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Politique

Arrestations et déportations à Pointe-Noire

RENCONTRE POUR LA PAIX ET LES DROITS DE L’HOMME (RPDH)

COMMISSION JUSTICE ET PAIX

Note de position

Sous couvert d’une pseudo tentative de déstabilisation des institutions, les autorités organisent des arrestations, enlèvements, détentions et déportations arbitraires et illégales.

Contexte :

Au début du mois de janvier 2005, des gendarmes sont arrêtés au motif qu’ils auraient participé à une opération de vol d’armes ( une vingtaine en tout) au camp de la gendarmerie de Bifouiti en vue de renverser les institutions. A cet effet, ont été mis aux arrêts :
- Le sous lieutenant Louis Marie Mizingou, Chef de la section d’intervention du camp de la gendarmerie de Bifouiti
- L’adjudant Chef Miyalou
- Le sergent Nzassi
- Les Capitaines Barthel Dibondo et Pandi Ngouari,
ainsi que des hommes de rang, tous en général originaires des régions septentrionales, et présumés partisans de l’ancien Président Pascal Lissouba.

Aujourd’hui, la Rencontre pour la Paix et les Droits de l’Homme (RPDH) et la Commission Justice et Paix (CJP) demeurent très préoccupées au sujet de leur intégrité physique et psychologique. Leurs familles sont sans nouvelles d’eux et ne savent pas en pratique quel est le sort qui leur est réservé. Leur lieu de détention est tenu secret et leurs conditions de détention, dans ces conditions, sont impossibles à imaginer.

Relativement à cette affaire, une Commission tripartite- Police, gendarmerie, armée- a été montée dans le but d’enquêter sur les ramifications de cette affaire « curieuse et suspecte » de déstabilisation des institutions ; cette commission est conduite par les responsables des corps de la force publique précitée. Elle a procédé depuis le 17 février à Pointe-Noire, à plusieurs arrestations sans mandat et enlèvements sur des personnes soupçonnées d’être liées à la mise en oeuvre de la pseudo tentative de coup de force précédemment évoquée.

Ainsi, parmi ces personnes arrêtées à Pointe-Noire et depuis lors en détention sans jugement, on peut citer :

- Le sergent chef Poaty Rodrigue Anicet, fils de l’ancien Premier Ministre Alphonse Souchlaty Poaty
- Cotody Magoud Biconith, Directeur des services préfectoraux
- Capitaine Tsiba Jean Romain,
- Ngondo Massala,
- Colonel Mpassy
- Makita Palmar, ce dernier a été libéré sans autre forme de procès le 14 mars dernier
- Boussoukou Jacques
- Moukala Alain
- Ngolo Ngapene Françis
- Likibi Eric
- Mboumba

Il est à noter que la RPDH et la CJP, au regard des difficultés de contacter directement les personnes détenues, leur nombre exact selon nos témoignages, à ce jour, varie entre 15 et 25.

Depuis le 12 mars 2005, ce groupe de personnes arrêtées à Pointe-Noire a été déporté en direction de Brazzaville dans la clandestinité absolue rappelant à l’opinion les célèbres déportations d’impfondo de la période de 1998-1999. Les familles sont sans nouvelles de ces personnes, ignorent le lieu et les conditions de leur détention à Brazzaville, et s’inquiètent vivement de leur intégrité physique. Certains détenus sont malades et ne bénéficient pas de soins, alors que d’autres ont été l’objet de torture.

Le 13 mars dernier, un Collectif des épouses de personnes arrêtées à Pointe-Noire, a fait parvenir à nos organisations une requête relative aux conditions d’arrestations, de détention et au transfert de leurs époux vers un lieu inconnu. Des sources ayant requis l’anonymat avancent que ces personnes seraient actuellement en détention a l’Académie militaire et a la Direction Centrale des Renseignements Militaires (DCRM). Ce collectif a sollicité le soutien des organisations de défense des droits de l’Homme pour que justice soit rendue en conformité avec les lois en vigueur au Congo.

En général ces détentions ont été organisées en violation des principes de garantie de la dignité des personnes arrêtées. Aujourd’hui, ces personnes n’ont pas le droit d’accès à une quelconque assistance des familles, des ong des droits de l’homme, et même le droit à une assistance juridique et judiciaire. Leurs conseils ne peuvent rentrer en contact avec eux, au motif que le dossier serait politique.

La RPDH et la Commission Justice et Paix (CJP) réitèrent leurs vives inquiétudes quant à la sauvegarde de l’intégrité physique et psychologique de ces détenus et craingnent qu’en l’absence de recours judiciaire, qui permettrait à ces accusés d’user de leur droit à la défense, ces détenus ne soient l’objet de règlement de compte, d’abus de toutes sortes devant la mauvaise foi de certaines autorités politiques et militaires responsables des atteintes graves aux droits de l’homme restées impunies à ce jour.

La RPDH et la Commission Justice et Paix (CJP) estiment que cette pseudo déstabilisation des institutions que les autorités évitent pudiquement de nommer, cache très mal une action de diversion des vrais enjeux du contexte congolais et rappelle combien de fois, les décideurs réagissent encore non pas en faisant valoir la raison mais plutôt l’émotion.

La RPDH et la Commission Justice et Paix (CJP) interpellent l’opinion publique nationale et internationale sur les dangers que courent actuellement ces détenus qui sont chaque jour soustrait des voies régulières de règlement de ce type d’assujettissement.

Elles recommandent une action urgente afin d’exiger aux autorités politiques, militaires et judiciaires de faire toute la lumière sur ce dossier, en organisant une procédure judiciaire impartiale et indépendante au cours de laquelle ces accusés pourraient bénéficier du droit à la défense.

Tout en rappelant les principes de la présomption d’innocence que doivent bénéficier ces détenus comme cela s’impose dans un Etat de droit, La RPDH et la CJP attirent de nouveau l’attention de l’opinion sur la nécessité d’intervenir en faveur des personnes arrêtées qui sont réellement en danger.

La RPDH et la Commission Justice et Paix (CJP) interpellent enfin la Communauté internationale afin qu’elle recommande au gouvernement congolais le respect effectif de la Déclaration universelle des droits de l’Homme et les dispositions des autres instruments ratifiés par le Congo en matière de protection de la dignité de l’être humain, à savoir le Pacte International relatif aux droits civils et politiques, ainsi que la Convention contre la Torture et les autres peines ou traitements cruels, inhumains et dégradants.

Fait à Brazzaville, le 22 mars 2005

- Rencontre pour la Paix et les Droits de l’Homme (RPDH)

Christian Mounzéo

Président

- Pour la Commission Justice et Paix CJP

Abbé Georges Loemba Ndende

Coordinateur Diocésain Pointe-Noire

Contacts presse :

- Londres : 0044 79 50 43 82 70
- Pointe-Noire : 00 242 557 90 81 ou 00 242 557 78 45

E-mail : bricemackosso@yahoo.fr cmounzeo@yahoo.fr

Commentaires

1 Message

  1. > Arrestations et déportations à Pointe-Noire

    Finalement le vieux démon persiste toujours et pour faire legitimer son pouvoir les pratiques de ce genre ne peuvent qu’etre de mise !ce pouvoir sait là ou il veut aller avec ces pratiques honteuses,montrant qu’elle n’a aucun respect de la dignité humaine.Retenez bien chers gouvernants qu’il y a une force cachée dans l’humiliation viendra un jour la nature retablira ses droits.Laissez ces pauvres innoncents en liberté,vous avez tout pour prevenir toutes éventualités visant à destabiliser votre pouvoir.Arretez de nous distraire.Cher monsieur des droits de l’homme continuez à crier que justice soit rendu,cher monsieur l’abbé referez vous toujours au psaume 135 chaque fois que vous celebrez la sainte messe.l’apocalypse je pense est déja amorcée...

    | 30 mars 2005, 23:23