice internationale, le chef de guerre aurait effectué des transferts bancaires depuis son exil protégé du Nigeria vers ses partisans à Monrovia pour déstabiliser le pays lors des élections présidentielles d’octobre 2005. Or le président nigérian Olusegun Obasanjo ne lui avait accordé l’exil, en accord avec les Occidentaux, qu’en échange de son retrait de la vie politique régionale. L’ex chef d’Etat qui bénéficie d’une amnistie pour les crimes commis au Libéria, est poursuivi pour crimes contre l’humanité et violations des Conventions de Genève pour extermination, viols, esclavage, conscription d’enfants, enlèvements et pillages en Sierra Léone, entre 1997 et 2000. Selon son acte d’accusation, il aurait financé, formé et armé les rebelles du Front révolutionnaire uni de Foday Sankoh. Inculpé, ce dernier avait été incarcéré par la Cour spéciale à Freetown en mars 2003, mais était décédé quelques mois plus tard d’une infection. Les deux hommes s’étaient connus à la fin des années 1980 en Libye, dans un camp d’entraînement militaire du gouvernement Kadhafi. Le numéro trois de cette alliance sanguinaire, Samuel Bockarie, dit Mosquito, avait été tué de cinq balles dans le cœur le 29 mai 2003, alors qu’il devait être arrêté et transféré à la Cour. Après enquête, le procureur de la Cour spéciale avait affirmé que Charles Taylor était l’auteur de cet assassinat. RFI du 30/03/06 : 17h 14 Stéphanie MAUPAS

Charles Taylor incarcéré par l’ONU pour ses crimes en Sierra Leone

L’ancien président du Liberia Charles Taylor a été incarcéré, mercredi 29 mars, à la prison de la Cour spéciale pour la Sierra Leone (CSSL), à Freetown. L’ex-chef de guerre est accusé de crimes contre l’humanité et de violations des conventions de Genève pour extermination, viols, esclavage, conscription d’enfants, enlèvements et pillages commis en Sierra Leone entre 1997 et 2000. Charles Taylor a été arrêté vingt-quatre heures après avoir pris la fuite à la suite des déclarations du président nigérian, Olusegun Obasanjo, annonçant son extradition vers le Liberia et la fin de près de trois ans d’exil protégé. L’arrestation de Charles Taylor "me rend justice", a déclaré Olusegun Obasanjo, accusé, à la veille de sa visite, mercredi à Washington, de négligences. "Le fait que Charles Taylor soit traduit en justice aidera le Liberia et est le signe de votre profonde volonté de faire la paix dans la région", a estimé le président américain, George Bush, lors de sa rencontre avec M. Obasanjo à la Maison Blanche.

"DIAMANTS DE SANG"

L’affaire Taylor est complexe. Président du Liberia de 1997 à 2003, où il avait conduit une guerre civile des plus sanglantes avant de l’exporter en Sierra Leone, Charles Taylor n’était pas présent dans ce pays lors des dix années de guerre civile, au lourd bilan de 200 000 morts. Il parrainait, depuis Monrovia, les "coupeurs de bras" du Front révolutionnaire uni (RUF). Selon son acte d’accusation, Charles Taylor aurait financé, formé et armé les rebelles conduits par Foday Sankoh. Incarcéré en mars 2003, mais gravement malade, le chef du RUF est mort en juillet 2003 à l’hôpital de Freetown, avant le début de son procès. Les deux hommes s’étaient connus à la fin des années 1980 en Libye, dans un camp d’entraînement militaire. Le numéro 3 de cette alliance sanguinaire, Samuel Bockarie, dit "Mosquito", a été tué en mai 2003 de cinq balles dans le coeur, quelques jours avant son arrestation. Le procureur de la Cour spéciale avait affirmé, après enquête, que Charles Taylor était l’auteur de cet assassinat. Pour le procureur, les crimes de ce trio visaient à "déstabiliser l’état sierra-léonais pour s’emparer des richesses diamantifères du pays". Ces "diamants de sang" ont fait la fortune de Charles Taylor. En lançant son mandat d’arrêt, le procureur avait demandé aux Etats de geler les comptes de l’ancien président et de certains de ses associés. Seule la Suisse avait engagé une action. Selon l’organisation américaine Coalition for International Justice, M. Taylor aurait en outre financé, depuis son exil au Nigeria, ses partisans au Liberia pour fomenter des troubles lors de la campagne pour l’élection présidentielle d’octobre 2005. Le Monde du 30/03/06 15h25 Stéphanie MAUPAS

Commentaires