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Dépèches/Nouvelles

Affaire du Beach vue par la presse africaine...

Morceaux choisis de la Presse Africaine sur le procès de Brazzaville

Reality Show à Brazzaville

Jeune Africaine L’intelligent 28/09/05

« Le général Norbert Dabira, inspecteur général des forces armées, mais aussi patron de la chaîne privée DRTV - qui retransmettait elle aussi les débats en direct -, a, dès le lendemain du verdict, mis sur le marché l’intégralité du procès en 36 DVD. Prix du lot : 500 000 F CFA ».Ou encore : « en toute discrétion [Sassou] a reçu, le 22, en sa résidence de Mpila, les quinze ex-accusés préalablement rétablis dans leurs grades et leurs décorations. Lors d’une courte allocution, il leur a demandé de se taire, de n’accorder aucune interview et de ne pas commenter le verdict. Rien qui puisse ressembler à du triomphalisme et laisser à penser qu’un camp l’a emporté sur un autre ... le 15, jour de la fête nationale, sous un chapiteau dressé à Impfondo, en pleine forêt équatoriale, il [Sassou] a dansé la rumba jusqu’au bout de la nuit, comme si de rien n’était, au son du célèbre orchestre cubain Aragon »...

François SOUDAN

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Disparus du Beach : La justice impossible

LE MESSAGER Journal N° 1947 du 22-08-2005

Directeur de publication : Pius N. NJAWE

Les accusés acquittés, mais l’Etat reconnu coupable. Le régime de Sassou ne se fait pas hara-kiri. Le prix du disparu : La cour semble s’être inspirée de ce réquisitoire, en tout cas, pour ce qui est des indemnisations. Mais, en reconnaissant les défaillances des services de l’Etat et la responsabilité de l’Etat, la cour a du même coup reconnu qu’il y a bel et bien eu des disparus. Curieusement, la cour s’est bien gardée de désigner les coupables de ces disparitions...

Ambroise EBONDA

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Jacques Babindamana, magistrat congolais connu pour son indépendance, n’en pense pas moins. Interrogé par l’Afp, il estime que le verdict de la Cour est “ une compromission politique et non une décision judiciaire parce qu’on ne peut pas comprendre qu’on acquitte tous les inculpés et qu’on condamne en même temps l’Etat ”. “ Pour condamner l’Etat, dit-il, il fallait prouver la culpabilité de ses agents. Or, la Cour a dit que les accusés n’étaient pas coupables, dès lors, la condamnation de l’Etat devient incompréhensible. C’est burlesque. C’est du cafouillage. C’est une honte pour la justice ”, s’indigne le magistrat.

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Procès du Beach : accusés, vous êtes acquittés !

Le Pays (Ouagadougou) Le 19 Août 2005

D’abord, d’eux-mêmes, ils ont donné l’image de justiciers dignes de l’époque soviétique et pour lesquels peu importait que toutes les conditions d’un procès transparent fussent réunies. Ensuite, la justice congolaise elle-même qui a régressé et perdu pour longtemps le peu de confiance qu’elle pouvait inspirer auprès du justiciable. Enfin, le pays qui voit voler en éclats sa campagne de séduction en direction de l’extérieur, surtout des investisseurs étrangers. C’est vrai qu’attirés par l’irrésistible pouvoir d’attraction de l’odeur du pétrole, beaucoup d’investisseurs étrangers n’hésitent pas à s’aventurer dans ce pays. N’empêche que beaucoup réfléchiront longtemps avant d’injecter leurs sous dans un pays où les disparitions et les assassinats politiques, même à grande échelle, sont relégués au rang de simples faits divers. Sinon, comment comprendre qu’en dépit de la gravité des charges (génocide, crimes contre l’humanité, crimes de guerre et d’assassinats) qui pesaient sur les présumés coupables, tout le monde ait été acquitté ? Des charges qui idéalement, devaient conduire les accusés devant le TPI (Tribunal pénal international) de la Haye, au même titre que Milosevic et compagnie.

Dans ces conditions, face à de tels crimes impunis, il est à craindre que l’Afrique ne se transforme en une sorte de vaste arène où triomphera toujours la justice des vainqueurs et où l’on disposera de la vie des plus faibles. On pourrait alors emprunter le titre de ce western "Tuez les tous et revenez seuls", et ajouter, en conclusion, "rien ne vous arrivera".

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