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Politique

Rwanda : Le role de la France dans le génocide.

Rwanda : la France a-t-elle formé des miliciens avant le génocide ?

Dans un entretien à France Culture, un ancien membre du GIGN affirme que des militaires français ont "formé des miliciens civils rwandais" en 1992. Ces civils sont accusés d’avoir participé, deux ans plus tard, au génocide contre les Tutsis.

Des militaires français ont "formé des miliciens civils rwandais", accusés d’être responsables du génocide de 1994 au Rwanda, a affirmé vendredi un ex-membre d’une unité d’élite de la gendarmerie française, Thierry Prungnaud, dans un entretien à la radio France-Culture. "J’ai vu des militaires français former des civils miliciens rwandais, en 1992, au tir", a accusé l’adjudant-chef du Groupe d’intervention de la gendarmerie nationale (GIGN), aujourd’hui en retraite. "Il y avait une trentaine de miliciens qui étaient formés. Je suis formel, catégorique. Je les ai vus, c’est tout", a-t-il ajouté. "C’étaient forcément des miliciens, parce que les militaires sont tous en treillis là bas, c’étaient des civils. Je pense que (les militaires français) étaient des gens du 1er RPIMA (Régiment parachutiste d’infanterie de marine), c’était l’unité qui était là-bas", a poursuivi Thierry Prungnaud. Il a estimé que ce type de formation, "a dû durer peut-être jusqu’en 1994, probablement. Ca ne m’a pas choqué (...), je ne voyais pas la finalité du truc, ça me paraissait normal".

"La France l’a toujours nié, bien sûr"

Lorsque la journaliste lui fait remarquer que la France a toujours nié avoir entraîné des miliciens, il répond : "la France l’a toujours nié, bien sûr, comme beaucoup de choses d’ailleurs. Mais bon, j’affirme". Cette formation, selon l’ex adjudant-chef, a eu lieu dans le parc de La Kagera, dansl’Est du pays, un grand parc naturel peu habité du Rwanda. La France est accusée par le pouvoir à Kigali d’avoir entraîné et armé des miliciens rwandais hutus, dans les années précédant le génocide, alors que le Front patriotique rwandais (rébellion tutsie), tentait de prendre le pouvoir depuis ses bases en Ouganda. Les extrémistes Hutus, dont les miliciens Interahamwe, ont mené le génocide de 1994, massacrant plus de 800.000 Tutsis et Hutus modérés. Ces accusations ont toujours été niées par les gouvernements français successifs. M. Prungnaud se trouvait "au Rwanda en 1992, pour une mission de quatre mois de formation de membres de la Garde présidentielle rwandaise", a déclaré à l’AFP la journaliste qui l’a interviewé, Laure de Vulpian.

© TF1.

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