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Communiqués et Lettres ouvertes

La société civile congolaise et sa diaspora à l’unisson.

Les sociétés civiles du pays et de la diaspora à l’unisson.

Dans une intervention, lors du week-end de solidarité pour le Congo, organisé par la plate-forme protestante de France, le délégué de la Fédération des congolais de la Diaspora a déclaré : [...l’affaire du Beach est l’arbre qui montre la forêt... Il n’y aura pas de vaincus ni de vainqueurs dans les populations, il n’y aura que des responsabilités mises en lumière...] Cette déclaration a été faite samedi 27 novembre à Paris par M.Toungamani Benjamin devant un parterre de plusieurs centaines de personnes.(voir article Témoignage Chrétien n°3133 du 2 décembre 2004) La lettre ci jointe, adressée au président Jacques Chirac par les principales organisations de la société civile présentes au Congo, va dans le même sens. Cette affaire devrait être une chance pour la réconciliation tant attendue par les populations congolaises. Elle a le mérite de ne chercher à mettre en lumière que les responsabilités individuelles et non sur une participation concertée d’un groupe socio-ethnique. En effet, les autorités politiques congolaises ont pris la fâcheuse habitude de chercher à faire croire à l’opinion nationale que cette affaire n’était qu’un énième épisode d’une contradiction antagoniste Nord-Sud. Les résultats d’un procès équitable mettant en cause la responsabilité d’un ressortissant du Nord du pays rejailliraient nécessairement sur l’ensemble des populations de la dite région. Cette thèse est fausse, archi fausse. Dans cette ténébreuse affaire, des dirigeants politiques issus aussi bien du sud que du nord du pays du pays ont été cités par la FCD (que certains cerveaux bien ‘’pensants’’ au service de l’autocratie de Brazzaville traitent ‘’d’intégristes ‘’ du Pool, à longueur de journée) Il s’agit entre autres du Général Bouissa Matoko ou de Monsieur Bitsindou qui avait été entendu dans l’instruction de Meaux. Du nord du pays, de l’ouest ou du sud du pays, tous ceux qui pensent utiliser les armes pour régler les contradictions politiques sont à mettre dans le même registre. Actuellement, ceci est particulièrement vrai aussi bien pour Sassou Nguesso que pour Bitsangou Frédéric allias Ntoumi qui ont pris les populations de toute une région, (le Pool en l’occurrence ) en otage. Dans le principe vérité-justice- réconciliation, il y a le mot vérité. Pour donner une chance à la réconciliation, à la paix, il nous faut de la rigueur, de la méthode. La réconciliation ‘’made by la conférence nationale’ a fait long feu. Il ne suffira plus d’une accolade ou d’un lavement de main ou d’un gouvernement prétendu ‘’d’union nationale pour dénouer les nœuds gordiens de la vie publique congolaise. A chaque étape sanglante, ce fossé devient encore plus profond. Il faut bien le combler pour entrevoir un avenir qui ne soit pas constellé de bruit de bottes. L’affaire du beach n’est pas un règlement de compte, ni une arme affûtée par les ténors de l’opposition ou autres organisations ‘’droits de l’hommistes’’, c’est juste une chance pour la paix que tous les congolais devraient prendre.

Communiqué de presse :

RENCONTRE POUR LA PAIX ET LES DROITS DE L’HOMME (RPDH) COMMISSION JUSTICE ET PAIX (CJP) Procédure en France de l’Affaire des disparus du Beach de Brazzaville : La RPDH et la CJP en appellent au droit d’ingérence judiciaire, pour un réel accès au droit à la justice pour les victimes !

Brazzaville, Pointe-Noire le 10 décembre 2004, A l’occasion de la commémoration du cinquante sixième anniversaire de l’adoption de la Déclaration universelle des droits de l’homme, le 10 décembre 1948, la Rencontre pour la Paix et les Droits de l’homme (RPDH) et la Commission Justice et Paix (CJP), viennent d’écrire au Président de la République française pour dénoncer les immixtions des politiques dans les affaires judiciaires en France, déclarée terre de justice, de liberté et de démocratie.

Les deux organisations rappellent au Chef de l’Etat français le rôle qu’a toujours joué la France dans la promotion et la défense des droits de l’homme, de la Révolution Française à nos jours et demandent au Président français de s’engager réellement dans la lutte contre l’impunité au Congo, en veillant à garantir l’indépendance de la justice française dans l’instruction du dossier des disparitions du Beach de Brazzaville.

La RPDH et la CJP estiment que le droit d’ingérence humanitaire exercé par la France en intervenant militairement dans les zones de conflit dans le monde, au profit des populations martyrisées, devrait impliquer également une ingérence judiciaire, dans le cas précis du Congo, terre d’impunité, où le droit à l’équité, l’accès à une justice équitable est irréalisable, compte tenu des pesanteurs politiques et la confiscation de la justice par l’exécutif. Ce droit d’ingérence suppose aussi la prise en charge des victimes des violations graves des droits de l’homme, qui des années durant évoluent au Congo sans possibilité de recours.

LA RPDH et CJP affirment que les autorités congolaises responsables directs ou indirects de cette tragédie, ne pourront jamais organiser une procédure judiciaire digne de ce nom au Congo, au cours de laquelle les vrais auteurs de ce crime contre l’humanité pourraient répondre de leur forfait. Toute l’activité menée à Brazzaville sur cette procédure n’est que pure parodie organisée pour se faire bonne conscience. En pratique, le principe de territorialité judiciaire tant revendiqué par le gouvernement congolais ne répond qu’à une seule ambition : le classement sans suite de ce dossier.

Pour cela, la justice internationale demeure la seule opportunité qui pourrait permettre aux victimes et à leurs ayants droits de connaître effectivement les circonstances exactes dans lesquelles ces crimes ont été commis, et prévenir ainsi la commission d’autres crimes similaires.

Enfin, les deux organisations ont recommandé au Chef de l’Etat français de :
- Se mobiliser autour du projet « impunité zéro » sur ce dossier des disparus du Beach de Brazzaville, car l’avenir de la démocratie au Congo en dépend.

- Garantir l’indépendance des juges français dans l’instruction de l’Affaire des disparus du Beach à tous les échelons de la procédure, en veillant à ce que la Cour de Cassation n’entérine pas la décision de la première chambre d’instruction de la Cour d’Appel. Cette jurisprudence ne devrait pas se confirmer.
- Amener les autorités congolaises à ouvrir un chemin de dialogue devant conduire à la reconnaissance de ce crime, afin de permettre d’honorer la mémoire des victimes.

- De conditionner le soutien de la France dans les relations bilatérales et multilatérales avec le Congo aux avancées significatives en matière de lutte contre l’impunité, justice indépendante, Etat de droit véritable, démocratie réelle.

Pour la Rencontre pour la Paix et les Droits de l’Homme (RPDH)

Christian MOUNZEO

Président

Pour la Commission Justice et Paix

Abbé Georges LOEMBA NDENDE

Coordinateur Diocésain


Contacts presse Tél° :(242) 557 78 45 et(242) 557 90 81

Mail:cmounzeo@yahoo.fr et bricemackosso@yahoo.fr

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