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Politique

Les malheurs d’un belge voulant débarquer à Brazza.

Le Congo- Brazzaville n’aime pas les journalistes Tandis que le gouvernement du Président Denis Sassou Nguesso de la République du Congo lors des conversations qu’il a eues avec l’IMF et l’Union européenne prétend favoriser la transparence, la réalité est, semble-t-il un peu différente. S’adresser à des organisations qui détiennent du pouvoir et de l’argent comme l’IMF et l’Union européenne est pour ce gouvernement pas vraiment la même chose que de traiter avec des journalistes comme on en a eu la preuve l’année dernière lors de l’annulation de l’accréditation de Saïd Penda, un correspondant de la BBC à Brazzaville. Son crime : avoir interviewé des gens qui décrivent Sassou comme un dictateur. Le mois dernier, à nouveau, le gouvernement de Denis Sassou a montré sa haine du journalisme. Cette fois-ci, ce fut le journaliste belge Willy Van Damme qui fut pris pour cible alors qu’il préparait une visite à Brazzaville ainsi qu’à Kinshasa, la capitale de la République Démocratique du Congo sur l’autre rive du fleuve. La raison de sa visite : rédiger un article sur le développement et le potentiel de développement des pays jouxtant l’embouchure du fleuve Congo. Ce qui pourrait déboucher sur un livre traitant de ce sujet. Pour cette visite, il fut invité par l’Observatoire congolais pour les Droits de l’Homme (OCDH). Alors que l’obtention d’un visa pour Kinshasa ne posa aucun problème, Brazzaville montra son aversion. L’Ambassadeur à Bruxelles, Jacques Obia, à peine rentré de Brazzaville, demanda à rencontrer cet audacieux, journaliste en personne, ne laissant pas les services consulaires traiter cette affaire comme c’est d’habitude le cas. Une manière de témoigner de sa courtoisie et de son amitié ? C’est un Willy Van Damme surpris qui déclare : « Pendant la réunion Obia traita la raison que j’invoquais pour ma visite de mensonge. Comme preuve il prétendit par exemple que l’OCDH ne s’occupe pas des problèmes de développement que rencontre le bassin du Congo. Ce qui bien sûr n’est pas vrai. Il dit que le but réel de ma visite était pour moi d’écrire un livre et qu’à Brazzaville ils étaient tout à fait conscients de cela. Sans préciser ce qui serait alors le sujet de ce soi-disant livre, il refusa de m’accorder un visa, maintenant et pour l’avenir. Disant qu’il en avait également discuté avec les autorités belges et que si cela était nécessaire il créerait un incident diplomatique entre les deux pays. Que je ne devais pas m’aviser de me rendre au Congo-Brazzaville en passant par Kinshasa dans la mesure où les autorités de Brazzaville étaient informées de ma demande. J’étais libre d’écrire ce que je voulais, mais il attira l’attention sur le fait qu’en cas de diffamation, je serais traîné devant les tribunaux. Cette attitude du gouvernement congolais n’est bien sûr pas très sage. Cherchant à connaître leurs opinions sur ses problèmes et les développements possibles, mon idée était d’avoir des contacts avec eux sur le long terme (extensive ?). En refusant, ils rendent plus crédibles les revendications de l’opposition particulièrement celle de Paris, et des Ong ( ?), locales et internationales (locaux ou internationaux ?), au sujet d’un gouvernement qui n’agit pas dans la transparence mais de façon dictatoriale et qui a beaucoup de choses à cacher. »Willy Van Damme est un journaliste belge très connu localement qui a la réputation de quelqu’un qui fait son travail de façon sérieuse et méthodique et de quelqu’un de prudent et qui tout au long de ses 26 ans de carrière se spécialisa dans les questions asiatiques et le journalisme d’investigation. Il a écrit deux livres qui ont été bien accueillis par la critique.

Propos recueillis par le site www.fcd.ras.eu.org

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