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Communiqués et Lettres ouvertes

Lettre ouverte suite au voyage de Chirac au Congo

L’affaire des disparus du Beach de Brazzaville " resurgira avec une violence qui renversera les accointances, piliers des intérêts nébuleux d’aujourd’hui"

Dans une lettre adressée à Jacques Chirac, attendu vendredi 4 février au soir à Brazzaville où il doit participer au sommet sur la conservation des écosystèmes forestiers d’Afrique centrale, les parents des 353 disparus du Beach saluent " les mots et le ton " que ce dernier a utilisés lors du 60ème anniversaire de la libération du camp d’Auschwitz. Mais c’est pour ajouter qu’il existe " une analogie frappante avec les pogroms organisés par Denis Sassou N’Guesso au Congo-Brazzaville ".

" Notre pays s’apprête à vous réserver un accueil digne des relations historiques cimentées par des liens de sang et d’amitié qui existent si heureusement entre les peuples français et congolais ", écrit le Collectif des parents pour lequel la bénédiction de Chirac à Sassou s’est transformée en " malédiction ".

" Nous sommes victimes d’une boucherie qui détruit des citoyens qui auraient contribué à la construction du Congo ", poursuivent les parents des disparus qui accusent en outre " certains milieux " d’avoir influencé la décision de la Cour d’appel de Paris, lequel a annulé, on le sait ; l’ensemble de la procédure judiciaire entamée à Meaux.

" Cette tragique et grave affaire des disparus du Beach de Brazzaville resurgira avec une violence qui renversera les accointances, piliers des intérêts nébuleux d’aujourd’hui ", avertit le collectif.

Pour leur part la Fédération internationale des droits de l’Homme (FIDH), la Ligue des droits de l’Homme (LDH) et l’Observatoire congolais des droits de l’Homme (OCDH) ont également fustigé le déplacement du chef de l’Etat français à Brazzaville. Pour ces ONG ce voyage " apporte une caution à un régime aux mains tachées de sang ". Et Me Patrick Baudouin de la FIDH de noter : " les défenseurs des droits de l’Homme avaient jusqu’ici vécu douloureusement les va-et-vient des officiels congolais en France. Le voyage du président Chirac au Congo, alors que le dossier des disparus du Beach n’est pas réglé, est un énorme mépris pour les victimes ".

Au nom de l’OCDH, M. Roger Bouka, son directeur exécutif, a, de son côté, jugé lors d’une conférence de presse conjointe des trois ONG que le voyage du président Chirac au Congo conforterait les autorités du pays, dans le projet d’organiser " une mascarade judiciaire ".

" Le président Chirac arrive à Brazzaville, au moment où le pouvoir a monté une campagne pour nier la réalité de la disparition de 353 personnes au Beach de Brazzaville. Le pouvoir va trouver dans le passage de Chirac, la preuve que les accusations portées contre lui ne sont pas fondées ", a-t-il ajouté.

© Mwinda **********************************************************

- Suite au voyage de Chirac au Congo, lire aussi la dépêche de la BBC, tiré de l’interview réalisé avec le délégué aux droits de l’Homme : Benjamin Toungamani. *Cliquez sur ce lien*

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