// Vous lisez...

Opinions

Interview de B Toungamani à la BBC Afrique

INTERVIEW ACCORDEE A LA BBC AFRIQUE PAR MONSIEUR BENJAMIN TOUNGAMANI DELEGUE FCD

3 FEVRIER 2005

BBC : Les parents des victimes des disparus du Beach de Brazzaville refusent d’enterrer cette affaire. Ils ont récemment tenu une conférence de presse à Paris pour attirer l’attention de l’opinion publique internationale sur la question. Ils n’entendent pas s’arrêter là puisqu’ils vont saisir la cour de cassation en France pour réclamer que justice soit faite. Benjamin Toungamani, un des responsables de la Diaspora congolaise en France estime que cette affaire déborde le cadre du Congo.

On l’écoute :

TOUNGAMANI B : Ce qui s’est passé au Congo au niveau du Beach, à Brazzaville, est une affaire qui regarde l’Afrique, elle regarde le monde entier d’autant plus que la conscience mondiale ne peut plus, ne doit plus à l’heure actuelle, laisser un crime contre l’humanité demeurer impuni. Pour nous, les enjeux sont plus importants que la simple affaire de savoir si le procès doit avoir lieu à Brazzaville ou à Paris.

BBC : Est ce que vous sentez qu’il y aura une suite à cette affaire ?

TOUNGAMANI B : Evidemment, qu’il y aura une suite. Rappelez-vous, rappelons-nous bien, ...puisque nous sommes justement dans l’année de la commémoration de la shoa ... combien d’années il a fallu pour que le drame des juifs revienne sur le tapis. Il ne dépend donc qu’aux Africains de tenir bon. Prenez les évènements du Rwanda... après des années, devons-nous n’oublier ? . Nous savons que même dans 5 ans, 10 ans, 15 ans, nous allons continuer à mettre cette affaire au tapis jusqu’à ce que justice soit rendue, nous en prenons l’engagement. Nous sommes optimistes, de toutes les façons

BBC : Est-ce que vous avez bénéficié jusque là d’un soutien véritable des associations de droit de l’homme ?

TOUNGAMANI B : Oui, un soutien total. Nous avons eu beaucoup de complicités, en l’espace d’un mois, une affaire qui a été totalement cachée ...( pour les guerres civiles au Congo, pendant 3 ans, 4 ans, on n’en a pratiquement pas parlé ) et, pour l’affaire du beach, en l’espace de quelques mois, tous les grands journaux se sont emparés de l’affaire. Les grandes associations au niveau de la France comme la FIDH, comme Survie, comme la Cimade et bien d’autres que je ne cite pas, nous ont donné un sérieux coup de main. A l’heure actuelle, lorsqu’on parle de l’affaire du Beach, les gens savent, la conscience mondiale sait au moins, à quoi cela fait référence. Et pour nous, c’est déjà une grande victoire.

BBC : Oui, justement, il y a la visite du Président Chirac qui est justement prévue au Congo. A cette occasion, est ce que vous envisagez des actions précises pour vous faire entendre à nouveau ?

TOUNGAMANI B : Nous ...nous n’en avons pas besoin. Pour nous, le fait que le Président Chirac aille à Brazzaville, est un épiphénomène. Monsieur Chirac nous a dit à Louanda que les angolais avaient eu raison d’intervenir au Congo : conséquence.... plus de 200 000 morts ...alors... Nous rappelons, de toutes les façons à monsieur Chirac, qui va au Congo, pour aller s’occuper de la biodiversité et de l’écosystème, que le premier élément de biodiversité et de l’écosystème, le premier maillon est l’homme. Au Congo 70 % des gens vivent en dessous du seuil de la pauvreté, c’est eux qui sont en danger.

Propos receuillit par Mamadou Bah

Commentaires