// Vous lisez...

Politique

INSECURITE A BRAZZAVILLE...

COMMUNIQUE DE PRESSE n° 02/03/BE/P

INSECURITE A BRAZZAVILLE : ENCORE DES TIRS ET DES PILLAGES CIBLES IMPUNIS !

Brazzaville-Pointe-Noire, le 7 mars 2005,

Les populations des quartiers sud, notamment Bacongo et Makélékélé ont de nouveau été dérangées et traumatisées par des échanges de tirs d’armes automatiques entre les éléments de la Force publique et les miliciens ninjas du Pasteur Ntumi, le jeudi 3 mars en soirée, et la matinée du vendredi 4 mars 2005 pour des raisons encore très peu clarifiées.

Officiellement, le gouvernement se voulant rassurant et minimisant la gravité des faits, affirme qu’il s’est agi d’une simple opération de rétablissement de l’ordre public, visant à réprimer la vente de la drogue (chanvre ou marijuana). Or depuis les guerres de 1998, les violences sont toujours déclenchées en prenant prétexte sur ce type de répression.

Au delà de la paralysie d’une partie de la ville relativement à ces violences, des pillages ciblés ont été organisés par les deux camps sur des populations innocentes et toujours victimes désignées dans pareille situation. A cet effet, des portables ont été ravis aux passants, le marché de total (Bacongo) a subi des pillages, l’honorable Mouanda Passi s’est vu aussi son domicile pillé.

Rappelons que les quartiers Bacongo et Makélékélé sont le théâtre de ces activités depuis 2003, pendant que les populations des quartiers Poto-Poto ont courant fin 2004, subi ce genre d’insécurité et pillages organisés, et à ce jour aucune opération d’envergure n’a été menée par les pouvoirs publics pour prévenir et réprimer ces opérations d’atteinte à l’ordre public par les représentants de l’ordre public eux-mêmes. Les nouvelles recrues de l’armée n’hésitent pas de rançonner les populations de Brazzaville, chaque fois qu’elles ont une revendication à faire passer, une sorte de prime pour effort de guerre qu’elles n’ont pas cessé de percevoir : cas des pillages de décembre 2004, repris en janvier 2005, autour d e l’exigence de paiement d’un mois d’arriéré de salaire payé aux fonctionnaires. En dépit de l’ordre d’exclusion des rangs de la force publique donné par le Président de la République concernant les éléments inciviques, ces derniers visiblement sûrs de leur impunité sont toujours actifs et prêts à d’autres sales besognes.

La nébuleuse des armes prétendument volées au camp de la gendarmerie de Bifouiti, les arrestations arbitraires et illégales orchestrées à Pointe-Noire depuis le mois de février sur des bases suspectes, et l’insécurité organisée en ce début mars à Brazzaville établissent s’il en était encore besoin, l’effectivité d’un malaise, et surtout le refus de la non prise en compte des problèmes cruciaux du Congo qui attendent nécessairement des solutions objectives.

Ces évènements rappellent au grand jour l’incontournable prise en compte de la situation des miliciens, notamment ninjas du Pasteur Ntumi, la répression des éléments de la force publique qui se croient tout permis, et responsables des atteintes aux droits de l’homme et des libertés fondamentales, la question de la circulation et du ramassage des armes de guerres, la problématique de la réconciliation politique et du règlement global et définitif du conflit congolais, dans l’esprit des accords de 1999, réaffirmés en 2003.

La RPDH recommande pour cela, l’ouverture des enquêtes indépendantes et impartiales pour mieux comprendre les motivations qui ont conduit à la situation de Bifouiti, et les réels enjeux du contexte d’insécurité crée et entretenu chaque fois dans les quartiers sud de Brazzaville, et ensuite organiser des procès équitables contre les auteurs présumés de ces troubles à l’ordre public, en vue d’établir le niveau de leur responsabilité et les sanctionner conformément aux lois et règlements en vigueur.

La RPDH recommande enfin au gouvernement, une véritable prise en charge des problèmes fondamentaux des populations et la mise en œuvre effective des dispositions de la Déclaration universelle des droits de l’Homme et des autres instruments ratifiés par le Congo en matière de protection de la dignité de l’être humain, tel que le Pacte International relatif aux droits civils et politiques.

Fait à Brazzaville, le 7 mars 2005

Pour la Rencontre pour la Paix et les Droits de l’Homme (RPDH)

Christian Mounzéo

Président


- La RPDH est une organisation non gouvernementale de promotion, défense et protection, des droits de l’Homme, de la Paix et de la culture de la non violence.

BP 939 Pointe-Noire Siège : 12, Rue Sita Aubin, Tchimbamba. Tél : 242 557 78 45 Fax : 242 94 19 15. E-mail : rp.dh@laposte.net , cmounzeo@yahoo.fr

Commentaires