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Dépèches/Nouvelles

La gestion des ressources du pétrole et l’enjeu national.

Nous publions ici une lettre qui met un peu plus en lumière la connivence manifeste entre la bourgeoisie politique compradore congolaise et des entreprises du pétrole peu scrupuleuses pour ne pas dire maffieuses. Elle a été faite par un non congolais. Le pouvoir congolais ne peut donc pas raisonnablement crier à la manipulation. SERGE BERREBI berrebiserge@wanadoo.fr Tel : +33(0)677186038

Antibes le 31 juillet 2005

Monsieur Pacifique ISSOÏBEKA Ministre de l’Economie, des Finances et du Budget Brazzaville REPUBLIQUE DU CONGO

Par mail sur le site internet du Ministère : virginieclemence@yahoo.fr

Monsieur le Ministre,

Je viens de prendre connaissance de certains documents que vous avez mis sur internet dans votre site officiel à l’adresse suivante :

www.mefb-cg.org/petrole/partage_production.htm

Le tableau comporte plus que des erreurs, des preuves flagrantes de fraudes quant à la production 2004, intitulée aussi par erreur 2005.

D’après ce tableau et d’après les déclarations officielles des deux principaux opérateurs, 40.000 barils/jour, au moins, ont échappé à vôtre contrôle et à celui du Trésor Public en 2004. Plus de 14 millions de barils pour l’année 2004 !

La moyenne du baril de pétrole s’étant élevée en 2004 à 36 dollars, ma démonstration va porter sur la modeste somme de CINQ CENTS MILLIONS DE US DOLLARS (500.000.000 USD) qui n’ont pas pris le chemin de votre ministère ni celui du TRESOR PUBLIC congolais.

D’après ce tableau :

La Production globale 2004 s’élève à 94 688 475 barils soit une production quotidienne de 259 420 barils/jour.

Pour TEP (TOTAL) sa production s’élève à 45 800 740 barils soit une production quotidienne de 125 481 barils/jour.

Pour ENI CONGO sa production s’élève à 23 475 000 barils soit une production quotidienne de 64 315 barils/jour.

Pour TOTAL et ENI leur production respective est intégrée dans leurs comptes annuels :

1) après déduction des barils revenants à la SNPC (partage production ou redevance et fiscalité, PID etc) et de ceux revenants aux compagnies pétrolières associées dans chacun des champs,

2) après addition des barils produits dans les champs dans lesquels ils sont associés.

TOTAL et ENI ont des participations croisées dans leurs champs. On peut avancer que, grosso modo, ces participations s’équilibrent et que pour tout baril payé sur un champ correspond un baril reçu sur un autre.

Extrait Rapport Annuel TOTAL 2004

Extrait communication ENI sur Production 2004 République du Congo

Africa Republic of Congo

Africa Americas Asia and Oceania Europe Middle East

Eni has been operating in the exploration and production sector in the Republic of Congo since 1968. At present, Eni holds interests in various offshore oil fields in production, in which it is operator : Foukanda, Mwafi , Djambala and Zatchi (Eni’s interest 65%), Loango (Eni 50%) and Kjtina (Eni 35.75%). The fields of Loango and Zatchi were developed in various phases between 1976 and 1986. The fields of Kitina and Djambala started production in 1997 while the Foukanda and Mwafi fields, discovered in 1998, started production in 2001. The production coming from the above-mentioned oil fields is conveyed to the Djeno oil terminal, south of Pointe Noire. Eni also participates in other oil fields such as Pointe Noire Grand Fond and Pex (Eni’s interest 35%).Eni also holds interests in two deep water exploration blocks : Mer Très Profonde Nord (Eni’s interest 60%, operator) and Mer Très Profonde Sud (Eni 30%).In 2004, Eni’s share of oil and natural gas production in Congo averaged approximately 74 thousand barrels of oil equivalent per day (boe/day).In 2002, a 25 MW capacity thermoelectric power plant carried out by Eni and another international oil company was inaugurated at Djeno. This power plant, which is fed with associated gas from the offshore fields of Kjtina, Djambala and Foukanda, located at about 65 km from the coast, fits in with the programme of reduction of gas flared into the atmosphere and of its employment in power generation, with considerable economic, social and environmental benefits.In the oilfield services, construction and engineering sector, Snamprogetti and Saipem have installed a number of offshore drilling and production platforms and related pipelines. Last modified : Tuesday, June 7, 2005

BARILS EVAPORES, BARILS MANQUANTS !

Si la situation de TOTAL semble claire, disons acceptable :

90 000 barils/jour de revenu net pour 125 481 barils/jour produits

(0n peut néanmoins s’étonner que TOTAL parvienne à obtenir ce revenu alors qu’il y a 34% de prélèvements partage production PID et les participations de SNPC et de CHEVRON)

La situation de ENI CONGO atteste d’une fraude flagrante. ENI ne peut pas intégrer dans ses comptes annuels plus de barils qu’il n’en produit.

74.000 barils/jour de revenu net pour 64.135 barils/jour produits.

En appliquant le même coefficient (barils revenu/barils produits) pour ENI que pour TOTAL nous obtenons une production de 102.777 barils/ jour et une production annuelle de 37 513 605 barils.

La production, équivalent pétrole, en 2004 sur la base des déclarations d’ENI a été de 108 727 080 barils et non de 94 688 475 barils. Soit 298.000 barils/jour.

ENI dans un autre document affirme être le deuxième producteur au Congo avec 34% de la production, ce qui se révèle exact dès lors que l’on se base sur une production de 37 513 605 barils.

Je ne peux pas imaginer un seul instant que TOTAL et ENI mentent à leurs actionnaires.

Monsieur le Ministre, en tant que Créancier de la République du Congo et de son émanation la SNPC, et au nom de tous les autres Créanciers qui vous poursuivent devant de très nombreux Tribunaux, je me dois de vous poser la question suivante :

A qui ces quatorze millions de barils de pétrole (14.000.000 barils) ont-ils bénéficié ?

Dans l’attente de votre réponse je me permets de communiquer cette correspondance aux nombreux intéressés (FMI, ONG, Créanciers, Elus congolais, responsables de Parti et d’Association, presse nationale et internationale)

Veuillez agréer, Monsieur le Ministre, l’expression de mes meilleures salutations.

Serge BERREBI

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