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Environnement

Pollution du littoral : Kouilou

FEDERATION DES CONGOLAIS DE LA DIASPORA RENOUVEAU CONFERENCE NATIONALE

Implication de l’Industrie Pétrolière dans la Pollution du Littoral

Le premier choc sur le littoral du Kouilou c’est la non fréquentation des plages, le peu de baigneurs ou leur absence sur les plages de la côte sauvage et de la plage mondaine. Le second c’est la disparition de cette activité de pêche côtière à laquelle nous participions après la baignade. Avec une pèle de terrassier nous constatons que le sable des plages contient plusieurs fines couches d’hydrocarbures. Si ce n’est pas ici où là des taches irisant d’une huile noirâtre nauséabonde. Et part temps de vent fort un parfum d’oeuf pourri nous pourlèche les narines. Autant les jeunes fréquentaient les plages avant 1974, autant aujourd’hui par temps calme seulement les plages sont des lieux de promenade sans plus. D’ou peut provenir ces couches d’hydrocarbures si ce n’est le dégazage des bateaux ou des barges d’exploitation.

D’ailleurs par vent fort les quartiers de M’Pita, Tchimani, Tchimbamba sont victimes des remontées d’odeurs pestilentiels d’oeuf pourri on se croirait dans la ville de Lacq dans le Béarn (France ). Mais s’y rajoutent fréquemment des suies qui se déposent sur les feuilles des manguiers qui d’ailleurs ont des feuilles jaunes et des fruits mités de taches noirâtres et jaunâtres. Ces mangues arrivent rarement à maturité, quand elles y arrivent elles sont partiellement pourries. Par temps de pluie, le linge à sécher dehors est partiellement mité comme si on y avait versé de l’acide. Ne sont ce pas les pluies acides. Ces suies proviennent des torchères des puits au large qui renvoient également des gaz de soufre responsable des pluies acides. Par une enquête de proximité dans les villages le long de la route vers la frontière du Cabinda, un fait est frappant. Les enfants préadolescents souffrent de maladies respiratoires chroniques. Nous y avons pu déceler les symptômes de l’asthme. Ces mêmes enfants présentaient également des affections ophtalmiques et cutanées. En posant la question à des personnes âgées si de tels maux existaient pendant leur jeunesse ; la réponse fuse : “un non catégorique” avec le commentaire suivant : “ de notre temps les blancs qui venaient travailler chez nous respectaient notre environnement mais ceux de maintenant seul le profit les intéresse, et plus ils gagnent plus pauvres et malades nous sommes, avec les guerres en plus aujourd’hui.” Quel est la part de la pollution des forages : Cabindais et Congolais ? On remarquera que c’est la même compagnie qui exploite ce pétrole TOTAL antérieurement ELF. Pourquoi n’applique-t-elle pas les mêmes cahiers de charge européens que chez nous ?

Les plages de la côte mondaine squattées par les majors des hydrocarbures TOTAL, AGIP, SCHLUMBERGER sont interdites au public. Le domaine public a été carrément spolié. L’eau y est un véritable cloaque digne d’un bouillon de culture à y loger le “mokélé m’bembe “. Les petits cours d’eau côtiers qui étaient riches de Crustacés et autres fretins se sont taris, car l’eau y aune odeur insoutenable et une couleur bizarre irisée. Beaucoup de plan d’eau sont également pollués par les hydrocarbures. Peut-on encore se baigner dans la lagune de N’Djéno comme avant les années 1974 ? La plage est devenu un dépotoir des déchets industriels banals (DIB ) des pétroliers qui ne sont pas du tout recyclés. A tel enseigne que les pêcheurs qui y sont encore installés vous déconseillent de vous y baigner. Or la côte subit le courant du Benguela qui remonte du Sud vers le nord du golfe du Guinée. Donc les vents rabattent sur le continent tous les gaz de combustion des hydrocarbures sur les paisibles populations.

Dans leurs pays de siège une législation sur les déchets n’auraient jamais permis de stocker autant de déchets car la loi y est plus strict et les associations de défense de l’environnement veillent D’ou le respect des principes de prévention, protection et précaution. Et à toute activité industrielle polluante est prévu un cahier de charges qui provisionne pour les réhabilitations futures.

Toute activité industrielle crée des déchets mais il est toujours prévu de réhabiliter. Et il est sain d’éviter des pollutions graves pour la santé des populations. Comment a-t-on prévu la fin du pétrole ? Quel sera l’état de ces plages ? Jusqu’à quelle profondeur le sable est-il pollué ? Quel sera l’état : des lagunes, les nappes phréatiques, les cours d’eau et de l’air ambiant ? Qui réhabilitera ces plages et autres plans d’eau, enfin qui paiera ? Ces maladies chroniques ayant apparu après les années 1974 ont quelle origine ? Voilà des interrogations que les populations sont en droit de se poser et attendent des réponses. Paris le 17 octobre 2003 Le Délégué Général Benjamin MOUTSILA

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