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Politique

TROIS QUESTIONS A François-Xavier Verschave

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TROIS QUESTIONS A François-Xavier Verschave, spécialiste des relations Franco-Africaines

PARIS, 22 déc (AFP)

président de l’ONG française Survie, auteur, notamment, de "Noir Silence", sur les relations franco-africaines ces dernières années.

François-Xavier Verschave, président de l'association Survie lors de la conférence de presse du 18 NOVEMBRE 2004 au Cape

Q : La mise en examen de Jean-Christophe Mitterrand et de l’écrivainPaul-Loup Sulitzer est-elle significative de la corruption dans les rapports franco-africains contemporains ?

R : "C’est plus que significatif. Cela révèle que dans la face immergée des relations franco-africaines les clivages droite/gauche sont dépassés. On découvre cette très grande proximité entre les réseaux de Charles Pasqua (dirigeant souverainiste et ancien ministre gaulliste) et ceux de François Mitterrand. D’autre part on s’aperçoit que derrière ces financements occulte ou parallèle il y a un mélange, une proximité extraordinaire entre l’argent du pétrole, les ventes d’armes et les services secrets et que tout cela a provoqué, suscité ou entretenu des guerres civiles qui ont fait des millions de morts en Afrique, que ce soit au Congo-Brazzaville, en Angola, au Congo-Kinshasa ou en Sierra-Leone".

Q : Qu’est-ce que la filière angolaise a de différent par rapport aux autres filières africaines ?

R : "Il y a beaucoup plus d’argent. On est un peu face aux Koweït du 21e siècle en Afrique. D’autre part on est sur un lieu de transition entre la +Françàfric+ (le pré-carré français d’Afrique de l’Ouest) et la +MafiAfrique+ (...) française, russe, sud-africaine, chinoise, brésilienne, britannique. Il y a une sorte de mondialisation des relations parallèles où se mêlent à la fois détournement des matières premières, vente et trafic d’armes, intervention de mercenaires, opérations des services secrets, blanchiment d’argent sale etc...".

Q : Quel personnage est pour vous Jean-Christophe Mitterrand ?

R : "Je ne le connais pas personnellement très bien, mais puisque je travaille sur ces questions depuis 1984, cela fait des années que j’observe sa très grande intimité avec un certain nombre de présidents africains sur un mode pas très sérieux, léger, qui donne à penser que ce qu’il fait n’est pas très grave. Mais il faut quand même rappeler que derrière les trafics d’armes en Angola il y a une guerre civile absolument épouvantable qui fait d’un des pays les plus riches du monde un des plus ruinés, un peu comme le Congo-Kinshasa, la Sierra Leone et le Liberia".

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