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Communiqués et Lettres ouvertes

Les Gesticulations du Pouvoir Sassou...

Communiqué

Depuis maintenant huit ans, huit longues années, un climat d’insécurité permanente s’est installé au Congo Brazzaville, frappant tout particulièrement les populations de la capitale et au-delà celles de la région du Pool. Une victoire sans précédent a néanmoins été remportée par le peuple congolais lors du simulacre de procs organisé par le pouvoir en juillet dernier, à seule fin d’escamoter la vérité sur l’affaire des disparus du beach.

Quelle n’a sans doute pas été la double surprise de Denis Sassou Nguesso de voir :
- le courage et la détermination des familles des victimes faisant face aux bourreaux de leurs enfants et parents, qui se sont présentés non seulement libres mais armés et entourés de leurs gardes du corps, devant une Cour de Justice aux ordres.
- De constater que les quinze accusés livrés par le pouvoir, refusant d’assumer seuls une quelconque culpabilité, menaçaient la Cour. Dès lors, le verdict prononcé condamnant l’Etat mais relaxant les prévenus, ne pouvait qu’être absurde. Le régime est à bout de souffle comme en témoigne cette affaire du beach qui n’est qu’une petite partie visible de l’ensemble des forfaits commis par les seigneurs de guerre qui ont ramené puis maintenu Sassou au pouvoir.

La démarche proposée aujourd’hui d’une réconciliation nationale dans l’impunité, n’est qu’une fuite en avant débouchant sur davantage encore de destructions et de morts Bernard Kolélas rentré récemment au Congo, se retrouve à la fois acteur et victime d’une situation créée par l’accord passé autrefois avec Sassou ayant entraîné la création d’une milice Ninja mise à son service. Condamné par coutumace, il vient en effet de bénéficier d’une étrange « amnistie humanitaire ».

Mais entre temps, sa milice Ninja a été doublée par une autre milice Ninja Nsiloulou au service d’un individu qualifié il n’y a pas si longtemps d’aliéné par le pouvoir, mais en réalité totalement instrumentalisé par celui-ci, Fréderic Bitsangou plus connu sous le nom de « révérend pasteur Ntoumi. Ces miliciens et leur chef autrefois si utiles pour le pouvoir, et dont un grand nombre est mêlé aux habitants des quartiers sud de Bacongo de Brazzaville, sont donc aujourd’hui devenus gênants.

Les récentes fusillades et tirs au canon ou depuis des hélicoptères survenus récemment à Brazzaville, n’ont d’autre objet que de les forcer à retourner dans le Pool. Cette situation de violence prend une fois de plus en otage la population civile qui, pillée, rackettée, violentée, abattue gratuitement, se voit forcée à fuir.

On mesure bien les limites de cette étrange politique de réconciliation proclamée par le pouvoir, qui n’est envisagée qu’avec la complicité de ceux qui l’aideront à étouffer toute vérité sur ses crimes passés : crimes de sang et crimes économiques. Tous ceux qui entendent se laisser convaincre ou séduire par ce discours, doivent savoir qu’ils se rendent complices des crimes passés, présents et à venir sur les populations congolaises.

Vaujours le 9 novembre 2005 Le Délégué Général Benjamin MOUTSILA

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