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Politique

E. Bob Akitani s’autoproclame président

Emmanuel Bob Akitani s’autoproclame président et appelle les Togolais à "résister"

LOME (AP) - "Résistez, résistez jusqu’à la victoire finale" : le candidat de l’opposition togolaise à la présidence, Emmanuel Bob Akitani, s’est auto-proclamé président mercredi en appelant la jeunesse à la résistance, alors qu’au moins six personnes ont été tuées et une centaine d’autres blessées dans les violences qui se sont emparées de Lomé depuis l’annonce de la victoire du fils Eyadéma.

"Togolais, Togolaises, votre président vous parle, oui, votre président car nous n’avons pas perdu cette élection (...) vous devez le savoir pour rester mobilisés", a lancé le candidat malheureux de l’Union des forces du changement (UFC), à la presse et à ses partisans.

"Au prix de notre vie, nous devons nous opposer à l’arbitraire pour contraindre ceux-là qui croient bénéficier d’un droit divin sur notre peuple à entendre raison", a-t-il ajouté. "La lutte sera longue mais la lutte populaire est invincible", a poursuivi l’opposant togolais, sorti de sa clandestinité pour la première fois depuis le scrutin présidentiel de dimanche.

Selon les résultats annoncés mardi par la Commission électorale, Faure Gnassingbé, fils du défunt dictateur Gnassingbé Eyadéma et candidat du Rassemblement du peuple togolais (RPT, au pouvoir) a remporté l’élection avec 60% des suffrages, Emmanuel Bob Akitani n’obtenant que 38%.

Mais les opposants qualifient ce scrutin de frauduleux et refusent désormais la formation d’un gouvernement d’unité nationale, malgré un accord établi lundi en présence du président nigérian Olusegun Obasanjo.

"Cette élection est une véritable plaisanterie", a déclaré mercredi Gilchrist Olympio, chef historique de l’opposition et fils du premier président togolais, renversé et assassiné en 1963 lors du coup d’Etat qui mena Eyadéma au pouvoir.

"Après la fraude massive de ce garçon appelé Faure Gnassingbé, il nous est impossible de former un gouvernement avec lui", a-t-il ajouté, lors d’une entretien téléphonique avec l’AP depuis le Ghana.

La Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) a condamné mercredi soir cette initiative de l’opposition. Mohammed Ibn Chambas, secrétaire général de l’organisation, a déclaré que la victoire auto-proclamée d’Emmanuel Bob Akitani n’aiderait pas la progression de la démocratie dans le pays. "Nous appelons les Togolais à ne pas soutenir cette action unilatérale", a-t-il déclaré.

A Lomé, les violentes manifestations qui ont éclaté mardi après l’annonce de la victoire de Faure Gnassingbé, se poursuivaient mercredi : de jeunes opposants ont lancé des cocktails Molotov sur la police et continué à ériger des barricades dans les rues.

Trois soldats ont été tués, a déclaré le ministre de l’Intérieur, Folly Bazi Katari, ajoutant que plusieurs ambassades étrangères ont été endommagées par des pillages et des pierres lancées par la foule.

"Les responsables de ces actions seront sévèrement punis", a-t-il assuré. "Ce n’est plus une manifestation politique, mais du vol et des destructions".

De son côté, sur France-Infos, Faure Gnassingbé avait déclaré dans la nuit "ne pas redoute(r) le spectre ivoirien" et ajouté : "Nous ferons tout pour assurer la sécurité des Français je suis sûr que nous y parviendrons". Il avait appelé ses partisans et l’opposition à "un apaisement, un pardon mutuel" : "L’élection est finie, acceptons-en le résultat et regardons l’avenir, construire un Togo meilleur".

Au moins trois civils ont péri dans les affrontements, a déclaré de son côté Gérard Besson, responsable de la Croix-Rouge internationale, tandis qu’Isidore Latzoo, président du Comité togolais de résistance (CTR), en clandestinité, évoquait "au moins douze morts et des dizaines et des dizaines de blessés".

"Nos militants ont vu au moins douze morts dans les rues de Lomé notamment dans le quartier de Bé", a-t-il assuré sur France-Inter depuis le Togo. "Nous sommes en situation d’insurrection populaire".

Plus d’une centaine de blessés ont été admis mardi dans le principal hôpital de la capitale, a confirmé Abram Morel, de la Croix-Rouge internationale. Les victimes ont notamment été blessées par balles ou frappées par des manifestants et des policiers.

Un responsable de la principale morgue de Lomé a affirmé, sous couvert d’anonymat, que le bilan des victimes civiles s’élevait à 11 morts.

A Paris, le Quai d’Orsay s’est dit "attentif à l’évolution de la situation". "La France réitère son appel à l’ensemble des responsables politiques togolais pour qu’ils ramènent le calme et qu’il soit mis un terme aux actes de violence", a déclaré mercredi le porte-parole du ministère français des Affaires étrangères, Jean-Baptiste Mattéi, déplorant que plusieurs ressortissants français aient "subi des actes de violence et de vandalisme".

"La population française n’est pas la cible de nos manifestations", soulignait pour sa part Daniel Kouévi-Akoé du Comité togolais de résistance (CTR), tout dénonçant la politique "assez perverse" de Paris au Togo.

"Le régime de Eyadéma a été un régime mis en place au Togo par la France, ce régime a été soutenu pendant 40 ans, le peuple togolais désormais n’en peut plus", a-t-il conclu. AP

© Copyright A.P 28/04/2005.

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Suite à la situation qui prévaut au Togo, nos lecteurs réagissent :

Je m’étais rendu à la manif des frères Togolais organisée devant leur ambassade dans le 17ème de luxe comme dans le 16ème, pas loin de l’hôtel particulier de Lissouba. Il y a eu beaucoup de monde, j’ai eu l’impression qu’ils sont plus nombreux que les Congolais. Il y avait de tous les âges, de tout sexe. Ils se sont bien mobilisés, contrairement aux Congolais qui pensent plutôt à leurs intérêts personnels, en commençant par faire un "tour" au Congo sans la moindre inquiétude.

J’ai été là comme un simple curieux qui ne connaissait personne. Ils parlaient en leur langue. Ils voulaient une victoire sur le champ : leur diaspora a voté à 93% pour le candidat de l’opposition.

La police a donné l’ordre de se disperser à 20H. Nous sommes restés bien au delà. Je suis rentré comme j’étais venu. La seule petite observation à faire est qu’ils auraient pu mettre en place un cahier des messages de soutien (livre d’or) pour non-Togolais, et pour un suivi de soutien réciproque.

Affaire à suivre...

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Compte rendu du rassemblement de Soutien au Peuple Togolais devant l’ambassade du Togo ce 27 avril 2005.

Commentaires

1 Message

  1. > E. Bob Akitani s’autoproclame président

    Bonjour Camarades de lutte pour la véritable démocratie en Afrique,

    N’oublions pas le dicton suivant : "La lutte qu’on n’engage pas est celle qu’on a perdue d’avance".

    Nos frères Togolais n’ont pas d’autres choix que la lutte pour l’instauration de la démocratie universelle. La démocratie familiale est encore une des sous-sols africains nouvelle invention du néo-colonialisme pour pérenniser l’exploitation des richesses et éterniser la domination de l’Africain.

    Le néo-colonisateur oublie que l’Africain a totalement changé : il s’est métamorphosé intellectuellement et politiquement. Le temps du choix appartient à tous et non seulement à une partie de l’humanité. La liberté est une réalité humaine, elle n’est plus réservée aux habitants de l’hémisphère nord.

    Soyons tous avec les frères Togolais, Ivoiriens... et demain avec d’autres, car le cercle de la révolte africaine s’agrandit.

    Jean-Paul II avait lancé un message qui resonne encore dans nos têtes :

    "N’ayez pas peur" ou "n’ayons plus peur" pour être nous-mêmes et libres de nos choix.

    par EFL | 28 avril 2005, 12:26