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Politique

LETTE OUVERTRE AUX MILITANTS DE LA LICRA

LETTE OUVERTRE AUX MILITANTS DE LA LICRA

Dès l’ouverture de l’Affaire des Disparus du Beach, les militants de la LICRA à Brazzaville étaient sollicités et participaient à toutes les séances de travail en présence des Ambassadeurs de la CEE et des autres ONG de défense des droits de l’Homme de la place.

Ainsi détiennent-ils tous les éléments du dossier ( recherches dans les différentes geôles, courriers aux autorités, visites des camps militaires et enfin découvertes de certains charniers...). Ils sont sensés être également au courant des réactions irresponsables et de compassion de certains responsables politiques et militaires : Ms Henri Ndjombo, Gérard Bitsindou, général Blaise Adoua et autres etc...

Les responsables de la Licra avaient tout le loisir de rencontrer les rescapés présents en France, afin de parfaire leur connaissance du dossier. Aucune déclaration officielle n’est venue appuyer les inepties entendues depuis Brazzaville.

Nous sommes étonnés de constater que le Président de la LICRA en l’occurence M Gaubert ait oublié le sens du combat pour une justice équitable, pour la vérité et aux côtés des victimes, du rôle pédagogique des procès équitables, enfin du combat contre l’impunité. Ce faisant intervenait-il au nom de la Licra ou préférait-il mettre plutôt sa casquette de militant de parti politique associé à un "ami dictateur" ?

M Patrick Gaubert a-t-il oublié l’objet d’une Association tel la Licra dont il est le président pour se complaire dans un rôle de petit télégraphiste de dictateur, en annonçant en lieu et place des autorités congolaises la tenue d’un procès à Brazzaville ainsi que sa date.

Les parents congolais ayant perdu leurs enfants suite à des guerres à eux imposées par M Sassou et ses commanditaires de la mafiafrique sont étonnés des positions de ce monsieur et de ses différents voyages fréquents auprès de ce dictateur.

Pourrai-t-on imaginer le président d’une association antiraciste serrant la main d’un Hitler ?

M Gaubert en embouchant les trompes du négationnisme congolais refuse d‘entendre les pleurs et la douleur des familles qui l’avaient attendu en vain à Saint Pierre Claver de Bacongo au cours d’une de ces innombrables visites à son ami dictateur. D’ailleurs c’est bien à l’initiative des familles des disparus que cette rencontre de Février a eu lieu. Les familles des disparus ont voulu de vive voix, pendant plus de trois heures lui faire comprendre leur radicale opposition à la tenue d’un procès à Brazzaville, position contenue dans la dernière correspondance au Président Chirac.

La FCD a déjà expliqué dans son point de vue : " Pourquoi un procès contre l’État ne peut pas avoir objectivement lieu à Brazzaville " : La farce macabre que représente actuellement, l’annonce de la tenue de ce procès dans ces conditions. Le pouvoir congolais ne sait pas rendre la justice. Quand nous savons que l’ancien Garde des sceaux, Jean Martin Mbemba, disait : "...La corruption est devenue un système de gestion de la justice..." (22 octobre 2000). Ces attitudes et ces actions au nom de la Licra sont une insulte à la mémoire de nos disparus et autres exactions barbares suite à ces guerres lancinantes importées et imposées par M Sassou depuis 1993. M Gaubert ferait mieux de lire les différents rapports des ONG internationaux sur le Congo de Sassou mais aussi les minutes de procès intentés par ce dernier sur la place de Paris. Au delà du président de la Licra nous nous adressons aux militants de terrain de cette organisation honnête et respectable. Lisez les rapports sur les guerres orphelines du Congo faits par les ONG de terrains qui ont constaté la barbarie des hommes en armes de M Sassou qui non seulement violaient, volaient et ne détruisaient que des biens privés, bombardaient les populations civiles et non de soi-disant adversaires. ( Rapports : MSF ; Caritas ; ONU ; Action Contre la FAim ; FIDH ; Amnisty International ; Survie ; PNUD ; CIMADE ; Secours Catholique ; CRS ; etc...) De la Case De Gaulle, les destructions et les carnages par les bandes armées de Sassou ne sont que visibles et palpables. Des villas de civils détruites depuis le palais présidentiel. Des tombes de jeunes civils réfugiés dans l’enceinte d’un centre hospitalier dit hôpital de Madame. Quelles garanties M Gaubert peut trouver dans une justice qui jusqu’à ce jour n’a jamais élucider les assassinats d’anciens présidents : Marien Ngouabi, Alphonse Massamba débat et du Cardinal Émile Biayenda ? Et quand nous vous apprenons que ces personnalités ont été assassinés lorsque M Sassou était le patron de la sécurité du pays. Et toutes les tortures et viols signalés non élucidés commis par les hommes en armes de M Sassou qui bénéficient d’une large impunité... Comment peut-il être le porte parole d’un individu qui sa vie durant n’en a jamais eu. Pour mémoire en avril 1999 il garantissait la sécurité aux déplacés après leur avoir détruit leurs maigres biens par des bombardements ciblés : "...les déplacés dans les pays étrangers peuvent rentrer...il ne leur arrivera rien...je m’y engage..." De ces retours il y a eu plus de 10 000 morts, des viols et autres tortures tant par le beach que par la route nationale n° 1, des bombardements par hélicoptères signalés par le représentant des systèmes de l’ONU ( rapports : MSF ; Croix Rouge ; FIDH ; Amnisty International ; Témoignages des Victimes et des Parents, Journaux français : Témoignage Chrétien ; Politis...) M Gaubert peut-il au vu de tous ces rapports neutres et pertinents se porter garant et être le porte parole d’un gouvernement classé comme étant le champion de la mauvaise gouvernance et de l’impunité ? Rapport du PNUD janvier 2002 Y-a-t-il une différence entre les morts, les disparus et les victimes que défend M Gaubert et ceux qui sont suppliciés par le dictateur Sassou ? Le travail de mémoire doit il être sélectif selon la couleur du dictateur ?

M Gaubert de par sa caution à cette désinformation et à la pression qu’il tente d’exercer sur les familles se place du côté des bourreaux et foule du pied les idéaux de la Licra. M. Gaubert en devenant le porte parole des bourreaux s’assimile aux hérauts et propagandistes des dictatures d’une autre époque que tout démocrate s’en orgueillit de combattre. Nous osons croire que nantis de toutes les données du pays Congo et de la nature de ses dirigeants actuels, vous ne pourriez cautionner durablement ce dictateur.

Fait à Paris le 10 mars 2005

pour la Fédération des Congolais de la Diaspora

Le Délégué Général

Benjamin MOUTSILA

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