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Environnement

Pointe Noire d’hier et d’aujourd’hui

FEDERATION DES CONGOLAIS DE LA DIASPORA

Le littoral et Pointe Noire sont ils pollués ?

Pointe Noire était jadis considérée comme une ville propre , la plus propre du Congo. Avec les marchés les mieux entretenus de la république. La gestion assurée par des congolais respectant les règles élémentaires d’assainissement de ville qu’on appelait la “voirie”, c’est à dire : Nettoyage Ramassage journalier des ordures ménagères Curage Désinfection hebdomadaire des marchés. Les artères principales, les caniveaux et autres réseaux d’évacuation des eaux usées ( vannes et pluviales ) étaient régulièrement entretenus. Existaient également deux belles plages de sable fin et blanc : de la côte mondaine à Songolo ; et de la côte sauvage à la lagune de N’Djéno. Ce qui avait valu à cette cité le surnom de PONTON LA BELLE ; un littoral de carte postale paradis pour vacancier.

Qu’est elle devenue aujourd’hui ? 1 - Les Marchés. J’ai été accueilli au grand marché comme au marché de Tié Tié, par une odeur nauséabonde et pestilentielle. Face à cet étonnement, une marchande m’a montré les caniveaux non curés, jonchés d’immondices avec des eaux stagnantes, ce qui ressemblait à une soupe digne du “Big-bang” exhalant des gaz de soufre et d’ammoniac. Débordant sur les propriétés privées et les artères adjacentes qui s’en trouvaient joncher de sacs plastic libérant sous le soleil des composés chlorés dabs l’air ambiant. Et les autres marchés, installés anarchiquement, parfois sur la voie publique en dépit de toutes normes de sécurité sanitaire et publique.

2 - Assainissement et Élimination des déchets. Je n’ai vu que des rues repoussantes de saleté, gorgées de sable. Les caniveaux qui jadis nous servaient de plan d’eaux pour des jeux aquatiques lors des pluies diluviennes avaient totalement disparus. Certains égouts en principe enterrés étaient largement au dessus des artères de circulation. Que peuvent ils ou doivent ils évacuer ? Certaines zones humides qui servaient à l’évacuation des eaux alluviales ont été urbanisées tel Dibodo et autres. Alors que d’autres zones sont devenues des aires de stockage des déchets ménagers ; quand ce ne sont pas certains carrefours, autres stades abandonnés, ou autres terrains.

3 - Le littoral Jusqu’en 1974 existait à PN une belle plage appelée côte mondaine. On y accédait par l’avenue passant devant le lycée Victor Augagneur. Cette plage était dotée d’un bar le pavillon bleu. La mer était bleue et belle on y pratiquait des sports nautiques. La côte sauvage avec la barre présentait des anses et une mangrove jusqu’à la lagune de N’Djeno où il faisait bon pique niquer. Ces endroits paradisiaques nous remplissaient les poumons d’iode et le courant du Benguela nous revivifiait. Aujourd’hui, tous ces endroits ont été souillés par les majors du capitalisme industriel pétrolier : La côte mondaine est devenu base d’ancrage et de stockage du matériel de forage à utiliser ou déjà utilisé, ainsi que les Déchets Industriels Banals (DIB ) inhérents à cette industrie. Au large les tankers et les barges dégazent sans aucun scrupule et les dérivés d’hydrocarbures après avoir souillé les eaux marines échouent sur les plages de la cote sauvage. Toutes ces plages sont devenues impropres à la baignade. Ce littoral jadis protégé par une législation qui en faisait un sanctuaire parce que fragile a été livré aux marchands de matériaux de constructions qui en extraient le sable pour les chantiers des nantis. Ce qui accélère l’érosion et la montée des eaux ; conséquence de l’effet de serre.

4 - Pollution de l’air Les torchères brûlent les hydrocarbures répandant les gaz de combustion incomplète sur tous les villages du littoral et les quartiers de Tchimani, Tchimbamba, et M’pita. Ces suies, gaz de soufre et de plomb provoquent des pluies acides qui ont détruit “la mangue de Loango” et d’autres espèces végétales comestibles du Kouilou. Certaines ceintures maraîchères ont disparu car des maladies dû au soufre attaquent systématiquement les légumes, les feuilles et les troncs d’arbres. Suite à une enquête de proximité sur les terrains de jeux des enfants , nous avons constaté que beaucoup souffraient de multiples affections qu’on observait dans les bassins industriels des pays de l’est (Roumanie, Pologne ou Républiques du Caucase ). Maladies respiratoires chroniques ( Affections pulmonaires, Asthme,... ), des maladies ophtalmiques, cutanées et autres affections deviennent légions alors qu’elles étaient inconnu de mémoire de vieux pontenégrins. Et un tour dans les centres de soin nous en donne la prédominance. Le micro climat de PN a été durablement modifié et continue sa détérioration.

5 - Les Transports Quelle cacophonie ! Les 3/4 des véhicules de transport en commun ou la 1/2 des véhicules privés sont le rebus des contrôles techniques des pays développés. Ceux qui dégagent dans l’atmosphère du monoxyde de carbone, des gaz de plomb et de soufre, composés des pluies acides. La voirie ne répond pas au nombre de véhicules et épaves roulants croissant sur le territoire. Sans oublier ces avions cargos qui sont les rebus et déchets de l’aviation soviétique. Refusés en Europe, ils ont retrouvé une seconde jeunesse dans nos pays. Le panache de leur fumée de combustion détruit la ceinture maraîchère d’Agricongo, ainsi que les arbres fruitiers locaux. On importe des espèces fruitières du Cameroun pour remplacer les espèces malades, les vieux baobabs ne donne plus que des fruits impropres à la consommation, alors qu’on en consommait avec délice il y a peu. Et cet aéroport dont l’emprise a été aliéné, les maisons se retrouvent en bout de piste ou au bord des pistes. Quand les enfants jouent au foot ball devant chez eux, ils font coucou aux passagers et au pilotes de ces zincs d’un autre âge.

6 - Le cadastre Le Plan directeur de la ville n’est plus consultable parce que les décideurs n’en jugent plus l’utilité. Alors les zones ont totalement disparus. Les réserves foncières publiques sont passées dans la spéculation foncière à quel profit ? Les espaces verts n’existent plus au profit de constructions privés. Si bien qu’aucune structure publique ne peut être agrandie par manque d’espace. Le clou c’est le stade Franco Anselmi qui a vu évoluer le roi du foot ball Pelé qui est devenu un dépotoir. Et quand je penses que les autorités communales recherchaient des financements pour penser et concevoir un plan directeur alors que dans les archives il y en a un qui ne demande qu’à être actualisé. D’où cette bêtise monumentale de vouloir créer un réseau d’assainissement alors qu’il en existe un qu’il faut seulement réhabiliter afin de le continuer et l’agrandir. Les Zones industrielles sont décidées et implantées en toute anarchie, sans précaution d’évacuation encas de problème de sécurité..

7 - Les Zones boisées naturelles En arrivant sur Pointe Noire de jour, depuis la frontière Gabonaise, la forêt primaire a pratiquement disparu. L’équilibre climatique, faunistique, et floristique de cet ensemble équato-tropical a totalement et irréversiblement été rompu. On a déboisé et remplacé les essences locales par une essence australienne. La faune liée à la flore tropicale est en train de disparaître inexorablement. Quand importerons nous des Koalas amateurs des feuilles d’Eucalyptus ? De ce fait tous les équilibres dynamiques de ces écosystèmes ont été rompus. Les sols s’érodent à une plus grande vitesse car les bonnes terres arables sont occupées par ces mêmes Eucalyptus. Seules restent pour les champs les collines c’est à dire les terrains propices à l’érosion due aux pluies tropicales diluviennes.

Que faut il faire ? L’abandon et l’inexistence d’une politique de construction de villes et des pays ruraux digne du XXI° a des conséquences dramatiques sur le confort et la santé des populations utilisatrices de ces espaces. Qu’allons nous laisser aux populations futures ? Pourtant des dispositions réglementaires, une application des textes existant auraient suffit : - Une application stricte du code minier qui dit : “ exploiter et réhabiliter au fur et à mesure “avec une réserve financière constituée pour la réhabilitation des sites. - Une législation basé sur les principes de prévention et de précaution - Une législation de protection de l’air et de l’eau - Une enquête et un suivi sanitaire des populations exposées - Une législation exigent des structure productives et des engins industriels des normes de non pollution. - Une législation exigeant une valorisation des D.I.B.et des déchets ménagers. - Un respect des plans directeurs des villes notamment dans leurs zonages ( Zones vertes protégées, Zones industrielles, Zones du domaine public, Zones d’habitations etc...) - Une législation sur les engins à moteurs ne créant pas de pollution avec des contrôles. - Un curage et un entretien des systèmes d’évacuation des eaux usées. - Une réflexion élémentaire et la prise en compte des problèmes spécifiques des différents sites dégageraient des solutions adaptées et seraient bénéfiques à tout point de vue : sanitaire, économique, donc politique avec tous les acteurs de la société : Partis politiques, Administration, ONG, Chefs Coutumiers, etc... Bref une gestion durable des espaces citadines et rurales. A titre d’exemple une politique des déchets induit une typologie de ces mêmes déchets, leur ramassage, leur traitement, leur valorisation. Ce qui aurait des avantages sur l’emploi, des industries nouvelles ( compostage, plastic, métaux, verre, bio gaz...), une économie de matières premières non renouvelables, une source d’énergie non fossile, une meilleure protection sanitaire par la prévention, enfin une entrée fiscale donc des financements induits. Comme dans toute démocratie qui fonctionne un contrôle strict avec l’aide des contre pouvoir notamment un renforcement du rôle de la Société Civile qui permet la transparence et la publication des dérives.

Conclusion A croire que nos politiques ne savent qu’encaisser des recettes et vivre aujourd’hui. Alors qu’un politique doit être capable de se projeter dans l’avenir et surtout penser aux générations futures, donc être responsable. Et que dire des majors du capitalisme qui viennent faire du “fric” au détriment de l’avenir des populations et des pays en y instillant non pas seulement des maladies mais aussi des guerres. Un développement ne peut se faire durablement sans ces trois facteurs : prévention, protection et précaution. Ce qui permet de ne pas obérer l’avenir. Voila comment les majors et les populations peuvent s’enrichir mutuellement. Ne définit-on pas le développement durable ou soutenable comme un modèle de développement qui répond aux besoins du présent sans compromettre les capacités des générations futures de répondre à leur développement. Dans notre culture “ Dia buku, futa nkâka “ Donc le bénéfice du plus grand nombre et non d’une frange minime de la population, comme on le voit dans les pays africains actuellement. Ainsi le pétrole n’est pas source de richesse mais signe de pauvreté et de guerres. Le Délégué Général Benjamin MOUTSILA

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